‹ Sur le turfChapitre 24 sur 42 · IG · texte numérisé non relu

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S lll I.E TL'RF.

aux alentours de l'obélisque dans l'avenue des Champs-Elysées, suivent l'avenue du Dois, gagnent l'avenue des Acacias et pénètrent sur l'hippodrome, après avoir contourné l'enceinte du pesage pour venir se placer en ligne de bataille face aux tribunes.

C'est le momeut de transporter du sommet des drags à la tribune du Club leur élégant chargement.

Opération délicate qui ne va pas sans difficultés : les hautes personnalités qu'il s'agit de faire descendre de ces parages élevés sont souvent plus importantes qu'agiles, et les échelles qu'on adapte aux sièges exigent une précision de mouvements qui reste le privilège de la jeunesse.

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Les vieilles dames auxquelles leur situation de maîtresses de maison considérables a valu le périlleux honneur d'être invitées constatent avec effroi l'infériorité des échelles sur les ascenseurs et ne parviennent le plus souvent à toucher terre qu'après des variations d'équilibre qui nuisent souvent à l'économie de leur toilette; les chapeaux perdent la position savante qu'ils occupaient au moment de la première ascension, et il n'est pas rare, dans celte descente accidentée, que leurs vénérables tibias se trouvent produits dans toute leur étendue aux regards irrespectueux du populaire, toujours sensible à ces révélations involontaires.

C'est alors que s'effectue, sous le feu des lorgnettes du pesage, le passage de la piste : bien des gens qui monteraient à l'assaut avec la plus inébranlable fermeté, se précipiteraient sans hésiter du haut des ponts pour repêcher leurs semblables, arrêteraient au besoin les chevaux le plus sérieusement emportés, les mieux disposés en un mot à mériter les médailles de sauvetage de tous les modules et des métaux les plus variés, se sentent pris d'un véritable malaise à la pensée de défiler à découvert, en plein soleil, sous la batterie de milliers de regards plus ironiques encore que curieux, prompts à saisir le moindre ridicule...

Les plus braves en sont impressionnés et leur attitude s'eu ressent; raide, guindée chez les uns, embarrassée chez les autres, on voit qu'ils se sentent en spectacle et savent que leur public manque d'indulgence,

La journéedes couchs ■ - :i<tliste devenu un simple

Untpé- (l

Tous ont plus ou moins l'air d'attendre le sacramentel « ne bougeons plus » du photographe, et l'on sent que bon nombre d'entre eux, au lieu de continuer à marcher solennellement, préféreraient de beaucoup prendre leurs jambes à leur col, « manière de courir pas commode du tout « , comme dit la chanson, pour diminuer la durée de leur supplice. .. Mais la satisfaction d'être vu en si élégante compagnie fait contrepoids et maintient le cortège à son allure processionnelle... Pendant ce temps la musique militaire fait rage et raffermit les courages ébranlés...

Cependant les hommes d'écurie sont sortis de l'intérieur des coacbs, ont mis habit bas, et s'adonnent aux douceurs d'un pansage exécuté dans les règles de l'art.

SUR LE TTRF.

C'est peul-êlrc le moment le plus pittoresque de eetle journée si complètement sportive.

Les couteaux de chaleur fonctionnent de tous côtés, l'eau ruisselle sur les naseaux des chevaux, sous leurs flancs, à leurs jambes, qu'on éponge à grande eau, pour les essuyer ensuite à grand renfort de serviettes.

Les groupes d'hommes et de chevaux présentent les aspects les plus

imprévus, un enchevêtrement de bras nus et de jambes au poil luisant, de

toutes les nuances connues, avec des reflets à émerveiller

Bodoï et à rendre songeur Princeteau lui-même.

C'est une fête pour un coloriste et, pour tout homme de cheval, un spectacle à ne pas oublier.

Les motifs de croquis abondent, et, pour ma part, je ne connais pas d'endroit où l'on puisse, en si peu de temps, faire plus ample collection de souvenirs.

Peu à peu, tout ce grand mouvement s'apaise, les chevaux abrités du soleil sous leurs couvertures d'attente sont placés à l'ombre des drags, groupés par le hasard, la plupart du temps le plus intelligent.

Les artistes se creusent bien souvent la tête pour inventer des arrangements qui se trouvent là tout faits, et que l'art le plus ingéuieux chercherait pendant de longues heures sans arriver à le rencontrer.

Ce jour-là, il est rare que je sache autrement que par les comptes rendus du lendemain les incidents de course qui ont pu se produire, mais jamais, si imprévus qu'ils aient pu être, je ne regrette l'emploi de mon après-midi...

Les courses finies, l'aristocratique chargement est réintégré sur ses étagères respectives par les mêmes procédés qui ont servi à son déballage ;

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SUR LE TURF : A Al'TEUlL. — LA JOURNÉE DES DRAGS.

D'hallage général. — Chacun emploie, pour descendre, le procédé qui lui parait le mieux approprié au degré d'agilité qu'il se connaît.

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SUR LE TUKF : A AUTEUIL. — LA JOURNEE DKS DRAGS.

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/,? pansage. — Incidents irarii

ITT

parfois d'heureuses substitutions se produisent : des douairières encore épouvantées de tout ce qu'il leur a fallu montrer en descendant de leurs glorieuses banquettes se sont obstinément refusées à une nouvelle ascension, et des doublures moins importantes au point de vue hiérarchique, mais infiniment plus plastiques, ont accepté d'occuper leur place.

Il en résulte qu'un drag médiocrement décoratif à son premier passage se trouve, au retour, bondé de jolies femmes.

Ce sont les profits des spectateurs...

Celte fêle unique, imaginée pour la prospérité de la Société des steeple-chases par son intelligent prolecteur et acceptée d'enthousiasme par ses obéissants coryphées, se trouve placée entre le grand steeple-chase de Paris et la grande course de haies : elle complète le spectacle offert aux Parisiens pendant la grande semaine d'Auteuil.

Sévère, mais juste.

donnerais le cheval à <1 comme vous gagne! louj pal ..,j-,l,-sus de trois.

peal-étre quit

Elle offre au public féminin l'alliait particulier des courses militaires, et le mélange des toilettes priutanières aux nombreux uniformes donne au pesage un aspect tout à fait inusité et séduisant : l'uniforme, quoi qu'on puisse dire, avantage singulièrement ceux qui le portent.

On a beau le simplifier, enlever les uns après les autres les ornemenls qui l'agrémenlaient, la coupe générale subsiste, donnant à la tournure des gens suffisamment découplés une allure dégagée que le costume laïque interdit au plus grand nombre.

On sent que la préoccupation la plus habituelle à nos tailleurs n'est pas de faire valoir d'heureuses proportions naturelles, mais bien plutôt d'arriver à dissimuler des conformations regrettables, de cacher des ligues défectueuses

et d'atténuer des gibbosilés plus ou moins développées par l'usage prolongé d'altitudes professionnelles .

Chacun sait que la forme des organes se modifie par l'usage qu'on en fuit, et l'épine dorsale des bureaucrates constamment courbés sur leurs pupitres ne saurait conserver longtemps une rectitude bien complète : les épaules perdent leur parallélisme, et l'inégalité des omoplates oblige les artistes chargés de mettre en valeur les avantages physiques du sexe laid à des stratagèmes qui ne trompent que les observateurs inaltentifs, qui s'inquiètent

peu de faire la distinction de ce qui est réel ou factice dans le contenu d'une redingote.

On attache généralement plus d'importance à deviner ce que renferme un corsage, et Dieu sait combien, même après un examen qu'on croit suffisamment approfondi, on rencontre de désillusions !

Si simplifie qu'il suit il<* nos jours, L'uniforme conserve sun prestige

Un des principaux attraits de l'hippodrome d'Auleuil lient certainement de la certitude qu'on a d'y rencontrer toutes les personnalités eu vue du monde sportif.

Un provincial curieux de connaître, au moins de vue, tous les héros du Turf, peut eu quelques séances réaliser son désir, car ce ne sont pas seulement les propriétaires d'écurie de sleeple-chases qui s'y réunissent au pesage; — les éleveurs qui leur ont vendu leurs chevaux ont la curiosité de voir comment ils se comportent, et les propriétaires d'écurie de plat, désireux de se débarrasser des chevaux qui ne leur ont pas donné pleine satisfaction, ne sont pas fâchés de se rendre compte de la façon dont les frères aînés de ceuxci, entrés dans la spécialité, ont pris leur nouveau métier; — ils peuvent recueillir dans ce facile déplacement des indications qui leur permettront d'évaluer avec une plus grande précision les animaux dont ils comptent se

Quelle tactique vous deiez suivre? Celle que \ous trouverez la meilleure. Le cheval peut et doit gagner, c'est à vous de savoir comment...

Précieux encouragement. — Si le cheval n'était pas tombé toutes tes lois qu'il a couru ces derniers temps, je vous dirais que vont nez une très bonne chance...

— Puisque le cheval est tombé... !

— Justement! pour qu'il fut sur de gugner, il aurait fullu qu'il fût d'abord bût de ne pas tomber...

SUR LE Tl'RK : A AUTEUIL.

.1/. Ed... Arc... et le colonel B . .t de B...é. — Eu voyant en grande conférence ces deux personnalités sportives, vous pourriez croire que vous allez surprendre un important secret. N'écoutez pas : il ne s'agit que d'uue combinaison pour le retour, et de décider où l'on se etrouvera pour gagner la voiture.

SUR LE TURF : A AUTEl II,.

Consultations complémentaires et consolations an.c convalescents. — Quand il y a, fracture, on sail pour combien de jours oi en a; mais, s'il s'agit d'une commotion, ce n'est qu'après des années qu'on peut avoir la certitude qu'elle n'aura pas île sniles...

SUR LE Tl!Rl' : A Al'TEUU,

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-si!

Chute authentique de M. Halford dans le prix d'hiver, ïï /écrier 18X5, au mur en erre. — Le cheval Virelan, à M. Descliamps, avait la jambe cassée el dut être abattu. Quant au cavalier, sa chute, qui avait paru terrible, n'eut d'autre conséquence qu'une syncope assez prolongée.

défaire el savoir de façon à peu près certaine jusqu'à quel chiffre peuvent s'élever leurs prétentions.

Le personnel des écuries s'y trouve également à peu près au complet.

Entraîneurs et jockeys manquent

rarement à ces réunions, qui

'ikV/jt comptent toujours d'importantes

épreuves pour lesquelles ils ont

souvent un renseignement qu'il

peut être intéressant d'utiliser.

Que ce soit pour un motif ou

pour un autre, tout ce qui joue

un rôle dans le sport se trouve

l '^ës^>- J réuni à la butte Morlemart, et,

j.„, , pie laïque a'obtiendroit pareil «accès. COmiIie le gTOS public aSSeZ claÎP-

semé aux réunions de semaine n'enveloppe pas les personnalités dans des groupes trop compacts, l'examen de ce monde spécial se trouve là singulièrement facilité.

C'est ce qui nous a permis de regarder assez attentivement un certain nombre d'habitués de l'endroit, pour que les autres les reconnaissent dans les croquis disséminés dans ce chapitre.

(prés la victoire, au les petites mitéres aVun homme heureu

Steeple-chose mililairc.

Xous empruntais h M. de Saint-Albin celte définition du mot tuyau, (|iii n„us parait parfaitement juste. Se dit dans l'argot du turf d'un renseignement qui n'est pas le secret de tout le monde, et ipji se donne dans le « tuyau de l'ureille . .

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C'est pas son jour. — T'inquiète doue pas, puisqu'on te fera signe, et, d'abord, quand il gagnera, c'est pas moi qui le monterai... on gueulerait trop !...

Broken-down. - Traduction littérale : Cassé peu' le bas Quand l'accident se produit en fin de course- et n'empêche pas le cheval de <ra<mer ou d'être placé, le jockey est tenu de rester en selle jusqu'à la rentrée] au pesage, sous peine d'être disqualifié h. a Société protectrice dos animaux connaît cet article du règlement, on comprend difficilement qu'elle ne lasse pas campagne pour en obtenir la révision.

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