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permet d'éviter toute douleur chez des sujets craintifs. Le savonnage n’est utile que pour le premier ou les premiers pansements. Se contenter ensuite de nettoyer à l’éther, ce qui est bien suffisant, car sur un chancre convenablement traité, il n’y a plus de croûtes. L'emploi de l’éther est très important, car il permet aux médicaments ; iodoforme, teinture d’iode, vapeurs d’iode, d’agir avec plus d’éfficacité sur la lésion ».
Il faut toujours avoir soin d’assécher le chancre, car certains médicaments ne peuvent agir qu’en milieu sec. Ne pas frotter, mais tamponner avec gaze stérilisée. Une fois détergée et asséchée, la surface du chancre se montre grisätre et présente une grande tendance à saigner. Attendre un peu.
b) De ses alentours. — Il faut éviter de disséminer le pus virulent autour du chancre et, surtout, se souvenir que les tissus environnants étant macérés, le moindre frottement brusque est susceptible de provoquer une porte d’entrée pour inoculations. Si le chancre occupe une région velue, il est recommandé de ne jamais raser les poils, mais de les
couper au ciseau.
Le nettoyage a pour but d’agir mécaniquement et de dé-
terger la lésion de manière à ce que le médicament puisse
-agir sur une lésion complètement dépourvue de sécrétions ou produits de sécrétions. C’est une affaire de doigté, de temps et de patience.
Quelle médication faut-il employer ?
Comme le recommandent tous les vénéréologistes, il est nécessaire de se rendre compte approximativement de la période d'évolution du chancre, en se basant, d’une part, sur son aspect, d’autre part, sur les commémoratifs, principalement sur le traitement antérieur. « Bien souvent le secret de la guérison consiste simplement à trouver la solution juste suffisante pour cicatriser sans trop brüler,
et c’est affaire de coup d’œil que de savoir augmenter ou diminuer telle dose, choisir tel ou tel caustique suivant que le fond de l’ulcère est plus ou moins bourgeonnant ». (Carle et Augagneur). :
Nous nous proposons seulement d'indiquer ce que le médecin est en droit de demander à une médication préconisée contre le chancre, car nous ne pouvons avoir la prétention de vouloir comparer l’action et les résultats des nombreux médicaments employés, et d’en baptiser un de spécifique. Comment vouloir trouver des termes de comparaison dans les statistiques de leurs effets ? Ilest bien entendu qu'un traitement employé à l'hôpital où les malades sont suivis de près, surtout lorsqu'on cherche à prouver l’efficacité d’un remède, aura une statistique meilleure que celui d’un dispensaire où les malades viennent quand ils veulent. En déduire que le premier est supérieur, c’est un peu osé. De plus, il faudrait s'entendre sur le terme de guérison du chancre. Pour certains auteurs, elle est considérée comme obtenue, lorsque la virulence est détruite, alors que, pour d’autres, c’est la cicatrisation complète.
Du reste vouloir employer systématiquement une médication, c’est aller au devant d'échecs certains, car chaque malade a son chancre ou plustôl ses chancres. « N'est-ce pas dans l’individualisation thérapeutique que réside l’art du thérapeute. » Manquat (1).
Quelles sont les qualités que le médecin est en droit d'exiger d'un traitement préconisé contre le chancre mou ?
Un bon traitement sera celui qui permettra :
I. — De détruire le plus rapidement possible la virulence du chancre.
IT. — Lorsque ce premier résultat sera obtenu, d'avoir
une plaie qui soit dans les meilleures conditions possibles pour guérir.
(1) Manquat. Trailé élémentaire de thérapeutique. Baïllière, Paris 1917 tome I.
À quoi reconnait-on que la virulence du chancre est détruite ?
Au changement de couleur de l’ulcération qui, se détergeant, élimine son revêtement pseudo-membraneux, devient rosé jaunâtre, perd sa sensibilité vive et prend l'aspect d’une plaie simple.
Surtout à l'apparition d’un liseré blanc cicatriciel au niveau des bords qui se régularisent, se recollent, se mettent au niveau de l’ulcération qui se recouvre de bourgeons charnus.
À un suintement qui a remplacé la suppuration.
C’est sur le bon élal des bords qu’il faut surtout se baser. Tant qu'il reste une petite encoche recouverte d’une croûte souvent minuscule, il faut se méfier, car il existe un décollement à ce niveau, dernier refuge du bacille de Ducrey.
Une amélioration sensible est annoncée par la disparition de l'infiltration qui formant un léger bourrelet autour du chancre contribuait au décollement des bords.
IL est difficile de reconnaître et surtout de préciser le moment exact où la lésion ne renferme plus de bacille de Ducrey. Cette notion ne peut s’acquérir que par la surveillance attentive du chancre.