‹ Sur le physique du globeChapitre 132 sur 169 · PlléXOMÈXBS PÊBiODIQt FS DES PL ISTES A DKCXBLLES · texte numérisé non relu

PlléXOMÈXBS PÊBiODIQt FS DES PL ISTES A DKCXBLLES

Les premières observations régulières, faites à Bruxelles, sur la floraison et la fructification des plantes datent de 4839: deux ans après, on s’occupa aussi de l'enregistrement régulier de la pousse et de la chute des feuilles.

On sait que la position de Bruxelles tient à la fois du système marin et du système rontinental : il est par la même difficile de prévoir ce qui va dominer dans le réveil général de la floraison. Quelquefois le système murin prévaut et, dès le mois de février, l'on voit renaître la feuillaison et les premières fleurs ; quelquefois le système continental ne permet à la verdure que de s'épanouir un à deux mois plus tard; il arrive même qu'un changement subit se prononce, et la verdure, qui avait commencé à se

(!) J 'si traité ce sujet avec assez de détails, mais seulement pour les années 1839 à 1844, dans Ir tome I", partie 1", chapitre IV, Se* ifcua.it ne ls Bclciqite; j'y suis revenu encore, dans la dernière partie du même ouvrage, page 103, mais d'une manière très-succincte, en reprenant les résultats obtenus jusqu'en 1852, et seulement pour Bruxelles. J'ai cherché à faire comprendre en même temps comment les divers travaux tentés pour éclaircir ce genre de phénomènes, sans en excepter même les efforts du célèbre Linné, avaient échoué antérieurement, jusqu’à l’époque où des moyens d’observer plus parfaits ont permis d'étudier le phénomène avec plus de précision.

montrer, se trouve subitement arrêtée pour se reproduire plus lard, après une interception momentanée.

Depuis 1838, nous citerons en particulier les années 1816 et 1839 parmi les plus précoces, sous le rapport «les températures, et pour l'état contraire, les années 1843 et 1 853. Pour nous mettre à même de juger avec plus de certitude, nous avons pris les plantes dont les dilTérenles phases de développement offrent le plus d’assurance pour déterminer la feuillaison, la floraison, la fructification et la chute des feuilles; nous les avons choisies parmi celles qui étaient assez nombreuses, pour que nous ne fussions pas trompé par des plantes offrant le caractère particulier d’élrc ou hâtives ou tardives dans leur mouvement de végétation. Il n’a pas été possible cependant de s’assujettir toujours à ces conditions, surtout pour les époques où le phénomène à constater offrait p«;u d'individus pour le reconnaître.

Parmi toutes les causes qui agissent sur le développement des plantes, il n'en est pas «|ui exercent une action plus influente que l’élévation plus ou moins grande de la température. Cette cause cependant peut être dissimulée, jusqu'à un certain point, par des sécheresses de différents degrés et par d’autres incidents qui tendent à la dominer. En général, c’est à la température qu’il convient d’avoir égard, dans les années surtout où la végétation tend à prendre un développement anormal. Des vingt-deux années sur lesquelles portent nos observations, celles de 1846 et 4839 ont offert l’état le plus constamment précoce, et cet état ne tient pas seulement à cc que les premiers mois ont été chauds, mais encore à ce que la chaleur s’est constamment soutenue et élevée au-«lessus de la moyenne ordinaire. Un seul mois, celui de mai, en 4846, est resté de 0°,6 audessous de la moyenne des vingt-deux années inscrites au tableau, mais la température de chacun des mois de 4839 a surpassé celle même température moy enne.

Au contraire, l’année pendant laquelle la température a marché avec le plus de lenteur est celle de 1843; on peut y joindre 1835. Les différents mois de ces deux années sont restés, pour la température, généralement au-dessous de la moyenne. Le tableau que nous donnons plus loin pourra montrer les effets des températures et faire reconnaître qu'ils sont effectivement les principaux agents du phénomène. Quand les gelées, pendant le premier mois d'une année, n'ont pas été très-énergiques, on ne voit pas que la végétation subséquente en souffre beaucoup. Les années 1848 et 1842, qui peuvent être placées parmi celles où la végétation a été remarquablement précoce , ont cependant eu des températures négatives au mois de janvier, et sur la période de 22 années que nous citons, il n’en est que cinq qui produisent cet état remarquable, encore s'en Irouvc-t-il deux où rabaissement au-dessous du zéro était à peine sensible.

Le réveil de la végétation ne se fait donc pas toujours à la même époque : nous voyons qu’en 1846 et en 1839, la feuillaison était à peu près terminée, lorsqu’elle ne faisait que

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commencer pour les années 1843 et 1833. Vers le milieu du mois de mars, nous voyons que. par un vent du SO. , c'est-à-dire du côté de la mer, la floraison se faisait en général plus rapidement que par un vent dominant soufflant du côté opposé. D une pari, nous avons les avantages du climat maritime, de l'autre nous rentrons dans les inconvénients du système continental. D'après mes premières recherches (’), je disais que « Ton peut admettre que le réveil des plantes n lieu dans nos climats, du 23 au 27 janvier, c’est-à-dire une semaine environ après le jour le plus froid de l'unnée, mais que les premiers signes de la végétation sont souvent arrêtés ou complètement détruits par de nouvelles gelées, en sorte que le développement des plantes ne commence réellement que vers le mois de mars. >■

Aujourd'hui que des recherches prolongées et vérifiées avec soin permettent de mieux examiner la question , je ne puis que répéter encore ce que j'écrivais alors. Aux époques les plus précoces, la végétation commence effectivement à la fin de janvier; mais, considérée sous un point de vue général, elle n’a lieu qu'au mois de mars. Pour des années tardives, elle se manifeste même à une époque plus ou moins éloignée dans le cours de ce mois. S’il arrive un réveil précoce, de nouvelles gelées qui surviennent ensuite détruisent en général ces premiers signes de végétation.

Parmi les causes secondaires qui ont de l'influence sur le développement de la végétation, il faut surtout considérer Vliumidilê de l’air. L'absence de pluies, à l’instant où le feuillage doit se développer en masse, est souvent la cause de retards considérables; quelquefois même les plantes se détruisent totalement : elles ne trouvent plus dans la terre le suc nécessaire à leur entretien , et la sécheresse détruit les effets précoces que l'élévation de température devait produire.

L'inspection attentive du tableau suivant, comparé aux tableaux de la floraison, nous fera mieux connaître quels sont les effets de lu température : il faudra avoir égard ensuite à l'état d'humidité de l'air, ainsi qu'à la direction des vents. Ces trois principales causes influentes doivent nécessairement être prises en considération pour les observations que l'on fait dans un même lieu.

Je crois devoir prévenir que, vers l'époque où je commençai mes premières observations, j'attachais peut-être une rigueur trop grande au principe que j'avais admis de marquer la feuillaison et la floraison à l’inspection des premières feuilles et des premières fleurs. Il se peut que je n'aie pas suffisamment distingué les plantes qui montraient leurs fruits ou leurs fleurs par un effet accidentel plutôt que par le cours même de la végétation. J’ai cru, par la suite, devoir observer rigoureusement celte différence, qui a produit une

O Page 26 , tome I, I8t9, Sua le clis , r tir u Bllciqce, phénomène* périodique* des pinntr*.

petite discordance dans les résultats et qui a pu contribuer à faire paraître la feuillaison et la floraison un peu plus tardives dans la seconde période décennale que dans lu première. Cette remarque s'appliquera surtout aux plantes dont la feuillaison et la floraison demandent une attention plus grande pour être bien constatées.

Temprrature centigrade.

Il importe avant tout de bien s’entendre sur la nature des phénomènes que l’on doit observer et d’en marquer les différentes circonstances. C’est pour répondre à ce besoin que nous avons rédigé primitivement un programme qui renfermait les principales indications suivantes pour assurer la comparabilité des observations : « L’indication des époques doit se faire, pour la feuillaison, lorsque les premières feuilles sortent des bourgeons et

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deviennent visibles; la floraison commence au moment où l'anthère sc montre, et il en sera de même pour les fleurs de la famille des composées. L’époque de la notation de la feuillaison |H>ul offrir des diflleullés en ce qu’elle présente diverses phases qui, au printemps surtout, peuvent amener des différences considérables. Il faut donc une époque convenue et appréciable pour tout le monde. Nous proposons de choisir le moment où, par le développement de la préfoliulion, la face supérieure des premières feuilles est mise en contact avec l'atmosphère et commence ses fonctions vitales. La fructification doit se prendre lors de la déhiscence du péricarpe pour les fruits déhiscents, et c’est le plus grand nombre: les fruits indéhiscents seront notés lorsqu'ils seront manifestement parvenus à leur maturité. Enfin la défeuillaison doit être inscrite lorsque la chute de la majeure partie des feuilles de l’année 1 est opérée; bien entendu que ce qui concerne les feuilles ne peut s'appliquer qu'aux seuls végétaux ligneux, en excluant, en outre, les arbres toujours verts, dont la défeuillaison est successive. »

Feuillaison. — Si nous considérons d'abord le phénomène de la feuillaison, nous verrons que Cannée I84G, dès le 23 février, présentait avec leurs feuilles naissantes le Sambucus racemosa, le II i lies rubrum, le H i lies nigrum, le Syringa milgaris, le Philailelphus coronarius et le Rubus idtetts, etc. Ces plantes, toutefois, n'étaient pas les plus précoces : déjà la feuillaison s’était déclarée chez plusieurs autres, mais nous avons cru devoir désigner celles-ci comme étant plus communes et d'un caractère plus sùr.

La même année occupait encore le premier rang pour d'autres plantes qui verdissent les dernières et qui prirent leurs feuilles avant le milieu d’avril. Ces plantes étaient successivement le F itis viniferu, le R luis lypliina, le Magnolia grundiflora , le Jugions regia, le Genisla juncea, et le Qtiercus robur. Eu sorte que, pour l'année 1846, la plus précoce que nous ayons observée dans ses commencements, le phénomène de la feuillaison était presque accompli le 18 avril, lien fut à peu près de même de la feuillaison pendant les années 1859 et 1841 , quoique d’une manière moins prononcée

Les années 1833 et 1833, au contraire, n’étalèrent leur verdure que vers le milieu d’avril , à l'époque où 184ti avait achevé de montrer ses feuilles les plus tardives, et su feuillaison ne fut accomplie que vers le milieu du mois de mai : de façon qu'il y eut plus d'un mois de retard. Par rapport à 1846, les années 1843 et 1847 présentèrent pour ainsi dire les mêmes caractères; la végétation souffrit aussi des retards très-sensibles. Il est digne d’attention que deux années des plus avancées pour la végétation se trouvent, des deux cotés , entre des années remarquables par un effet contraire : 1846, année trèsprécoce, se trouve entre les deux années tardives de 1843 et 1847; de même que 1834 . année très-précoce, se trouve entre les deux années tardives de 1833 et 1833. Nous examinerons plus lard les effets produits par les vents et les températures, particulièrement sur

les années extrêmes, relies où leur influence a pu se conserver entière. Nous nous bornerons, pour le moment, à donner l’aperçu général de la feuillaison, en ne citant que les plantes principales.

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1 [*) Les six piaules employées sont : Sortait «importa, Titia europem, Prunus errons,

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DES PLANTES ET DES ANIMAUX

Floraison. — Pour écarter les particularités tenant A la nature des plantes, nous avons considéré dans 1a floraison six périodes différentes : l'une précède la feuillaison et renferme les plantes dont la floraison active donne, en quelque sorte, les premiers signes du développement de la végétation : ce sont les Crocus vernua, Galaulhus nicalis , llellis perennis, Daphné mezereum, /trahis caucnsica et Cornus mascula. Parmi ces plantes, il en est une dont il faut se méfier peut-être : la Bel lis perennis ouvre, en effet, des fleurs qui souvent sont en boutons depuis l'arrière-saison précédente : il est difficile de reconnaître alors si ces boutons sont nouveaux ou s'ils appartiennent à une végétation plus ancienne. On verra, du reste, que la première époque de la floraison s’accorde très-bien avec celle de la feuillaison et quelle indique des résultats semblables.

Il en est de même des deux périodes de la floraison, qui se présentent simultanément avec celles de la feuillaison et qui meltent en évidence les mêmes avances ainsi que les mêmes retards. Ces époques sont remarquables, parce quelles sont signalées par l'apparition (le fleurs qu'on a pu choisir parmi d'autres , comme étant plus communes et plus nombreuses: ce sont, pour l'époque du Ü mars, les t inta odorata, Muscari bolryoides, Pinça minor, Ib'arcissus pseudo-narcissus , Amygdalite persica et Hyacinthutorienlali* ; pour l'époque du 3 avril, on a les Primula auricula, Limas campestris, Buxus sem perd rens , Populus fasligiala , fpaldxleinia yenldex et Ribes grossularia. Ces plantes mettent eu évidence les mêmes écarts que manifeste la feuillaison.

On remarquera, dans les trois périodes suivantes, que l'état des plantes était assez prononcé, pendant les années exceptionnelles, pour s’être soutenu encore après.

La première partie de l'année, qui comprend toute la période delà floraison, s'accorde avec celle qui est relative à la feuillaison et qui produit à peu près les mêmes résultats: les excès ou les défauts de température qui se sont fait remarquer, dès les premiers mois, ont. par conséquent, produit les mêmes effets, pendant les mois suivants. Ln sécheresse cependant a modifié un peu ces effets produits par les températures : elle exerce en effet la plus grande influence; dans certains cas même, elle ne se borne pas à retarder la végétation , mais elle finit par l'anéantir. Souvent au milieu des chaleurs les plus grandes, on voit des plantes par faute d'humidité se flétrir et périr entièrement.

Pour mieux faire apprécier les états de la température et de l'humidité de l’air, qui me semblent être les deux principaux agents dans ees sortes de phénomènes . j’ai cru devoir classer dans le tableau suivant l'avance ou le retard de la floraison d'après les principales plantes, en adoptant, comme il a été dit précédemment, six groupes principaux qui se succèdent à peu près à un mois de distance, excepté le second groupe, dont les distances sont un peu moindres et tombent dans le premier mois.

Époques de la floraison.

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3** • PrimuU au recul a, L'tmua eumptalris, ùuxus setuprrrirens. PoptJu* fastigiales, H’alds teinta gtvide*, Riba s grotsu

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4** * Fruftriu traça, Syrmgn rulçaris , Æeculus bippveatianum, C ntl argus oryacanika, Berbsrit \ulgarts, ÇgUtsu la

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5** • Hassmoemllia (ulta , Papmter orientale , SossAutva nsjra . Aslsr ineiso-ntrraliaa. ttvhmim pteuéa-acatia , Digitales

purpmrm,

S" • Fianmina incana, Fïlfc tint fera, CampannJa boccant, Yucca (Uamenivaa, Georginn mulubitis, Âlcem roaea.

Pour plus de facilité, j’ai apprécié, dans le tableau de la page 340, les effets de la floraison de deux manières differentes : selon l’une, j'indique le nombre des jours dont la floraison a précédé ou suivi son époque moyenne; et, selon l’autre, je classe les années d’après

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l'ordre de précocité. Les résultats doivent nécessairement différer très-peu : on conçoit cependant qu'ils ne sont pas rigoureusement les mêmes : une plante peut fleurir plus tôt dans une année que dans une autre, sans que le retard ou l'avance soit identiquement du même nombre de jours.

D'après ec tableau, l'année 1846 occupe incomparablement le premier rang pour la floraison, comme elle le tenait pour la feuillaison : cependant un léger retard a été éprouvé pendant le mois de juin; mais la floraison a pu reprendre bientôt après son cours actif, qui lui assigne le premier rang dans la période que nous considérons.

Les années 1842. 1849 et 4839 semblent devoir occuper à peu près le même rang : elles devancent de 10 à 1 1 jours l'époque moyenne, tandis que l’année 1846 précède celte moyenne de 22 jours environ ; on voit que cette distance est très-grande. En ne consultant que les températures, la floraison, en 4839. devrait être plus active, et le mois de juin devrait se placer avant ceux de 1842 et 4849; il s'est évidemment manifesté ici une autre cause qui a rapproché, pour la floraison, les actions de ces deux années de celle qua exercée l'année 1839.

Tout au contraire, les années 1835 et 1845. ont éprouvé beaucoup de retard dans la floraison : voici un tableau qui permet de comparer les éléments actifs les plus iifllucnts.

Nous omettons de citer l’année 1839, pendant laquelle ou n’a observé ni la feuillaison, ni la défcuillaison.

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