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I.a Inversée ilu faubourg Saint-An

Quelques-unes d'entre elles, qui n'avaient pas reparu dans ces quartiers inélégants depuis qu'elles eu étaient sorties, eurent même à subir de regrettables scènes de famille qui leur inspirèrent la résolution irrévocable de ne plus s'y exposer à l'avenir.

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Seuls les passionnés du sport, qui avaient quelque confiance dans la qualité de leur musculature, persistèrent à traverser ces régions inhospitalières, dont l'hostilité ne larda pas à tourner à l'indifférence, quand les toilettes tapageuses cessèrent d'offrir un prétexte à leurs manifestations.

Ce trajet, dangereux le premier jour, devint si pacifique par la suite, que le baron Fiuot pouvait atteler à son phaéton le cheval qui devait faire triompher ses couleurs sur l'hippodrome, sans aucune crainte d'iu

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cidenls qui auraient pu diminuer ses chances de succès, la distance lui paraissant justement suffisante pour dégourdir les jambes de sou champion.

Dès lors on put prévoir l'importance que prendrait l'institution, mais ce n'est qu'après la guerre et la constitution, en 1873, de la nouvelle société, qu'elle prit tout son développement.

Dès l'ouverture de l'hippodrome d'Auleuil, l'affluence du public fit clairement voir que son succès était assuré.

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Le chemin à suivie pour l'atteindre était familier à tout le inonde, et les habitués du Bois s'y portèrent en foule dès le second jour, car la première réunion avait été contrariée par une pluie si persistante, que peu de personnes avaient eu le courage d'assister à l'ouverture des régales d'Auleuil I

C'est ainsi qu'on avait tout d'abord surnommé le nouvel hippodrome.

Très habilement organisé dès le début, le nouveau champ de courses a reçu chaque année quelque nouvelle amélioration.

Le prince de Sagan, qui élail en quelque sorte l'incarnation de la nouvelle société, lui consacrait la plus grande part de son intelligente activité et lui réservait toutes les trouvailles de sou infatigable imagination ; modifiant et améliorant sans cesse les conditions des programmes, augmentant les allocations à mesure que prospéraient les receltes, imaginant des attractions nouvelles, organisant des journées exceptionnellement attirantes par des défilés de coachs, des lunchs offerts aux membres des clubs et aux femmes de leurs familles, il battait sans relâche le rappel des rares élégances qui surnagent encore dans cette fin de siècle démocratisée.

Maintenant qu'il est disparu, les bonnes volontés ne manquent celles pas, et les hommes spéciaux et incontestablement compétents qui composent le comité actuel maintiendront certainement la prospérité du steeple-chase;mais on est eu droit de se demander si l'on trouvera dans l'ensemble, ou du moins chez l'un d'eux, ce désir persistant d'amélioration, ce besoin impérieux de faire, comme feu Nicolet, de plus fort en plus fort.

C'est ce que l'avenir nous apprendra.

C'est le prince de Sagan qui tenta la résurrection de la Croix de Berny et parvint à lui rendre, un jour par an, un regain de popularité; malheureusement le trajet n'était guère plus agréable que celui de Vincenues, et la population de la chaussée du Maine et du faubourg de Monlrouge ne témoignait pas aux élégances des demi-mondaines plus de sympathie que celle du faubourg Saint-Antoine ; de plus, la route peu pittoresque, médiocrement

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entretenue et cahoteuse, était par surcroit exceptionnellement poussiéreuse, de telle sorte qu'après une expérience de quelques années, quand il s'agit de renouveler la location du terrain, les « bailleurs •■ ayant élevé leurs prétentions, on renonça à celte unique réunion réservée aux officiers et aux gentlemen.

La route de Berny a toujours été connue pour être la plus poussiéreuse qui ^il jamais l

Ce nouvel abandon du premier théâtre des exploits des steeple-cbaseurs français parait aujourd'hui définitif, et c'est dommage, car il est difficile de trouver un emplacement plus favorable au Ooss-Couutry, et sur lequel il soit aussi facile de suivre toutes les péripéties de la course.

Les obstacles naturels de toute espèce qui s'y trouvaient en grand nombre, la nature variée du terrain et sa conformation mouvementée, offraient aux huniers et aux chevaux d'armes un hippodrome à souhait pour mettre en valeur les qualités spéciales qu'on attend de celle double catégorie d'animaux, et permettait de constater dans des épreuves sévères leur adresse et leur endurance.

Le possesseur d'un cheval qui avait l'ait en bonne place le parcours de Berny pouvait être sur de n'être mis dans l'embarras, ni dans une chasse, ni en campagne, par la faute de sa monture, et qu'il rencontrerait dans bien peu de régions des obstacles naturels capables de lui couper la roule.

A ce point de vue particulier, il faut regretter cette journée exceptionnelle, et que ne remplace pas la réunion dans laquelle les prix institués pour elle

sont courus à Achères, sur un hippodrome en tous points semblable à tous les autres.

Une autre raison de regretter l'abandon de Berny est l'impossibilité de retrouver aussi proche de Paris un endroit où le public indigène, le bon villageois, se montre aussi curieux d'uu spectacle si complètement en dehors de ses habitudes.

Toute autre partie de la banlieue manque de la tradition qui amenait sur ce point privilégié toute la population rurale des environs, mettait sur

la route, à côté du coacb le plus irréprochable, la carriole du maraîcher bondée de toutes les générations de sa famille, et, sur le turf, la blouse du journalier coude à coude avec l'habit rouge du gentleman rider.

Celle pilloresque promiscuité est à jamais perdue pour les environs de Paris, et les gens désireux de la revoir sont désormais astreints à des déplacements plus sérieux, dans les pays d'élevage, où le plus humble des

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Sur la route de Bernj.

cultivateurs s'intéresse au cheval et, s'il n'a pas la prétention de produire personnellement le vainqueur de la course à laquelle il assiste, met cependant son amour-propre à voir triompher le représentant de l'élevage de son arrondissement, ou tout au moins de sa région.

Partout ailleurs, le paysan se montre froid à l'égard du sport, et l'élément ouvrier des villes couliibue seul à grossir les recettes delà pelouse.

Le paysan connaît trop bien la puissance des résultais obtenus par l'économie persévérante pour succomber à l'appât du jeu, et Uouve qu'il a

suffisamment g;igné en plaçant dans sa lire-lire le franc que lui aurait coûté son entrée.

L'issue d'une course plate, si disputée suit-elle, ne saurait l'émouvoir, car « faut toujours bien qu'il y en ait un qui arrive le premier» , et les péripéties les plus accidentées d'un steeple-chase ne font (pie l'affermir dans son opinion : que « faut être bien hèle, quand on a un bon cheval, de l'exposer à des accidents qu'il est si facile d'éviter » .

Dans le canton de Berny, ces |)ernieieuses doctrines n'avaient pas cours. La légende, mère de toutes les religions, y avait développé le culte du sport. Les enfants tout petits avaient entendu répéter par les grand'mères le récit des exploits exécutés sur les rives de la Bièvre par des prédécesseurs de nos gentlemen actuels, et avaient été bercés par les noms très probablement défigurés, mais populaires, des Maekensie, des Tournoi) et de bien d'autres.

Leur curiosité s'était éveillée, et quand on leur annonça que de nouveau les courses allaient avoir lieu sur leur territoire, l'hostilité du paysan contre

lu Parisien se trouva singulièrement diminuée par le désir de voir à leur tour un spectacle qui avait laissé de si profonds souvenirs dans la mémoire des vieux du pays.

L'accord des sporlsmen et des ruraux aurait vraisemblablement dure si la difficulté de Iraitef avec la multitude de propriétaires du terrain n'avait empêché la continuation des réunions; malheureusement, leur nombre était si considérable que l'entente avec chacun d'eux devenait matériellement impossible. Il eût fallu, pour la confection des baux nécessaires, toute une escouade de notaires, et, devant l'amoncellement des paperasses timbrées qu'il eût fallu rédiger, l'abandon de l'hippodrome de la Croix de Berny fut décidé, définitivement celte fois.

Pur . Ordre du Préfet . delense de c irculer sur les l)as cites de la

L'ACCIDENT DE M. TORRANCE

C'est à la Croix de rîerny qu'a eu lieu l'un des accidents qui aient, pendant ces dernières années, le plus profondément impressionné le public des courses. M. Torrance, gentleman américain, dont les succès ne se comptaient plus sur nos hippodromes, et l'un des membres les plus sympathiques de la colonie Paioise, s'était chargé de piloter dans une course ouverte aux jockeys la jument de M. de Madré, empêché par un deuil de la monter luimême. M. Torrance avait pendant tout le parcours gardé sa jument à P arrièregarde, et ce n'est qu'avant le dernier obstacle, à trois cents mètres de l'arrivée, qu'il l'amenait à l'attaque des leaders, passant à la droite du peloton, quand l'un des chevaux culbutant au passage d'un double sillon vint tomber

dans les jambes de sa monture, si malheureusement que les deux chevaux se renversèrent en même temps sur le malheureux gentleman, qui disparut complètement sous cette masse animale, pendant que le jockey, cause involontaire de ce déplorable malheur, projeté à grande dislance, sortait indemne de l'effroyable bousculade.

Pendant un instant les deux chevaux restèrent immobiles, mais quand on les eut relevés on aperçut le corps de M. Torrauce dans une immobilité absolue : en approchant, on pût voir à ses lèvres une légère écume sanguinolente, le thorax était littéralement aplati, et, quoi qu'on fit, il fut impossible de rétablir la respiration. Le malheureux gentleman avait été irrémédiablement étouffé.

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