‹ Sur le Traitement du TétanosChapitre 29 sur 32 · II. — CHIENS · texte numérisé non relu

II. — CHIENS

je Effets généraux. — À l'encontre de la grenouille, pas de

crises convulsives vraies, mais seulement trémulations musculaires après une dose de 1 gr. Mémes phénomènes avec unr4 dose de 4 gr. 50 en 48 heures, entraînant la mort avec 40 ,

ARE NE 122 2° Effets neuro-museulaires :

A) Intoxication phéniquée par voie sous-cutanée. — CRT Pour un chien de T kilos). — Irrégqularités respiratoires, tremblements, myosis, salivation, urines vertes. —— Excitabilité neuro=musculaire sans changement notable.

B) Intoxication phéniquée par voie sanguine. — Chien de 10 kilos, mort après 1 gr. 50 sans modifications des excitabilités électriques. — Chien de 17 kil. 700 : après 1 gr. 50 rien à noter. — Après une deuxième dose de 2 ro) hypoexcitabilité du bout périphérique; mort.

CONCLUSIONS

« Dans les conditions de nos expériences, l'acide phénique « s’est montré un excitant passager de la moelle. — Chez la « grenouille il provoque régulièrement des crises convulsives « et ne donne chez le chien que des trémulations musculaires.

« Toutefois à une Ryperexcitabilité passagère succède une « hypoexcitabilité sensitive sans modifications des réactions « électriques du muscle ou du nerf moteur. »

$ 4 : Conclusions

Reprenons maintenant les résultats expérimentaux sur l’aetion du phénol contre le tétanos. — Que conclure de tant de faits, les uns favorables, les autres défavorables, à la méthode de Baccelli ? D'un côté, la clinique publie de nombreuses observations de cas terminés par la guérison; de l’autre, l'expérimentation vient en général dénier toute valeur curative à l'acide phénique.

Mais peut-on les superposer, Et les expériences de laboratoire reproduisent-elles vraiment ce qui se passe dans la nature, lorsqu'à la suite d'un accident un

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homme est atteint de tétanos ? Les doses injectées aux animaux sont bien souvent largement suffisantes pour provoquer l’intoxication, et dès lors on dépasse le but visé : ce n’est pas un tétanos grave ou même très grave que l’on reproduit, c’est le plus souvent une forme foudroyante, et là contre l'acide phénique qui ne peut rien dans la thérapeutique humaine, ne peut rien non plus dans l'expérience de laboratoire. Et cela pour la même raison : la marche des phénomènes est trop rapide, et les doses de toxine lancées sans cesse vers les centres nerveux sont trop puissantes pour ne pas pouvoir forcer le barrage qu'on tente de leur opposer.

C’est, d’ailleurs, l'opinion de beaucoup d'auteurs, et on nous permettra, en terminant cette discussion, d’en citer quelques-unes.

En 1902, au XV° Congrès français de chirurgie, M. Vallas (de Lyon), traitant la question du traitement du tétanos, refusait toute valeur curative au sérum contre la toxine fixée sur les centres nerveux, et parlant alors de la méthode de Baccelli, coneluait ainsi :

« L'acide phénique atténue les spasmes et les contractures, modère le pouvoir réflexe des centres nerveux et peut-être favorise la production d’antitoxine.………. La mortalité est donc de 37 % : ce chiffre est encore un des plus béaux que l’on ait ‘obtenu et suffit à lui seul à justifier l'emploi de la méthode de Baccelli au moins jusqu'à ce que de nouveaux cas aient été publiés. »

Le D' Rœrich, dans sa thèse inaugurale, conclut son étude sur l’action physiologique générale du phénol, à peu près en ces termes :

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L’acide phénique est un antitoxique : portant son action élective sur la cellule nerveuse, c'est-à-dire sur celle-là même que la toxine est venu imprégner, il neutralise cette toxine, la rend inactive et dès lors on assiste à l’atténuation cliniquement prouvée de tous les accidents, et cela proportionnellement aux doses injectées.

La plupart des auteurs, ajoute-t-il, pensent que le phénol provoque une véritable neutralisation du poison tétanique sous forme d’un composé inoffensif non encore connu et qui s’éllmine. De plus, à son avis, à cause même de son affinité pour les cellules nerveuses, il empêche tout nouvel apport de toxine sur elles et protège efficacement celles qui n’ont pas encore subi .d’atteinte.

Enfin par la diurèse et la sudation qu'il provoque, l'acidephénique agit encore en désintoxiquant l'organisme.

Nous terminerons enfin par l'opinion qu'émettait Cioffi, en 1902, comme conclusion de son article sur le Tétanos Rhumatismal : après avoir reconnu que le traitement par les injections phéniquées, qui donne desi beaux succès dans les cas se rapportant à l’homme, semble sans action dans les cas expérimentaux, il ajoute:

« Les résultats expérimentaux ne peuvent cependant en: aucune manière infirmer les résultats cliniques. La contradiction n’est d’ailleurs qu'apparente. En clinique, dans la forme très rapide, l'acide phénique ne donne pas de meilleurs effets que n'importe quelle autre médication. Or, l’expérimentation produit toujours la forme suraiguë, tumultueuse, rapidement mortelle. On manque par conséquent de terme de comparaison si l’on envisage la forme clinique ordinaire, plus lente.

« Lorsqu'en clinique le tétanos se rapproche de celui des expériences par l'invasion rapide et brusque des symptômes, par sa violence extrême, par l’intoxication profonde du sujet et l’intensité de ses réactions, l’insuccès du traitement est absolu, l'acide phénique n'a pas le temps d'agir et de produire son -effet bienfaisant. Dans les cas subaigus et lents, même

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s'ils sont très graves, la méthode de Baccelli peut remporter des succès parfois brillants.

« En somme, malgré des insuccès de laboratoire, la méthode de Baccelli doit être considérée comme le traitement de choix du tétanos chez l'homme ; les injections. d'acide phénique en solution guérissent ordinairement les cas de marche ‘assez lente et de gravité moyenne. »

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