‹ Sur le traitement des pieds bots difficiles de la première enfanceChapitre 7 sur 22 · DR · texte numérisé non relu

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une rigidité anormale contre laquelle se brisent tous les efforts. Mais cette circonstance se présente rarement. Presque toujours, au contraire, le pied cède bien sous l’action du massage, et l'insuffisance de la correction première tient alors à deux causes qui sont l’élasticité du pied et la difficulté de mobiliser le tarse postérieur.

Chez les jeunes enfants, le pied-a un squelette qui est entièrement cartilagineux et ses ligaments possèdent une très grande élasticité. Les obstacles qui s'opposent au redressement cèdent sous l’action du massage, mais, comme le roseau de la fable, ils plient sans se rompre. Aussi, dès que l'effort de correction ne s'exerce plus, on voit le pied qui semblait redressé revenir peu à peu à son attitude vicieuse. Cette tendance se continue dans l’appareil plâtré et pour peu que celui-ci ne soit pas appliqué d'une façon très exacte, la récidive se produit.

L’insuffisance du redressement primaire résulte aussi de ce que, par suite des petites dimensions du pied, les manœuvres du massage ne s’exercent que sur l’avant-pied. Le talon est trop petit, trop effacé pour qu’il soit possible de le saisir avec assez de force pour le mobiliser sur la jambe. La correction se fait done surtout dans la médiotarsienne : elle résulte, comme Frœlich l’a montré par deux autopsies, d’une subluxation du cuboide sur le calcanéum, mais celui-ci reste dans sa position vicieuse, en équinisme et couché sur son flanc externe.

Il est de toute évidence que la persistance de ce défaut du tarse postérieur est incompatible avec une

restauration parfaite de la forme et de la fonction du pied, et c’est évidemment là la cause ordinaire des résultats imparfaits. De plus, connaissant la solidarité qui unit le tarse antérieur avec le tarse postérieur, il faut considérer comme certain que ce dernier tendra peu à peu à entrainer le premier à reprendre son attitude vicieuse et à reconstituer le pied bot.

Pour pallier à cette insuffisance du redressement primaire, la seule ressource que l’on ait dans le traitement classique est de chercher à le compléter par le traitement consécutif. Il en résulte que celui-ci est très long et cette longueur est déjà une nouvelle cause d'échec, car bien peu de parents s’astreignent à ramener régulièrement et pendant longtemps l'enfant au chirurgien. Ils croient le traitement suffisant dès qu'un redressement grossier est atteint, sans se douter que les défauts qui restent occasionnent presque fatalement une récidive.

Ce traitement consécutif est d’ailleurs difficile à faire exécuter dans de bonnes conditions. Le massage quotidien est très souvent mal fait parce que c'est une manœuvre délicate avec un pied de petites dimensions ; de plus il est douloureux, l'enfant crie, se débat et bientôt les parents abandonnent la partie. Les appareils contentifs, attelles ou chaussures orthopédiques sont aussi difficiles à adapter sur le pied des petits enfants et la contention qu'ils procurent est le plus sonvent illusoire.

D'ailleurs, même observé rigoureusement et par des parents intelligents, le traitement consécutif ne réussit pas toujours à compléter le résultat du mas-

DES Ve ARE sage forcé ni même à le maintenir. M. Nové-Josserand nous à cité plusieurs cas de récidives survenues chez des enfants traités dans les meilleures conditions. Il résulte de cette étude que pour améliorer le traitement des pieds bots difficiles des jeunes enfants, le point essentiel est d'obtenir une correction primaire complète surtout au niveau du tarse postérieur. Cette correction complète ayant pour corollaire une diminution de l'importance, de la durée et des difficultés du traitement consécutif.

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