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dans un de ces appareils permettant le pansement, tout en maintenant l’immobilisation ; chez le blessé immobilisé, par contre, la température tombe souvent peu à peu malgré labsence de tout pansement. Il est évident que ces règles sont loin d’être absulues, et à notre avis, la susceptibilité de chaque blessé demande à être appréciée.
Voici un dernier détail qui présente quelque intérêt. Il est un certain nombre d'arthrites graves qui persistent malgré l'immobilisation la plus rigoureuse, les drainages et les pansements les plus minutieux. Les culs-de-sac restent globuleux. La fièvre persiste, les bourgeons revêtent l’aspect de la chair d'huître, et s’il n’y avait pas les commémoratifs de la blessure, on pourrait se croire en présence d’une tumeur blanche. Quatre fois, nous avons eu à lutter contre celte évolution, symptomatique d’une fissure osseuse intra-articulaire infectée. La résection tardive intra-fébrile nous ayant paru dangereuse, nous avons eu l’idée d'appliquer à ces gros genoux infectés le traitement que les Lyonnais appliquent volontiers à ces formes de tumeur blanche. Avec le thermo, l'articulation fut ouverte sur tous les points fongueux, et par ces orifices le thermocaulère fut promené dans l’article, brûlant les fongosités sur son passage. Les sécrétions septiques pouvaient ensuite s’écouler au dehors par les multiples orifices qui transformaient l'articulation en une véritable éponge. Puis le membre restait immobilisé pendant dix à vingt jours. Grâce à cette méthode de l’ignipuncture et de chauf-
Tage articulaire, nous avons pu sauver quatre genoux pour lesquels se posait la question de l’amputation de la cuisse ».
Dans les cas non infectés d'autre part, l’arthrotomie se montra non plus insuffisante mais dangereuse, infectante de dehors en dedans. Aussi les rares succès qu'elle donna,sont dus surtout à la précocité de cessation du drainage, permettant à l'articulation de se refermer vite : tels sont les 11 cas de Tavernier (Lyon chirurgical, août 1916), donnant 11 guérisons, les 14 cas sans lésion osseuse de Schwartz et Mocquot donnant 12 guérisons (/eçue de Chirurgie, avril 1916).
Les succès commencèrent à se généraliser avec la fermeture précoce de l'articulation nettoyée. La suture fut d’abord secondaire, permise par le maintien de l’asepsie de l'articulation restée ouverte ou même par sa stérilisation grâce à la méthode . de Carrel-Dakin. Celle-ci donna cependant des résultats inégaux à cause de la minutie des soins qu’elle comporte et la difficulté d'obtenir une liqueur de Dakin à la fois active et non irritante. Aussi la fermeture précoce, après désinfection opératoire et avant que l'infection extérieure ait eu le temps de réenvahir l'articulation restée ouverte, marqua-t-elle un progrès immense. Elle fut doublement réalisée, d’une part par la suture primo-secondaire qui fut pratiquée par MM. Rouvillois, Guillaume-Louis et Basset, dès janvier 1916, d’autre part par la suture immédiate. La première constitue la transition entre la suture
tardive et la suture primitive. Il est dommage que pratiquée depuis un an, elle n’ait été publiée que tardivement (Soc. Chir., 24 janv. 1917). Son emploi de j'aveu même de ses auteurs doit céder généralement le pas à celui de la suture primitive.
Cette suture primo-secondaire conserve néanmoins à notre avis ses indications propres : lorsque l’aseptisation ou l’hémostase osseuses n’ont pu être réalisés d’une façon suffisante pour permettre la suture immédiate : Celle-ci constitue l’opération de choix et devra être tentée largement: Chevassu n’a-t-il pu guérir ainsi un genou dont la blessure datait de onze jours? (Soc. Chir., 28 fév. 1917).
, La suture primitive du genou est à présent une opération courante aux armées,mais seulement depuis qu’elle est devenue un simple chapitre de la méthode générale de traitement des plaies de guerre dont MM. Gaudier, Chaput et Chevassu réclament la paternité.
En effet la suture primitive du genou après nettoyage était préconisée dès novembre 1915 (Presse méd., n° 58) par M. Delore. Cette publication fit grand bruit mais ne fit école que rarement et la suture primitive du genou ne fut pratiquée que çà et là, timidement, MM. Chevassu, Delore et Loubat, paraissent être les seuls à avoir adopté cette méthode dès 1915. Depuis 1916 au contraire les statistiques affluent. Celles de M. Duval, 5 octobre 1916, et 15 décembre 1916 à la Société de Chirurgie furent spécialement convaincantes.
La généralisation de la suture primitive du genou à entraîné la guérison immédiate presque constante des plaies ainsi traitées, elle a restreint de beaucoup le nombre des résections tant primitives, que secondaires de drainage et par suite des amputations ; elle a fait disparaître l’arthrotomie.
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