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Ïl a surtout celui de limiter au minimum les fumées abérrantes, désagréables et inutiles, répandues au dehors. L’espace laissé libre entre les tubes permet, par une simple compression du caoutchouc, d'arrêter brusquement la soufflerie, lorsqu'elle est confiée à un aide.
Pour l'emploi du tube enfumeur, on procède ainsi :
A) A l’extrémité de. sortie des vapeurs, placer un petit tampon de coton. En arrière, déposer une petite quantité de poudre d’iodoforme à l’aide d’une baguette porte-poudre. Placer, à quelques distance, un second tampon de coton. Adapter la soufflerie.
B) Chauffer légèrement l’extrémité libre du tube (qui pourrait s’obstruer sans cette précaution) tenu horizontale- - ment. Chauffer ensuite la poudre placée entre les 2 tampons et, dès qu’elle commence à former une boue gluante, on fait légèrement tourner le tube sur son axe de façon à former un anneau circulaire intérieur et pâteux qui commence bientôt à dégager d’abondantes vapeurs violettes.
C) Dès que les. vapeurs commencent à se dégager, on retire Le tube de la flamme, et on souffle légèrement.
Le rôle des tampons de coton est de retarder l'issue de l’air de la soufflerie qui, sans eux, agirait trop violemment.
D) L’application des vapeurs est la même que pour le 2° appareil.
E) L’enfumage iodé terminé, la question du nettoyage du tube a son importance, sinon l’encrassement en serait rapide.
Une solution, permise par le prix de revient infime du tube, estde le mettre au rebut dès qu’il n’est plus utilisable. Sinon on emploiera pour le nettoyage du blanc d’Espagne ou de la pierre ponce pulvérisée avec un peu de gaze enroulée sur un baton nettoyeur. »
En employant un enfumoir plus gros, on peut remplacer la poudre, par une mèche imprégnée d’iodoforme : le char-
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gement de l'appareil est beaucoup plus facile et les deux morceaux de coton ne sont pas nécessaires.
IT. Appareil. — Ballon préconisé par M. le Professeur agrégé Petges.
« Appareil improvisé, composé d’un ballon en verre de pharmacie, d’une conténance de 70 à 100 cc., d’un bouchon (liège ou caoutchouc) à 2 trous, de 2 tubes de verre coudés: l’un effilé pour la sortie, l’autre, amenant l’air, doit descendre assez bas pour ne pas refroidir les vapeurs d’iode à leur entrée dans le tube éjecteur par la projection directe de l'air froid sur son ouverture intérieure ; une lampe à alcool et une soufflerie de thermocauière complètent l’organisation de l'appareil. » |
Mode d'emploi. — « Mettre une cuillerée à soupe environ d’iodoforme dans le ballon. Placer le bouchon et la soufflerie. Chauffer le ballon. Après quelques instants de chauffage, des vapeurs d’iode sortent par le tube effilé qu’il importe de chauffer au préalable, pour éviter les condensations d’iode sur un tube étroit et refroidi ; l’iodoforme devient bleu noir. Laisser le ballon se remplir de vapeur et souffler légèrement à petits coups de poire. Les vapeurs d’iode jaillissent. Continuer à chauffer en soufflant et, quand elles atteignent une longueur de projection de 10-15 centimètres, enfumer la lésion. »
« Faire saillir le chancre pour bien mettre le fond et les bords en évidence. Diriger le jet de vapeurs sur sa surface et dans. tous ses replis jusqu’à ce qu'ils prennent une couleur jambon fumé. Traiter ensuite la muqueuse ou la peau voisine pour désinfecter et éviter les ensemencements du chancre. Saupoudrer le chancre à la poudre d’iodoforme et panser. Chauffer, de temps en temps, le tube effilé, si l’on doit faire plusieurs enfumages consécutifs. Si l’on enfume ainsi un nombre élevé de malades, tout l’iodoforme se liquéfie pour se cristalliser ensuite en iode, dès le refroidissement
du ballon ; dans le col en particulier et aussi dans le tube
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de sortie des vapeurs. D'où nécessité, lors d’une séance ultérieure, de retirer ce tube du bouchon, de le chauffer pour le déboucher, ce qui est rapidement obtenu. Il suffira souvent de chauffer le col du ballon pour faire naître la quantité de vapeurs suffisante à plusieurs enfumages. La dépense d’iodoforme est minime, car le dégagement des vapeurs cesse avec le chauffage. Mettre autour des tubes un peu de vaseline qui, d’une part, assurera l’étanchéité et, d'autre part, permettra de les charger facilement ».
Application
« Chauffer les famées au maximum de tolérance de la part du patient, maintenir le tube projecteur à une température élevée, restreignant le plus possible les dimensions de celuici. Interposer entre l’orifice de projection du tube et la lésion à considérer un espace restreint le plus possible ». (Verdollin).
Direction du tube projecteur. — IL faut diriger les vapeurs horizontalement ou mieux de bas en haut et non de hauten bas comme on a trop tendance à le faire, d’après la situation que l’opérateur occupe par rapport au malade.
Soufflerie. — Ne pas souffler trop fort, car des particules d’iodoforme pourraient venir obstruer le tube de sortie.
Durée. — 11 n’y a pas intérêt à faire des séances trop longues, ordinairement de quelques secondes à une minute.
Nombre. — En principe, une fois par jour pendant quelques jours, ensuite tous les deux jours. Cesser dès que le chancre n’est plus qu’une plaie simple.
Condition requise pour que l'enfumage soit efficace. — Nous rappelerons qu’il est indispensable de déterger soigneusement avec de l’éther. « Ce nettoyage est capital. » (M. Petges).
Composition et mode d'action des vapeurs iodées
Nous ne saurions rien ajouter à l’étude si intéressante de Verdollin, Rappelons seulement que l’iode agit à l’état naissant et que «les corps utilisés sous cette forme jouissent
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de propriétés plus actives, comme une modalité plus vigoureuse el semble-t-il plus pure de leur action. »
Effets des vapeurs d’iode
Elles ont les effets :
1. Antisuppuratif. — Très rapidement, le pus devient moins abondant, et l’on ne constate plus de croûtes, car les vapeurs ont une action desséchante, très importante étant donné le rôle néfaste que joue la suppuration.
2. Désinfectant. — L'iode naissant est un des antiseptiques les plus puissants, Il prévient et supprime les infections secondaires. Jamais on ne constate de complications, quand l’enfumage iodé est employé à temps.
3. Antigangréneux. -- Elles s'opposent d’une manière énergique à l'extension du processus chancrelleux et leur application n’a jamais été suivi de phagédénisme. Cependant pendant la guerre, on se trouvait en présence de malades dans les plus mauvaises conditions physiques : fatigues, long séjour aux tranchées, etc.
Calmant. — Si leur application dans les premières minutes est quelquefois un peu douloureuse pour certains individus douillets, très rapidement le malade ne sent plus rien, car il se produit une « anesthésie par effet secondaire ».
Résolutif. — Les œdèmes ne tardent pas à disparaître : phimosis acquis, guéri au bout de 5 séances d’enfumage (observation de Moiroud). Cette notion est controversée par certains auteurs. Nous pensons que les vapeurs d’iode n’ont pas une action directe sur l’ædème, mais, en agissant sur sa cause, c’est-à-dire l'infection, elles favorisent ainsi sa résolution.
Inoffensif sur les tissus avoisinants. — Lorsqu'elles sont appliquées convenablement, on ne remarque jamais de brûlures, d’érosions autour du chancre. De plus, en désinfectant les alentours, elles préviennent les inoculations si fréquentes. Elles agissent rapidement, principalement sur les chancres mous de la peau. —- Des guérisons (Petges)
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ont été obtenues en une dizaine de jours, bien que la nature de l’ulcération ait été méconnue un temps assez long avant l'hospitalisation. — (1 du menton, 1 de la lèvre inférieure, 2 des doigts, 1: de l'abdomen, 3 de la cuisse). Pourtant c’est principalement dans ces deux dernières localisations que l’on rencontre ces formes si longues à guérir, sur le danger desquelles les anciens auteurs avaient attiré l’attention à propos des inoculations expérimentales.
Avantages de l’enfumage iodé
Le chancre mou, sans complications, guérit le plus habituellement en 8 jours. Par guérison, nous entendons la destruction de la virulence. Mais, chez les malades du dispensaire, dont les chancres sont étendus, multiples, souvent profonds, il faut compter une moyenne de 12 jours, alors que par les méthodes classiques, Le temps est beaucoup plus long. | L'enfumage iodé peut-être employé contre tous les chancres, quelle que soit leur localisation — observation du Doc: teur Bargues sur chancres de l’urèthre. — Il n’a aucune action traumatisante et c’est une des raisons de sa supériorité sur les autres méthodes, car il agit sans nuire à la vitalité des cellules — ne fait pas saigner — prévient complications telles que bubon, phagédénisme — détruit très rapidement les chancres satellites en permettant de les traiter tous ensemble — est complètement inodore.
Avec un peu de soin, on n’observe pas de brûlures ; du reste, elles n’ont pas d’inconvénients: ne s’infectant pas, ne se charicrellisant pas, guérissant spontanément.
Cependant son emploi doit cesser dès que la virulence est éteinte. « Il ne faut pas compter sur lui pour le bourgeonnement. » Louge. Et encore à ce sujet, faut-il faire une différence, croyons-nous entre les chancres des muqueuses et ceux de la peau. Chez ces derniers, les vapeurs seraient kératoplastiques : action du reste signalée par différents auteurs dans le traitement des plaies de guerre.
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L'enfumage iodé ne demande qu’un appareillage simplifié, pouvant être construit facilement, et n’exige aucun tour de main dans son application. Il a été expérimenté dans les hôpitaux civils et militaires, cabinets de consultation et dispensaires et chaque fois il a donné d'excellents résultats.
Son seul inconvénient dans un cabinet médical vient de l’action des vapeurs iodées produiles à chaud pendant les séances, ou à froid spontanément On y palliera en ne plaçant pas l'appareil dans une armoire en métal ou près d'instruments métalliques. C’est une simple question d’organisation.
Si l’on ne faisait qu'une séance quotidienne d’enfumage, l’on pourrait à la rigueur se dispenser de toute médication adjuvante. Mais, comme souvent le malade ne peut venir que tous les deux jours et que, dans l'intervalle, il ne prend que des soins rudimentaires d'hygiène, il ya intérêt à poudrer avec de l’iodoforme qui n’arrête en rien l’action des vapeurs d’iode et de plus agit avec son habituelle action spécifique sur le bacille de Ducrey. On objectera que les résultats sont dus aussi bien à l’iodoforme qu’à l’enfumage iodé, il n’en est rien. « L’enfumage iodé guérit incontestablement plus vite que l’iodoforme employé seul. » (M. Petges). Par la méthode mixte, on gagne du temps et les résultats sont très probants. Beaucoup de méthodes ne seraient-elles pas excellentes, si elles n'étaient pas trop exclusives ; la préconisation à outrance d’une médication soi-disant spécitique faisant écarter toute médication adjuvante au détriment de la rapidité de la guérison.
II. — La virulence étant détruite, quelle médication faut-il employer ?
Cette deuxième partie du traitement est ordinairement confiée exclusivement au malade et cela à tort. « Le chancre va très bien, continuez à mettre un peu de pommade » telle
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est l'unique recommandation du médecin. Pourtant cette période doit être surveillée, car, souvent, la destraction de la virulence n’était qu’apparente.
Toute plaie des organes génitaux doit être guérie le plus rapidement possible, étant une porte d'entrée pour ‘infection. Aussi avons-nous tenu à consacrer un chapitre pour souligner l'importance de cette notion, sans, du reste, nous arrêter à la thérapeutique elle-même qui est celle des plaies ordinaires. |
Cependant on peut se trouver en présence d’une lésion à allure torpide par suite du traitement antérieur trop énergique. Dans ce cas, il pourra être utile d'employer cette formule, dont beaucoup d’auteurs semblent réclamer la paternité : nitrate d'argent 1 gr., baume du Pérou 10 gr., lanoline 10 gr., vaseline blanche q. s. pour 100.