SAUT
Tels sont par exemple, les faits rapportés par Mile Brosse sur les Yoguis de l'Inde, dans un article sur le retentissement cardio-vasculaire de l’activité consciente chez l'homme :
« L'activité consciente exerce sans conteste une réelle influence sur les fonctions dites végétatives. Le système cardio-vasculaire plus que tout autre, se montre prompt à répondre aux sollicitations d’ordre psychique.
« C'est le désir de préciser et de mettre en valeur ce rôle du dynamisme conscient dans la vie physiologique, et plus spécialement dans le domaine de la circulation qui nous a conduite à réaliser avec notre maître le Professeur Laubry une série d'expériences à ce sujet. L'ensemble de ces épreuves a confirmé par l'enregistrement du tracé artériel les données de l’expérience concernant aussi bien les troubles relevant d’un état émotif que l'action bienfaisante que peut exercer un dynamisme conscient et intelligent sur le système dit autonome. Il semblait donc qu’on puisse songer à éduquer le malade et à le faire vivre plus habituellement dans cet état de discipline psychique dont le corollaire était la régularisation des fonctions végétatives. Cependant, ces expériences ne pouvaient pas être assez poussées el l’électrocardiogramme n'apparaissait pas ici susceptible de transformations. Les sujets étaient trop rares et mal entraînés.
« C’est pourquoi nous avons alors entrepris aux Indes anglaises un voyage d’études dans le but de
De EVA
confirmer ces données et de les étendre. Là, en effet,
des écoles séculaires de « Yoga » entraînent leurs
sujets à un contrôle physiologique inhabituel au nom d'une tradition qui admet l'existence de différents niveaux fonctionnels. Pour atteindre cette auto-éducation spirituelle le Yogui doit être entraîné à la maîtrise volontaire des. fonctions automatiques, Cette science expérimentale diffère des nôtres en ce sens qu'elle est effectuée du dedans, et non du dehors. Le Yogui élève progressivement sa conscience dans le but de réaliser l’union avec le transcendant ; son exercice spécifique est la « concentration mentale » poussée à un point que nous pouvons difficilement imaginer. Îl poursuit l'évélation de sa conscience jusqu'aux niveaux supérieurs pour atteindre l’union avec des objets de plus en plus universels.
« Un certain nombre de conditions physiologiques préparatoires sont exigées du Yogui : hygiène alimentaire, psychique, culture physique sous forme de postures calculées pour assurer l’action permanente sur une fonction tandis que l’attention est concentrée sur elle, enfin et surtout, maîtrise de la respiration et, par là, disent-ils, de l’énergie vitale. Exercice primordial dont la base est l’apnée à poumons pleins ou vides : ces périodes d’apnée peuvent être poussées très loin sans entraîner d’intolérance.
« En ce qui concerne nos explorations cardio-vasculaires, nous avons enregistré les courbes superposées du pouls artériel, de l’électrocardiogramme et du tracé respiratoire. Nous avons pu constater des chan-
unies
gements de rythme de 55 jusqu’à 150, des variations d'amplitude et de caractère du pouls, des modifications du choc de la pointe ou même des paradoxes fréquents dans les rapports des différentes courbes. Les phénomènes les plus suggestifs furent des modifications notables de l’électrocardiogramme concernant des chutes de voltage tantôt localisées à certaines ondes, tantôt généralisées, la diminution fut parfois bien proche de l'abolition totale cependant dans les instants précédents et suivants le voltage était normal ou même augmenté, au gré du Fogui. La chute extrême de voltage se produit au moment où il annonce qu'il va retirer de son cœur l'énergie vitale et le retour à un voltage normal survient lorsqu'il déclare contrôler le bon fonctionnement de son cœur. C’est par une science spéciale du souffle qu’il entend régler l’energie vitale.
« Nous nous trouvons en présence d’hommes maîtres des-différentes activités et de leurs fonctions. Pourrait-on imaginer par une sorte d'entraînement de la volonté humaine les niveaux psychiques intervenant continuellement pour régler ou dérégler la vie physiologique selon l'usage qu’en fait l'autonomie consciente ? »
Ces faits sont certes du plus haut intérêt, mais. leur interprétation reste très délicate. Il n’est pas prouvé que cet entraînement spécial des Yoguis aboutisse à une augmentation vraie de la volonté, il est possible au contraire qu'il s'agisse d’une inhibition psychique réalisant certaines libérations organiques.