II. — Effets chimiques
En présence des troubles considérables amenés dans le rythme respiratoire par la double section, et de la réduction de la ventilation pulmonaire, nous nous sommes demandé si rien n'était changé dans les phénomènes chimiques de la respiration. DeBlainville (12), qui seul s'est occupé de la question en ce qui concerne les oiseaux, a prétendu que les échanges respiratoires n'étaient en rien modifiés : il s'appuyait sur ce fait que le sang était encore rouge dans les artères. Ce procédé étant absolument rudimentaire et insuffisant, nous avons dosé les quantités d'oxygène absorbé et d'acide carbonique éliminé, pendant les jours successifs qui s'écoulent entre le moment de la double section et la mort qui en est la conséquence inévitable (1). Ces recherches étaient d'autant plus intéressantes,
(1) Les résultats de ces expériences ont été publiés dans la Revue Linnéenne de Lyon (décembre 1890 et janvier 1891).
que ron n'avait au sujet des mammifères que des données contradictoires : Provençal (39) prétendant que les échanges respiratoires étaient affaiblis, et Gréhant (29) qu'ils n'étaient pas modifiés. Nous avons constaté que chez les oiseaux, la double section des pneumogastriques est suivie de phénomènes asphyxiques très nets (1).
ÉLIMINATION d'acide CARBONIQUE.
Nous nous sommes occupés tout d'abord, des variations qui pouvaient se produire dans l'élimination de Tacide carbonique, et cela dans deux conditions : 1 ® pour le même temps ; 2"* pour le même volume d'air.
Nous avons opéré sur des pigeons : on mesurait la ventilation pulmonaire par le procédé indiqué plus haut. L'acide carbonique était dosé au moyen de la baryte ; l'air de l'expiration traversait cette baryte dont le titre alcalin était pris avant et après chaque opération, au moyen d'une solution d'acide oxalique dont 1 centimètre cube correspondait à 1 milligramme d'acide carbonique.
Voici les résultats numériques obtenus dans une de ces expériences prise pour type, sur un pigeon du poids de 318 grammes; chaque nombre est la moyenne de cinq ou six observations.
OBSERVATIONS
ANIMAL
NORMAL
PNEUMO- GASTRIQUES coupés
JOURS APRÈS
Air inspiré par minute
173 ce.
44 ce.
GO' par minute • . .
0ff0046
CO«p. iOOO d'air. . .
(1) Depuis MM. Arthaud et Butte sont arrivés & des résultats analogues, que nous aurons d*ailleurs Toccasion de discuter plus loin, sur les mammifères. (Du nerf pneumogastrique, 1892).
Il ressort de ce tableau deux choses : la première, c^est que, après la double section, la quantité d'acide carbonique éliminé dans un temps donné suit à peu près, sauf dans les derniers jours, les variations de la ventilation pulmonaire; la seconde, c'est que la quantité d'acide carbonique éliminé pour un volume d'air donné, qui est d'abord de beaucoup supérieure à la normale (1), s'en rapproche de plus en plus, pour tomber enfin au-dessous. La conséquence de ces deux faits, c'est que, dans les premiers jours, la quantité éliminée dans un temps donné, quoique inférieure à la normale, est néanmoins plus grande que ne semblait le faire prévoir la grande réduction de la ventilation (ventilation quatre fois moindre, acide carbonique deux fois moindre). On peut encore remarquer, que dans le voisinage de la mort, bien que la ventilation reste à peu près identique, l'élimination de l'acide carbonique subit une baisse considérable. Nous avons donné la représentation graphique de ces faits dans les diagrammes ci-contre (fig. 18 et 19) ; dans le deuxième diagramme sont consignés en plus le nombre et le volume des inspirations.
ABSORPTION DE l'oXTGÈNE.
Mais, l'élimination seule de l'acide carbonique ne peut nous donner une idée nette de ce que sont devenus les échanges respiratoires. Pour en avoir la notion, il faut aussi savoir ce que devient l'absorption de l'oxygène.
Nous avons cherché les variations de cette absorption, comme précédemment dans deux conditions : l"" pour le même temps, 2® pour le même volume d'air. Voici les résultats obtenus sur un pigeon de 420 grammes (390 au moment de la mort) : l'oxygène de Fair expiré était dosé par l'acide pyrogallique.
(1; C'est eaos doute en se basant sur ces résultats, que Valentin a conclu que Texhalation de l'acide carbonique était augmentée après la double section. (Einfluss der Yagus Lœbmung; Francfort, 1858).
OBSERVATIONS
Air inspiré par min.
Oxygène consommé parminule . . . .
Oxygène consommé p. 400 d'air. . . .
ANIMAL
NORMAL
>ent. cubes