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saient par là, d'emblée, plus ou moins entachés d'’erreur, d’exagération ou même de supercherie.
On a donc fini par considérer que les troubles dits psychiques n’avaient en quelque sorte pas d’existence réelle et peu à peu, on s’est borné à les éliminer en bloc en les rejetant dans le cadre vague de «troubles de la volonté ». Cette conception extrême aboutissait comme l’a souligné Baruk, à passer d’un excès dans l’autre : en effet, si la distinction établie par Babinski entre ces deux ordres de troubles, sur des données cliniques merveilleusement décrites, est inattaquable, Padaptation qu’on en donne est bien souvent erronée.
Si les troubles de la volonté ont un autre aspect clinique que les troubles de localisation purement neurologique, il ne s’ensuit pas que seuls les premiers aient droit de cité, et que les autres ne constituent qu’une sorte de fantaisie imaginative. Les seconds ont une existence aussi réelle que les premiers, mais ont une signification différente quant à l’atteinte du système nerveux qui les conditionne.
L'histoire de la catatonie est, à ce sujet, du plus haut intérêt. Rappelons que ce syndrome psychomoteur si bien décrit par Kahlbaum en 1874, a été longtemps envisagé par les auteurs modernes selon deux-conceptions diamétralement opposées. Les uns, cherchant à attribuer à la catatonie les caractères d’une affection purement organique se sont évertués à démontrer que le trouble moteur du catatonique, son immobilité, sa raideur étaient complètement indépendantes du psychisme et ont voulu le superposer
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aux syndromes parkinsonniens ou striés. Les autres, s'appuyant sur les troubles considérables du psychisme dans la catatonie ont voulu lui attribuer une origine purement psychologique et indépendante de toute atteinte du système nerveux.
Dans la série des recherches cliniques, physiologiques et expérimentales qu’il a effectuées sur ce sujet, Baruk a montré que ces deux conceptions étaient également erronées ; en effet, le syndrome catatonique est un syndrome psycho-moteur qui ne peut pas être superposé aux syndromes connus en neurologie et auxquels participent d'importants troubles de la volonté. 11 a pu démontrer que, très souvent, lPattitude catatonique est associée à un véritable délire à la faveur duquel le malade est convaincu qu'il doit se contracter ou bien voit ses attitudes commandées par des hallucinations, par des modifications de ses pensées ou de son affectivité.
Et, cependant, la maladie est liée à des perturbations biologiques et toxiques très importantes. On peut affirmer que tout l’organisme participe à l’accès catatonique et celui-ci s'accompagne de troubles considérables des fonctions sur lesquelles la volonté normale n'a aucune action. On peut souvent constater, par exemple, au cours d’un accès catatonique comme en font foi les travaux de Baruk et Racine des modifications très particulières du somplexe électrocardiographique. Ces modifications se manifestent souvent par une augmentation considérable du soulèvement T. Elles sont passagères et apparaissent d’une
façon exactement parallèle aux modifications du psychisme. Dans un cas de catatonie particulièrement grave ces mêmes auteurs ont pu observer dans une seule matinée des aspects différents de l’électrocardiogramme suivant que le malade était négativiste et en état de contracture ou dans une période de relâchement. Un tel fait prend toute son ampleur et peut être apprécié à sa juste valeur lorsqu'on connaît la remarquable fixité habituelle du complexe électrocardiographique chez le même sujet.
L'observation a été faite aussi en médecine expéri- mentale, après injection au chien ou au singe de bulbocapnine qui provoque des crises de catatonie absolument comparables à celles que l’on rencontre en pathologie humaine. Ici aussi au moment même où l’animal passe du stade du sommeil toxique au stade catatonique on constate l’apparition de la même modification électro-cardiographique.
On peut donc conclure qu’en pareil cas une cause toxique est susceptible de déterminer simullanément une perturbation psychique, une perturbation cardiaque et que ces deux ordres de troubles varient de façon exactement parallèle.
Des considérations analogues peuvent s'appliquer aux modifications vasculaires, gastriques, intestinales, respiratoires, etc., ainsi qu’à certaines modifications chimiques et biologiques, telles que celles qui ontété étudiées récemment par Gjessing d’Oslo dans les urines.
Il faut y ajouter encore les modifications impres-
sionnantes de l’excitabilité vestibulaire (Claude, Baruk et Aubry) et de la chronaxie vestibulaire (Claude, Bourguignon et Baruk). Là aussi, on note un parallélisme étonnant entre les modifications psychiques et l’inexcitabilité parfois extraordinaire du vestibule, ce phénomène disparaissant aux périodes de relâchement et de rémissions.
En pareil cas, répétons-le, il ne s’agit nullement
d’assimiler ces nombreux troubles organiques à un effet dû à l’action d’une volonté normale. Celle-ci est incapable de provoquer une modification du fonctionnement cardiaque ou labyrinthique par exemple. Aucun homme normal ne peut changer la ligne de son complexe électrocardiographique ou arrêter le nystagmus pendant les épreuves de Barani.
On ne saurait donc admettre, pour analyser de tels faits, les explications de simulation totale ou partielle, de simulation inconsciente, de maladie psychogénique, etc..…., encore si fréquemment invoquées dans certains troubles psycho-moteurs et notamment dans l’hystérie, laquelle a d’ailleurs été confondue avec la catatonie pendant de nombreuses années.
En effet, si le trouble organique et le trouble psychique varient parallèlement, le trouble psychique
lui-même est la conséquence d'une atteinte réelle et .
pathologique du système nerveux, notamment d’une atteinte toxique, laquelle modifie en même temps la volonté du sujet et les fonctions de son système végétatif. Les complexes psycho-viscéraux ainsi pro-