‹ Sur le pneumogastrique des oiseauxChapitre 14 sur 28 · IV. - INFLUENCE SUR LA SÉCRÉTION URINAIRE · texte numérisé non relu

IV. - INFLUENCE SUR LA SÉCRÉTION URINAIRE

Les expériences d'Arthaud et Butte (3) et de Masius (35), ont montré que chez les mammifères l'excitation du bout périphérique du pneumogastrique produisait un ralentissement de la sécrétion urinaire, et que cet effet était dû à une vaso-constriction des vaisseaux du rein. De plus, les deux premiers expérimentateurs prétendent que lorsqu'on fait porter l'excitation sur un seul nerf, le ralentissement ne se produit que du côté excité, et qu'il y a même parfois exagération de sécrétion de l'autre côté ; tandis que le troisième admet que l'excitation d'un seul pneumogastrique agit également sur les deux reins.

Nous avons voulu voir si chez les oiseaux on pouvait constater des effets analogues. Nous n'avons pas borné là notre étude, et nous avons examiné en outre la composition de l'urine, surtout au point de vue de l'acide urique, qui en forme le sédiment principal, sous la forme libre et sous celle d'urate d'ammoniaque.

Les animaux en effet sur lesquels nous avons opéré (poule et oie) ont une urine dépourvue d'urée.

Nous ne nous sommes pas borné à étudier l'effet de l'excitation du nerf, nous avons eu surtout recours aux sections, soit unilatérales, soit plus souvent bilatérales, qui nous ont donné des renseignements plus précis, les observations dans ce cas pouvant se poursuivre pendant plusieurs jours.

Le procédé opératoire que nous avons suivi pour recueillir l'urine, est le suivant. On fend le cloaque de l'animal, de manière

à mettre à nu les orifices des uretères, et les lèvres du cloaque étant maintenues écartées à Taide de pinces, on recueille dans un verre de montre les gouttelettes d'urine qui viennent sourdre de temps en temps à l'orifice des uretères. On peut recueillir soit séparément, «oit simultanément les produits d'excrétion des deux reins.

Nous avons eu recours à la pesée pour déterminer les quantités d'urine excrétée dans un temps déterminé (un quart d'heure ou une demi-heure suivant l'abondance de la sécrétion).

Nous nous sommes servi du même procédé pour déterminer la teneur en eau et le résidu sec (à 100 degrés).

Le dosage de l'acide urique a été fait de la façon suivante :

Un poids déterminé de résidu sec était traité par une solution bouillante de potasse, puis par l'acide chlorhydrique.

Le précipité d'acide urique recueilli sur un filtre, soigneusement lavé et desséché à 100 degrés, était ensuite pesé.

Nous allons examiner successivement l'influence du pneumogastrique sur la quantité d'urine excrétée sur sa teneur en eau, et sur sa teneur en acide urique.

L Quantité d'urine.

Nos premières expériences ont été faites par un procédé un peu grossier, mais qui permet néanmoins de se rendre compte des variations dans la quantité d'urine et d'en déterminer le sens en plus ou en moins. Les orifices des uretères étant mis à nu, on comptait simplement le nombre des gouttes qui venaient sourdre à ces orifices pendant un temps donné (dans le cas présent un quart d'heure).

Expérience.

Poule dont le pneumogastrique droit avait été coupé la veille. Nombre de 'gouttes : côté droit, 18; côté gauche, 16. On excite le pneumogastrique gauche dans sa continuité.

Côté droit, 15; côté gauche, 12.

On sectionne le pneumogastrique gauche et Ton excite son bout périphérique.

Côté droit, 8 ; côté gauche, 7.

On cesse les excitations, la sécrétion devient plus abondante, surtout du côté où la section vient d'être faite (côté gauche).

Il ressort de ces faits : 1° que la section d un pneumogastrique augmente la quantité d'urine sécrétée, surtout du côté où Ton a fait la section.

2' Que l'excitation du nerf (soit continuité, soit bout périphérique) provoque une diminution de sécrétion des deux côtés, mais surtout du côté où porte Texcitation. Nous retrouvons donc chez les oiseaux les faits signalés par Masius chez les mammifères, en y ajoutant une preuve de plus, Taugmentation de la sécrétion après section.

Dans les autres expériences que nous avons faites, nous avons pesé Turine : les résultats sont donc plus précis que dans cette expérience préliminaire.

i^ Expérience sur une poule {on recueille à part la sécrétion des deux reins}.

Tableau I (1)

OBSERVATIONS

ANIMAL

NORMAL

1/2 heure après pneumogastrique gauche coupé

LENDE- MAIN

Quantité d'urine par 1/4 d'heure.

à gauche

à droite

grammes 0.185

grammes 0.270

grammes

(i) Avec un seul pneumogastrique coupé, la sécrétion redevient normale au bout de quelques jours.

2** Expérience sur une poule {on recueille simullanément la sécrétion des deux reins).

Tableau II.

OBSERVATION

ANIMAL

NORMAL

1/2 h. après pneumogastrique

droit coupé

1/2 h. après 2 pneumogastriques coupés

LENDE- MAIN

Quantité d'urine par 1/2 heure

gramme

gramme 0.872

gramme 1.010

gramme 1.022

5° Expérience sur une poule {on recueille simultanément la sécrétion des deux reins).

Tableau III.

OBSERVATIONS

ANIMAL

normal

1/2 heure après deux pneumogastriques coupés.

LENDE- MAIN

Quantité d'urine par 1/2 heure. .

grammes 0.685

grammes 0. i io

grammes

4« Expérience sur une oie {on recueille simullanément la sécrétion des deux reins).

Tableau IV.

OBSERVATIONS

ANIMAL

NORMAL

1/2 heure après

2pneum.

gastr.

coupé?.

LEN- DEMAIN

JOURS APRÈS

Quantité d'urine par 1/2 heure

grammes 5.610

grammes

grammes

grammes

grammes

grammes 2.002

Les résultats consignés dans ces tableaux concluent dans le même sens que notre expérience préliminaire. Nous pouvons, de plus, faire dès à présent une remarque qui aura son explication plus tard : c'est que si Ton voit immédiatement après la section la quantité d'urine excrétée augmentée, ultérieurement cette quantité diminue, et tombe même au-dessous de la normale (1).

IL — Teneur en eau.

Nous consignons dans les tableaux ci-après les résultats des expériences.

/• Expérience sur une poule (on recueille à part les séa'étions des deux reins).

Tableau ï.

OBSERVATIONS

ANIMAL

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