‹ Sur le pneumogastrique des oiseauxChapitre 11 sur 28 · I. Effets mécaniques · texte numérisé non relu

I. Effets mécaniques

Le pneumogastrique exerce une action motrice très nette sur toute la partie antérieure du tube digestif, jusqu'à l'estomac inclusivement. Pour ce qui est de l'intestin, nous n'avons obtenu aucun résultat décisif, et nous nous en tenons à l'opinion de Cl. Bernard, qui fait arrêter au gésier l'action motrice du pneumogastrique chez les oiseaux (6) : chez les mammifères, on sait que d'après Chauveau cette action s'arrêterait également à l'estomac (1).

Trois nerfs se distribuent chez les oiseaux au tube digestif : le pneumogastrique proprement dit, qui s'étend jusqu'au gésier où il va se perdre dans un plexus analogue au plexus solaire ; le pha-

(1) MM. Arthaud et Butte admettent des mouvecaentâ dans Tintestin (Ou nerf pneumogastrique, 1892).

60 SUR LE PNEUMOGASTaïQUË DES OISEAUX

ryngo-œsophagien qui se distribue au pharynx et à la partie supérieure de Fœsophage ; enfin Thypoglosse qui se distribue uniquement dans le pharynx. Nous avions à établir la part qui revient à chacun de ces trois nerfs dans Finnervation motrice du tube digestif.

Influence des excitations. — V Pneumogastrique proprement dit. — Si Ton excite le bout périphérique de ce nerf, au-dessous de sa branche pharyngo-œsophagienne, on voit se produire immédiatement des contractions dans le jabot (ou chez les oiseaux qui en manquent dans la partie inférieure de l'œsophage) ainsi que dans l'estomac. La partie supérieure de l'œsophage reste immobile. La contraction du jabot est due à un filet qui est l'analogue par son origine du récurrent des mammifères; celle de l'estomac est due à des filets se détachant directement du tronc du pneumogastrique.

2"* Pharyngo-œsophagien, — L'excitation du bout périphérique de ce nerf, produit, comme l'a déjà constaté Chauveau (14), des contractions dans le pharynx et dans la partie supérieure de Fœsophage : ces contractions consistent en une véritable tétanisation : comme le pharyngo-œsophagien se détache du pneumogastrique après son anastomose avec le glosso-pharyngien, il importait de rechercher la part, qui revient dans ces contractions à chacun de ces nerfs. Pour cela, nous avons excité successivement leur bout périphérique au-dessus de l'anastomose.

a.) Excitation du pneumogastrique : le pharynx et l'œsophage se contractent.

b.) Excitation du glosso-pharyngien : on n'obtient aucun résultat.

On peut donc conclure que les fibres motrices du pharynx et de l'œsophage viennent toutes du pneumogastrique, et que le glossopharyngien n'en fournit aucune.

3° Hypoglosse. — L'excitation du bout périphérique de ce nerf produit des contractions du pharynx. Gomme il reçoit une anastomose du pneumogastrique, nous avons fait porter l'excitation au-dessus de cette anastomose : dans cette condition, les mêmes

effets se sont produits. Ils sont donc dus directement à Thypoglosse.

Influence des sections. — Après la double section, la motricité est cependant conservée dans l'œsophage, et les aliments poussés par les contractions de ce conduit pénètrent facilement jusque dans le jabot, qui, paralysé, se laisse distendre outre mesure. On sait pourtant qu'après la section des pneumogastriques, la motricité se trouve abolie dans la totalité de l'œsophage, même dans les points qui sont situés au-dessus de la section, chez le cheval et le lapin. Ghauveau (14) qui a fait cette constatation, l'explique par la section des fibres centripètes contenues dans le tronc du nerf. D'après ce qui précède, nous devons donc supposer que les fibres sensitives œsophagiennes ne sont pas contenues dans le tronc du vague chez les oiseaux : nous le prouverons d'une manière plus irréfutable en étudiant les réflexes du bout central.

Si l'on fait la section des pneumogastriques non plus au cou, mais près de la sortie du crâne, tout l'œsophage se trouve paralysé en même temps que l'estomac ; mais le phar}mx, grâce aux fibres de l'hypoglosse qui entre dans la constitution du plexus pharyngien, est encore susceptible de mouvements.

Page 1