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capitale la déchéance de l’organisme qui se produit sous l'influence de la résorption des produits virulents et Loxiques au niveau des surfaces malades et de l'épuisement dû à la longue et souvent abondante suppuration dont il doit faire les frais. Trop rares malheureusement sont ceux qui bénéficient de ce traitement général, et la majorité croupit dans des conditions sanitaires mauvaises et souvent déplorables. I1 leur faudrait à la fois le repos physique, l'air et la lumière, et une alimentation abondante, surabondante même ; il leur faudrait l'air de lamer, cet air vif et salin qui donne un appétit plus grand et plus constant : il faudrait ajouter à leur régime, une bonne hygiène, une grande régularité dans tous les détails pour les heures des repas, du lever, du coucher, etc. Mais hélas! tout leur manque à ces déshérités de la fortune, et il faut se contenter du traitement local. Des deux procédés, celui consistant en injections modificatrices nous semble le meilleur, car en effet les interventions chirurgicales ne modifient souvent pas la situation qu'elles prétendaient améliorer, et après un temps variable, où les plaies semblent vouloir se cicatriser el se cicatrisent même en partie, on voit réapparaitre ces bourgeons blanchâtres et sans vitalité, el ces fongosités que l’on croyait avoir supprimées définitivement. De plus on peut faire encore d’autres reproches à cette méthode de traitement. Outre qu’on n’est jamais sûr d’avoir tout enlevé même en faisant de larges sacrifices, même en dépassant les limites visibles du mal, on ne peut
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en mettant les choses au mieux, obtenir dans la plupart des cas la guérison qu'au prix de dégâts toujours fâcheux. Enfin, ces interventions longues et minutieuses, pour avoir des chances d'êtreefficaces, ne sont pas sans un certain risque d’inoculation tuberculeuse. Pourtant il ne faut pas condamner absolument cette méthode, car il est des cas où les lésions étant bien nettes, parfaitement limitées et encapsulées, on peut réussir du premier coup à obtenir la guérison.
Reste donc la méthode conservatrice. Dans cette méthode on’va confier à des agents chimiques, à des caustiques et des antiseptiques, le soin d'aller combattre les colonies microbiennes dissoudre et éliminer les productions tuberculeuses qui encombrent la cavité ganglionnaire. Tandis que les microbes plongés dans un milieu de culture qui leur est devenu défavorable perdront de leur vitalité et de leur virulence, les fongosités, dont la nutrition est imparfaite, se laisseront attaquer par ces agents.
Un certain nombre de substances ont été employées dans ce but, et toutes ont eu leur courant de vogue. On se souvient de la méthode sclérogène du Professeur Lannelongue consistant à faire pénétrer quelques gouttes de chlorure de zinc en solution à 1/10, non point dans les fongosités synoviales, ni dans les foyers tuberculeux, mais immédiatement en dehors d’eux et autour d’eux seulement. C’est à la périphérie des fongosités que se trouvent en effet les processus tuberculeux les plus récents. Mais le chlorure de
zinc est un caustique énergique et de plus une substance nécrosante, et son injection interstitielle est excessivement douloureuse, et pour cette raison est difficilement acceptée par les malades.
En 1899, Hahn recommandait le mélange de 1 à 5 parties de formaline (solution de 35/100 de formaldhéhyde dans 100 parties de glycérine). Mais il se produit une violente réaction inflammatoire, une tuméfaction locale, de la fièvre et des douleurs intenses.
On a encore utilisé l'essence de térébenthine au 1/4 qui agirait comme oxydant indirect, mais on lui fait les mêmes reproches qu’à la formaline et au chlorure de zinc.
Les liquides que l’on emploie le plus souvent sont les solutions d’éther iodoformé à 5 ou 10 pour 100, celles de naphtol camphré, et d’eau oxygénée.
Le grand avantage de l’éther iodoformé est sa grande diffusibilité qui permet le dépôt régulier et parfait de l'iodoforme et aussi sa volatilité à la température du corps humain. C’est là aussi l’inconvénient de l’éther iodoformé, car cette tension qu'il acquiert par suite de sa volatilité est très douloureuse, et peut provoquer des accès de suffocation et même des menaces d’asphyxie. De plus il produit parfois des érythèmes et chez les personnes blondes une pigmentation persistante de la peau.
Quant au naphtol campbhré, à une indolence presque complète il joint des qualités antiseptiques, corrosives, et modificatrices puissantes. Mais il: a.
un grand défaut qui, d'après Guinard, doit le faire bannir de l'arsenal thérapeutique.
Des accidents graves peuvent suivre, en effet, les injections de naphtol camphré. M. Guinard a vu des accidents épileptiques survenir à la suite d’une injection dans un foyer ganglionnaire de la région susclaviculaire droite. Une ponction suivie d'une injection de 25 centimètres cubes de naphtol camphré amena la mort à la suite d’attaques épileptoïdes subintrantes. Les injections de 2 à 3 centimètres cubes sont même parfois dangereuses. Le Dr Grosjean a eu un accident très grave causé par une injection de
1/4 de centimètre cube.
. Une injection de dix gouttes de naphtol camphré dans un trajet fistuleux du genou a donné à M. Forgue de Montpellier les appréhensions les plus vives. Des cas de mort survenue 5 minutes après l'injection ont été vus dans le service de Gérard-Marchant.
Nous devons donc nous associer au D' Guinard pour demander le bannissement du naphtol camphré.
Quant à l'emploi de l’eau oxygénée, il a été recommandé par le D' Luton de Reims en 1898. C’est un bon désinfectant, n’est pas douloureux; est sans danger, Occasionne un dégagement gazeux qui distend la poche purulente et facilite ainsi l’action de l'oxygène sur les bactéries. Mais par contre l’eau oxygénée est d’une conservation difficile.
De tous ces liquides modificateurs, pas un ne résiste donc à la critique.
Il nous semble que la méthode préconisée par M. le
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professeur agrégé Marion, et mise en usage à l'Hôtel- Dieu, a sur ces traitements les deux grands avantatages de n’occasionner aucune douleur et de n'être pas toxique, tout en donnant des résultats meilleurs que ceux obtenus par les autres traitements.
Cette méthode consiste à ponctionner d’abord Jl'abcès ganglionnaire et à faire suivre cette ponction d’une injection de solution d'acide phénique à 5 pour 100. |
L’acide phénique pur estemployé depuis longtemps déjà par bon nombre de praticiens. Powel de New- York l’emploie pour le traitement des maladies osseuses dans les différentes parties du corps, et il le recommande dans le traitement de l’érysipèle, il le considère même comme un spécifique de cette maladie au même titre que la quinine pour la malaria. Baccelli l’a employé dernièrement dans le traitement du tétanos, et les résultats qu'il a obtenus le font préférer même à l'injection de sérum antitétanique.
Mencière de Reims l’emploie depuis 1900 pour le traitement des arthrites suppurées.
L’acide phénique tend donc à devenir aussi bien pour le médecin que pour le chirurgien un merveilleux instrument de thérapeutique.
Comment expliquer cette action thérapeutique, pour ainsi dire contradictoire. En effet, déposé sur la peau saine, il occasionne du sphacèle, au contraire mis en contact avec des lésions il fait cesser la suppuration.
-Nous croyons qu’on nepeut expliquer cette action
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que par une théorie, qui est celle de Phelps et Mencière : « L’acide phénique s’unit à l’albumine des tissus pour former un albuminate éminemment antiseptique. Ce nouveau composé absorbé par les lymphatiques détruit les bacilles.
Cela doit se passer ainsi, car dans l’érysipèle, nous voyons la température tomber, redevenir normale, souvent six heures après la première application. Dans la coxalgie, nous observons qu'après son application la température tombe de 105° F. à 100° au bout de douze heures, pour ne plus remonter, à moins qu'il ne se forme de nouveaux foyers.
: Dans le traitement des affections osseuses, la. désinfection par l'acide phénique pur est si intense, la suractivité telle, que peu de jours après l'opération, malgré le taraudage des os, les évidements osseux, dès que l'écoulement des produits de déchets est terminé, on peut complétement fermer la plaie et éviter au malade la longueur d’une cicatrisation avec pansement à plat dans une excavation osseuse.
Puisque l'emploi de l’acide phénique pur dans le traitement des lésions articulaires tuberculeuses, de l'érysipèle, etc., donnait ces remarquables résultats, pourquoi son emploi dans les lésions plus bénignes serait-il nul ou dangereux ? Surtout lorsque la dose d’acide phénique pur est proportionnelle à la bénignité de l'affection, lorsque l’on remplace l'acide phénique pur par l’eau phéniquée en solution à 5 pour 100 ? Les observations que nous allons publier serontune preuve que nous devions penser ainsi.
CL ARS Mais, avant de les publier, nous voulons indiquer la technique opératoire de cette petite opération. Tout d’abord, il faut se bien convaincre que l’antisepsie la plus rigoureuse est absolument nécessaire etne pas croire que parce qu'il y a du pus,et du pus infecté, on pourra se contenter d’un dangereux à peu près—je parleici pourla généralité, — A plus forte raison, devra-t-on, dans les hôpitaux où l’on a à soigner un grand nombre d'enfants atteints d’affections analogues, se garder de toute négligence sur ce point. Il est facile de comprendre, en effet, qu’en portant, en inoculant d’un malade à l’autre des microbes de même espèce peut-être, mais d'une virulence différente, on crée de véritables associations microbiennes qui peuvent porter le plus grave préjudice à la santé de ceux que l’on a mission de guérir.
La première condition est donc de réaliser l’antisepsie du chirurgien et de ses instruments.
Nous n'avons pas à décrire la façon d’aseptiser le chirurgien, mais nous pouvons dire quelques mots sur celle de tenir les instruments en état de servir.
La seringue la plus commode est une seringue de 5 ou 10 centimètres cubes. De la sorte l’aiguille a un diamètre suffisant pour livrer passage au liquide purulent lors de la ponction. Si le diamètre ést trop petit le pus ne peut être tie ce qu gène beaucoup la guérison. ir
Ï faut aseptiser la seringue avant de s'en servir. Il suffit d'y. aspirer et d'y maintenir. de l'eau phéniquée pendant quelque temps, puis de la laisser trem-
À -— 25 DE L $ ÿ ’ per tout entière dans une solution phéniquée à 1 pour 100, dont elle ne sortira que pour l'usage. On l'y remettra aussitôt après. En ayant soin d'’aspirer de cette solution dans la seringue avant de l'y plonger, on mettra en contact avec l'acide phénique à la fois l’intérieur et l'extérieur de la seringue.
La deuxième condition à remplir est de faire l’antisepsie du champ de la lésion.
Il faut tout d’abord savonner largement, sans se servir toutefois de la brosse à cause de la faible épaisseur de la paroi ganglionnaire, faire ensuite des frictions avec un tampon d’ouate hydrophile imbibé d’éther sulfurique qui parachèvera l’œuvre du savon par un dégraissage complet. Enfin il faut se servir d’un tampon imbibé d’alcool à 60° pour achever d’aseptiser la région. Pendant le temps que nous aseptisons la seringue, nous plaçons sur labcès à ponctionner une compresse imbibée d’eau sublimée à 0,25 pour 1000 ou d’eau phéniquée à 1 pour 100, de la sorte nous sommes assuré d’avoir un champ opératoire aseptique.
Avant de faire la ponction nous chassons le liquide que contient la seringue, passons trois ou quatre fois dans la flamme de l'alcool l'aiguille, et la retrempons dans la solution antiseptique.
Nous sommes. assuré, en procédant de la sorte, d’avoir une asepsie parfaite.
. Quels sont les malades que nous devons traiter, ou plutôt quels sont les cas dont nous pouvons assu-
rer la guérison ?
Un abcès ganglionnaire tuberculeux est d'autant
plus curable que l’épiderme n’est pas aminci, qu'il n’est pas trop tendu, qu'il n’est pas enflammé. Lors-. qu'il présente ces conditions, et lorsqu'on pratique l'opération selon notre méthode, la guérison est cer-.
taine. On voit les progrès réalisés après chaque
injection ; le pus, en effet, change de couleur, de:
blanchâtre il devient successivement louche, puis
couleur chocolat, puis brunâtre, puis rougeûtre, et:
alors ce n’est plus du liquide purulent, c’est du sang. Plus le changement de couleur s'opère vite plus la guérison est rapide. Souvent l’on voit dès la deuxième injection ce changement de coloration s’accentuer, et la guérison complète et définitive est alors obtenue après avoir pratiqué 4 ou à ponctions suivies d'injections. L'on perçoit par le palper la régression scléreuse de la poche qui se fait en même temps que le liquide purulent se transforme.
Il faut toujours faire la ponction non dans la peau malade, mais dans la peau saine, à un demi-centimètre environ de la limite de fluctuation. En opérant de la sorte, l'on évite les fistules qui surviennent lorsqu’on traumatise une peau lésée.
Pour pratiquer l'injection voici comment nous opérons : Après avoir aseptisé et la peau et la seringue de la façon que nous avons indiquée plus haut nous ponctionnons l’abcès en peau saine. Nous aspirons le liquide qui s’y trouve, puis nous -injectons dans la poche un centimètre cube environ de solution phéniquée à 5 0/0 faite suivant les règles du codex. Nous aspirons à nouveau ce liquide.
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Nous recommençons ce lavage de la poche deux ou trois fois, suivant que l’abcès est plus ou moins volumineux. Et enfin nous laissons dans la poche de l’eau phéniquée en proportion variable.
Il peut arriver qu'après la première injection de solution phéniquée, l’on ne puisse pas aspirer le liquide, c’est qu'il s’est formé des albuminates insolubles qui sont venus obstruer le calibre de l'aiguille. Il suffit souvent d'y injecter à nouveau de la solution pour chasser ce caillot. Si par hasard l’on ne parvenait pas à le chasser, il n’y a qu’à retirer l’aiguille et à laisser le liquide dans la poche sans plus s’en inquiéter, il n'y a aucun danger à craindre.
Après la ponction, lorsque l'aiguille est retirée, nous plaçons sur la lésion un petit tampon d’ouate que nous maintenons par du collodion élastique.
Généralement l'opération est à recommencer quatre jours après. Si la peau est assez peu épaisse, légèrement tumeéfiée, il faut opérer un peu plus tôt. Une bonne règle de conduite est celle-ci : « Opérer dès que la tension-de la poche due à la reproduction de liquide est assez forte ».