I. — Effets mécaniques
a.) Influence sur le larynx supéneur.
Lorsqu'on sectionne chez un oiseau les deux pneumogastriques dans la région du cou, on voit que contrairement à ce qui se passe chez les mammifères, les mouvements de la glotte persistent et sont même exagérés. A chaque mouvement inspiratoire, le larynx se soulève violemment, en même temps que les deux lèvres de la glotte s'écartent largement; le larynx redescend et la glotte se referme à chaque mouvement expiratoire. Ce fait, déjà signalé par Boddaert (i3) chez le pigeon, et qui est général chez tous les oiseaux que nous avons eu l'occasion d'examiner, s'explique facilement par l'examen de l'innervation du larynx. Ce dernier reçoit
un seul nerf, qui est plus ou moins Fanalogue du laryngé supérieur; et le récurrent, ou plutôt le nerf qui le représente, se distribue exclusivement au tube digestif. Quand la section des pneumogastriques est faite au cou, elle porte au-dessous des filets laryngés, elle n^est donc suivie forcément d'aucun effet sur le larynx.
Il entre dans le nerf laryngé des fibres appartenant au pneumogastrique et au glosso-pharyngien, mais avant d'examiner ce qui revient à chacun de ces deux nerfs, voyons d*abord les effets généraux de l'excitation du laryngé.
Quand on excite le tronc du laryngé in continua, on voit la glotte se dilater, et le pharynx se contracter, en même temps que l'animal pousse un grand cri et que la respiration s'arrête en expiration. Le nerf renferme donc, à n'en pas douter, des filets sensitifs et des filets moteurs, et en effet, l'excitation du bout périphérique produit des mouvements de la glotte, celle du bout central, un violent cri expiratoire avec arrêt de la respiration : elle produit aussi des contractions du pharynx que nous expliquerons plus tard.
Si maintenant on fait porter les excitations sur les deux troncs composant du nerf, on observe :
i Bout central. — Cri réflexe, arrêt en expiration. Pneumogastnque . . . < Bout périphérique. — Mouvements de la glotte (cons-
( triction.)
!Bout central. — Contraction du pharynx.
Bout périphérique. — Mouvements de la glotte (dilatation).
La conclusion de ces résultats, est que toutes les fibres sensitives du larynx sont fournies par le pneumogastrique, les fibres motrices étant fournies par le pneumogastrique et le gJosso-pharyngien.
Il semblerait que le pneumogastrique soit plutôt constricteur, et le glosso-pharyngien dilatateur.
b.) Influence sur le syrinx.
L'influence du pneumogastrique sur le syrinx est nulle. Après la double section au cou, l'oîscau continue & chanter. Le nerf qui se distribue au larynx inférieur, est une branche qui se détache de l'hypoglosse, et descend tout le long de la trachée.
c.) Influence sur le type respiratoire.
{" Section unilatérale.
Au moment où. l'on efTectue la section, l'animal présente une pause en expiration, qui résulte très probablement de rexcitati<m
Fio. i. — Coq. ReBpiratioD normale.
Ligoe de temps en necondes.
Pio. 2, — Coq. Pnenmogaatrlque gauche coupé depuis truit moii. Respiration.
du nerf. Celle-ci est de peu de durée, et la respiration ne tarde pas à reprendre. Elle est d'abord un peu ralentie et irrégulière, mais cet effet n'est que passager, et au bout de quelques jours elle est complètement normale au point de vue du rythme et de l'amplitude.
Voici les résultats obtenus sur un coq :
!• Normal, en 15 secondes, 10 respirations.
2' Pneumogastrique fjauche coupé, quelques minules après, même temps, 7 respirations.
3" Pneumogastrique gauche coupé, trois mois après, même temps, 10 respirations (voir graphiques ùg. 1 et S).
16 SUR LE PNEUHUGASTftlQUE DES OISEAUX
2* Section bilatérale.
Que cette double section soit faite immédiatemeut, ou que les deus sections soient faites après un long intervalle, pourvu que l'on ait eu soin de réséquer une certaine longueur du nerf, pour empêcher sa réparation, le résultat est le m6me.
Fis. 3. — Coq. Reipiralioa. Deux pneumogastriqnE
iiipés. Effets iiuiuëdiati.
Fio. 4. — Cuq, Re^piratioa. Ceux poeuiiiogattriques coupés. Uu quart d'beure après.
Pio. 5. — Coq. Beapiration. Deux pneumogastriques ci
ËB. Cinq jours après.
Coç. — Immédiatement après la double section, les mouvements respiratoires deviennent beaucoup plus rare^ (3 ou 4 par minute au lieu de 35 à 40), et ils sont en même temp^ beaucoup plus amples (lîg. 3} : l'inspiration est un peu allongée, l'expiration très brève, des pauses en expiration d'une durée de quinze secondes environ séparent deux mouvements respiratoires. Un quart d'heure environ après, le nombre restant toujours le môme, l'amplitude diminue beaucoup, et tombe même au-dessous de la normale
(fig. 4). En même temps, on constate un certain changement dans la forme de la courbe : l'expiration reste toujours très brève, mais rinspiration s'allonge notablement. Au bout de quatre ou cinq jours, les mouvements sont devenus plus fréquents (12 ou 15 par minute), mais ont encore perdu en amplitude. L'inspiration reste très allongée, mais l'expiration n'est plus si brève; parfois même elle s'allonge beaucoup, et se fait pour ainsi dire en deux temps. La pause expiratoire est réduite à deux secondes. Ce type se continue jusqu'à la mort (fig. 5).
' Voici d'autres chiffres relatifs à un coq et à un pigeon :
Coq. Pigeon.
Nombre normal des respirations par minute. ... 40 90
Aussitôt après double section, nombre 4 9
Durée de la pause expiratoire IS'^ %"
Quatre jours après la double section, nombre ... 12 23
Durée de la pause expiratoire 2f 2"^
Dans les tableaux suivants, relatifs à deux pigeons, nous avons consigné outre les résultats relatifs au nombre des respirations, ceux qui ont trait à leur amplitude. Les observations ont été faites tous les jours jusqu'à la mort.
Premier pigeon : poids, i20 grammes; mort au bout de six jours.
NATURE de
L^OBSBRVATIOll
Nombre des inspirations par minute. .
Volume moyen d'une inspiration . . . .
ANIMAL
NORMAL
cent, cubes 6.5