CHAPITRE IV
Destruction du sucre du sang
sous 1 influence du temps et de la
température.
Parmi les auteurs qui se sont occupés du dosage du sucre dans le sang, quelques-uns se sont aperçus que le sucre disparaissait plus ou moins vite ; Cl. Bernard a fait voir que si plusieurs auteurs ont nié la présence du sucre dans le sang, c'est qu'ils ont attendu trop longtemps, parfois plus de 24 heures avant de faire ce dosage, ou du moins avant de traiter le sang soit par la chaleur, soit par un agent, tel que Talcool, capable d"empècher la destruction ultérieure du sucre. Aussi, réminent physiologiste a-t-il recommandé de faire le dosage de suite après la sortie du sang d'un vaisseau, montrant par un grand nombre d'ex-
pcricnccs que le sang conserve dans son laboratoire â perdait peu à peu du sucre, et qu'après 24 heures, il j. n"en restait que des quantités très faibles, et parfois ( même que Ton n"en retrcnivait plus trace.
Si Cl. Bernard, et après lui Seegen, M. Chauveau, ont vu que le sucre du sang se détruit peu à peu à la , température du laboratoire, ils ne paraissent pas avoir cherché s'il y a une relation entre la perte du sucre et le temps écoulé depuis la saignée ; s'il se détruit plus ou moins vite suivant la température à laquelle ce sang est soumis.
Pour combler cette lacune nous avons étudié avec soin rinfluence du temps, aussi bien que celle de la température.
Nous avons tout d'abord remarqué qu'au dessous de i5^ le sucre diminue très lentement et qu'à une température voisine de 400, la destruction est très rapide.
Nous citerons d'abord une expérience, faite pendant l'hiver : le sang, mis dans un ballon bouché, était entouré de glace et laissé en dehors du laboratoire.
Quant. •/"• Quant.*/. Diff. •/
Sang veineux analysé de suite 1,27 100
)> » )) après 24 à 0°. . . 1,21 95,2 4,8
» artériel ^) de suite i,3i 100
» » ■» après 24 h. à 0° 1,29 98,4 i>6
On voit donc que la destruction est très faible à cette température.
Si nous voulons étudier la destruction du sang à une température plus élevée, nous sommes obligés
défaire des expériences plus précises; nous devons dabord arrêter l'expérience quand il s'est écoulé un temps déterminé, par exemple i heure ; il est surtout indispensable d 3 maintenir lesan^- à une température connue et invariable pendant toute la durée de l'expérience.
Voici comment nous avons opéré : au sortir de l'artère, le sang est fortement refroidi, pendant qu'on le bat pour le défibriner. Pour obtenir un abaissement rapide delà température, on fait tomber le sang sur la face extérieure d'une éprouvette de verre, remplie d'un mélange réfrigérant et flambée à l'extérieur; il est reçu dans une capsule de porcelaine entourée d'un mélange réfrigérant. En opérant ainsi on abaisse en dix minutes environ la température du sang jusque vers -|- 8 à -|- loo pour une forte saignée de 4 à 5oo gr. ; quand la défibrination est complète, on passe le sang à travers un linge, stérilisé au préalable et on le reçoit dans un ballon stérilisé à l'étuve ou à l'acide sulfurique et entouré de glace. Par ce moyen, on évite la perte de sucre assez grande qui se produirait pendant la défibrination ; nous avons en etïet constaté que, si par la défibrination à température du laboratoire il se perdait de 8 à i3 o/o de sucre, on réduisait, par ce moyen, la perte à n'être que de i à 2,5 o/o.
Un poids connu de ce sang ainsi refroidi et défibriné,par exemple 40 gr.,est mis dans un ballon stérilisé que Ton ferme avec un bouchon de liège flambé et que l'on place au bain-marie à température constante ; on note le moment où l'on a plongé le bal-
Ion (I). On met de la même façon du sang dans plusieurs ballons, et on les sort du bain-marie après une ou deux heures, etc.
Quand le temps, au bout duquel on veut arrêter Fexpérience, est écoulé, on vide proutte à goutte le contenu du ballon dans un poids égal de sulfate de soude, acidifié au préalable avec vingt gouttes environ d'acide acétique, et chauffé au dessus de 800.
Comme bain-marie, nous employons un grand récipient qui contient une masse d'eau de 40 litres environ; au moyen d'un régulateur très sensible, nous maintenons une température absolument constante.
En opérant ainsi, on peut doser, après un temps déterminé, le sucre du sang maintenu à une température constante pendant toute la durée de l'expérience^ et par suite déterminer avec une exactitude rigoureuse la perte de sucre produite en fonction du temps ou bien la perte de sucre pendant l'unité de temps à des températures différentes.
Nos premières expériences destinées à voir l'influence de la chaleur ont été faites à 38° 5 , température à peu près normale du chien. Dans ce tableau, on a ensuite tout rapporté à 100 de sucre dans le sang artériel traité de suite.
fi) Nous avons remarqué que le sang contenu dans le ballon met environ trois minutes pouracquérirlatempérature du bain-marie; nous comptons le temps une minute après le moment où le ballon a été plongé dans le bain-marie.
Destruction du sucre du sang a la température de 3H^5
DOS\GES faits PAR LA METHODE DE Cl. BeRNARD.
de suite
Quant/'/oo de sang.