IV. — Le sucre du sang ne se détruit pas dans le poumon
V. — Le sucre provenant des lymphatiques, versé dans le cœur droit, concourt à augmenter la proportion de glucose.
VL — Le sang reprend du sucre en se mêlant au sano^ de la veine cave.
VIL — Le sang se charge de glucose en passant dans le foie.
En 1860, Harley fit des expériences d'après lesquelles il n'y a pas de sucre dans la veine porte des animaux soumis à la diète ou nourris à la viande; mais, dans le courant de la même année, MM. Colin et Chauveau prouvèrent que chez les animaux herbivores, nourris avec de la viande ou à jeun, le sang de la veine porte, ainsi que celui de la circulation générale, et la lymphe contenaient du sucre.
Ici se placent d'autres expériences de Cl. Bernard, par lesquelles il fit voir que le sang se détruit d\me manière incessante surtout à la température du corps, et qu'il se conserve beaucoup plus longtemps à la température du laboratoire ; que Tacide phénique, le sulfate de soude, Tacide acétique retardent sa destruction. Tandis que le sucre augmente dans le sang par une alimentation sucrée ou féculente, il diminue par rinanition et dans certains états pathologiques.
Tandis qu'il ne trouve pas de variations sensibles pour la teneur en sucre du sang dans tout le parcours de l'arbre artériel, il montre qu'il y a de notables diffé-
rences entre le sang artériel et le sang veineux d\in même département vasculaire. Nous reviendrons, du reste, sur ses résultats, qui accusent une différence beaucoup plus grande que celle qui existe réellement.
Bock et Hoffmann, en 1874, dans des recherches faites exclusivement sur le lapin, ont trouvé que si on séquestre le foie de la circulation générale et si l'animal vit plus de i5 minutes, on a au plus o gr. 5op. i,ooodesucredanslesang, et s'il vit plus de 3o minutes, on constate généralement des traces ou même pas de sucre, excepté dans une expérience où ranimai a vécu 3i minutes, et avait o gr. 70 de sucre dans le sang. Dans ces expériences, les chylifères étaient liés. Dans une deuxième série d'expériences, ils ont lié Faorte, sans lier les lymphatiques, et ont constaté que le sang renfermait plus de sucre.
Employant une troisième méthode ;, Bock et Hoffmann, en liant le canal thoracique, ont eu des traces de sucre, et souvent pas du tout.
Ils en concluent que caez les lapins il y a deux sources de sucre : le foie et le chyle. Ce n'est pas -' étonnant, le lapin étant toujours en digestion, que du sucre provienne incessamment de sa cavité intestinale.
Après la piqûre du plancher du 4e ventricule, ils ont constaté que Taugmentation du sucre se fait après une heure, et persiste à un summum au moins pendant une heure.
Chez les diabétiques, ils ont trouvé que le sang contient 3 gr. et même 3 gr. 3 de sucre, tandis que
chez Ihomme sain, la quantité de sucre varie de 0.40 à I gr.
B. Naunyn, en 1874, opérant sur les chiens, a répété Fexpérience de la piqûre du plancher du 4e ventricule, et a obtenu un accroissement du sucre du sang- après une heure; la teneur en sucre est montée, au bout de cinq heures, jusqu'à 5 gr. 6, et à plus de 7 gr. après cinq heures et demie.
C.-A, Ewald, analysant un hémothorax de 5oo gr. de sang, dans une autopsie 40 h. après la mort, aune température de 00, a trouvé o. 5 1 de sucre p. i ,000 faisant ainsi voir que Tassertion de Bouchardat, c'est-àdire que le sucre du sangdisparaît après vingt-quatre heures, nest valable que pour les températures moyennes.
Contrairement à l'observation de Cantani, E.Kulz a trouvé, dans six cas de diabète, que le sucre du sang dévie à droite. Il est probable que Cantani n'avait pas éliminé complètement les matières albuminoïdes déviant à gauche.
Von Mering,en 1877, a dosé le sucre dans le sérum provenant du sang essoré à basse température ; ce sérum, qui contenait 2 gr. 20 de sucre, après être resté pendant quarante-cinq heures à 160, dans le laboratoire, donna encore 2 gr. o5. Dosant le sucre du sérum du sang delà carotide et de la jugulaire, il a trouvé tantôt plus, tantôt moins. Pour la différence entre le sang artériel et le sang veineux, il a trouvé des chiffres plus faibles que ceux de Cl. Bernard.
En 1877, F. -W. Pavy trouva une différence très faible entre la teneur en sucre du sans: de l'artère et
celui de la veine. Il vit aussi que l'anesthésie augmente le sucre dans le sang, et qu'après la mort, le sucre ne disparait pas aussi vite du sang que Tavait indiqué Cl. Bernard.
Reprenant la méthode de dosage du sucre du sang, de Cl. Bernard, àTaide du sulfate de soude, il dit que le volume du liquide n'est pas toujours 38cc. pour 2 5 gr. de sang et 25 gr. de sulfate de soude, et que ce volume varie suivant le poids spécifique du sang,
R. Bohm et Hoffmann ont trouvé qu'après trois jours et même après huit jours de jeûne, il n'y avait pas diminution du sucre du sang ; cependant, aprèsla mort par inanition, le sucre a complètement disparu dans le sang.
En 187g, M. P. Cazeneuve a prouvé que dans le dosage du sucre du sangpar la méthode de Cl. Bernard, il y a une inexactitude provenant de la présence dans le sangdesubstancesqui réduisent la liqueur Fehling, et que, par suite, on trouve un chiffre trop élevé. De plus, le volume de 38 ce. pour 25 gr. de sang et 25 gr. de sulfate de soude n'est pas exact.
M. d'Arsonval a répondu à M. Cazeneuve que ce chiftVe est exact ; mais seulement lorsque le sang n'est pas défibriné.
Bleile, en 1879, a dosé le sucre dans lesérum du sang de la carotide d'un chien auquel on avait fait ingérer 8g grammes de glucose:
Avant ralimcntation. — Glucose 2« 16 p. 1000
I h. 20 m. après 2 52
11 y a une auG^mentation très faible en proportion de la quantité résorbée.
iM. Dastre, clans son remarquable travail sur la glycémie asphyxique, a montré que la teneur du sang en sucre chez un chien soumis à Fasphyxie rapide dans un espace confiné, peut s'élever à 3 gr. Il l'explique par l'excitation du foie par GO^, lequel amènerait une brusque production de sucre. D'après lui, le diabète curarique est un diabète asphyxique.
G. Otto a comparé la quantité de sucre contenu dans le sang à la proportion de substances réductrices non fermentescibles. Le sang était reçu dans un vase gradué contenant un volume connu d'alcool; le dosage du sucre était fait par la méthode de Knapp. Voici quelques-uns de ses résultats pour les sangs ar-. tériel et veineux :