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LES COURSES

Considérations générales. — Les acteurs. — Leur recrutement. — Elevage et ventes publiques. — Propriétaires éleveurs et propriétaires acheteurs. — Les mécomptes de l'éleveur. — Ah! c'est uu métier difficile. — Etablissements de vente. — Saiut-James. — Le Tattersall. — Dressage. — Entrainement — De l'importance des engagements.

L'ensemble d'un spectacle se compose de deux éléments : la troupe qui l'exécute et le public qui y assiste.

Comme corrolaire de cet axiome, ou peut ajouter que la valeur de chacune de ses parties est proportionnelle l'une à l'autre, et que le public est d'autant plus nombreux que la troupe est plus talentueuse; en un mot l'acteur a le public qu'il mérite : la foule, s'il est éminent, — voyez Coquelin!!! — le désert, s'il est nul! — Ne nommons personne.

Ces vérités admises, le rôle des sociétés de courses est tout indiqué : fournir des allocations suffisantes pour attirer les compétiteurs les plus nombreux et les plus estimés; et c'est ce qu'elles font toutes, poussées par la plus louable émulation.

Les considérables allocations fournies, il s'agit de trouver les chevaux dignes de les disputer : c'est la tâche des propriétaires d'écuries, et chacun

d'eus s'efforce de mettre en ligne les concurrents qu'il croit capables, à tort ou à raison, déjouer les premiers rôles.

Tous poursuivent le même but : fournir le vainqueur des épreuves capitales ; mais, tandis que les uns cherchent à produire eux-mêmes les chevaux incomparables appelés à triompher dans les solennités du turf et accumulent les sacrifices pour améliorer leur élevage, d'autres, mieux avisés, si l'on en juge d'après les résultats obtenus pendant ces dernières années, se contentent

d'acheter tout faits les animaux qui leur semblent les plus séduisants, ou qui, d'après leur origine, paraissent devoir réunir les qualités de vitesse ou de tenue nécessaires pour tenir la tète de leur génération.

Les propriétaires qui ont adopté ce mode de recrutement ont deux façons de renouveler leur effectif.

Les réclamations sur les champs de courses et les achats en vente publique, à Saint-James (Chéri-Halbronn), à Neuilly (Tattersall) à des dates variables, et à Deauville, après la semaine des courses.

L'éleveur a certainement droit à une plus haute considération, au point de vue spécial des services rendus à la race chevaline, que le propriétaire qui se

borne à acheter l'animal tout produit et cherche à confisquer à son profit les bénéfices que sa bonne conformation peut faire espérer ; le premier correspond, dans la hiérarchie commerciale, par exemple, au grand industriel qui construit des usines, crée un outillage onéreux, fait toutes les avances de fonds nécessaires pour fabriquer dans les conditions les plus favorables; le second peut être assimilé au commerçant de délail qui ne risque rien au delà de la valeur des marchandises qu'il se propose de revendre, simple intermédiaire entre le producteur et le consommateur.

Malheureusement, quand l'objet fabriqué est un cheval pouvant, à la suite d'un certain nombre d'expériences publiques qui démontrent sa supériorité, prendre une valeur absolument impossible à prévoir non seulement au moment de sa naissance, mais encore pendant les premières phases de sa formation, il arrive souvent que ce n'est pas à son producteur que profite cette bienfaisante plus-value.

Quand l'éleveur ne fait pas courir, la déconvenue d'une pareille mésaventure n'existe pas pour lui; l'excellence de ce cheval exceptionnel augmente la valeur de ses autres produits, et il rentre dans la catégorie de tout

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producteur dont la fabrication a reçu une récompense exceptionnelle, médaille d'honneur ou décoration.

Cela lui permet d'augmenter ses prix.

Si, au contraire, il est à la fois éleveur et turfiste, et que ce soit pour réduire son effectif qu'il a veudu le cheval hors ligne, quelle suite de désillusions et de regrets il s'est préparée en éliminant le meilleur spécimen de sa production !

A quel degré d'exaspération doit arriver un malheureux propriétaire constamment battu par son propre cheval, perpétuellement classé second derrière lui-même, et réduit à se contenter de la prime réservée à l'éleveur, alors qu'il n'aurait eu qu'à ne pas réformer son cheval pour toucher le montant du prix avec tous les accessoires y afférant!

Le comble de In guigne. — Etre régulièrement battu par le cheval qu'on a éleié et volontairement reformé.

Pour les chercheurs de combles, c'en est un tout trouvé : avoir élevé et vendu à un concurrent le cheval qui bat régulièrement dans toutes les épreuves importantes le cheval que vous lui avez préféré et que vous avez conservé en vertu d'une série de considérations plus judicieuses les unes que les autres sur la construction, les points de force, la profondeur de la poitrine, la largeur des articulations, la puissance des leviers, etc., etc.

Sic vos, non vobis, a dit le poète, c'est vous qui l'avez fait, mais c'est sous votre nez que passe la récompense.

C'est une des déceptions les plus douloureuses du métier d'éleveur, dans lequel elles sont cependant exceptionnellement nombreuses, poulinières

vides, poulains mort-nés, épidémies, morts multipliées, accidents à l'herbage, etc., etc., toutes mésaventures qui ne diminuent aucun dos frais généraux, qui seuls continuent à courir avec une persévérante vitesse.

Je sais bien que ceux dont le haras confine à leur habitation ont le plaisir de voir galoper sous leurs fenêtres leurs yearlings, et que rien ne donne à une prairie une plus joyeuse animation que les ébats d'un nombreux lot de poulains et de pouliches; spectacle agréable, j'en conviens, mais combien

plus coûteux que la loge la plus convoitée à la plus exceptionnelle des représentations théâtrales!

Achat de poulinières, prix des saillies, entretien des boxes, appointements du personnel, frais de voyages pour l'envoi des juments à l'étalon, nourriture, soins vétérinaires, etc., etc.

Le grand avantage d'une pareille entreprise est qu'elle absorbe tout le temps que son fortuné propriétaire pourrait consacrer à la dilapidation de ses capitaux par des moyens plus rapides : séjours prolongés à Monaco, par exemple, ou assiduités régulières auprès de nos plus réussies demi-mondaines.

Quelques-uns mènent de front ces diverses occupations, obéissant à ce lem-

cheval!...

vous le vendre

pérament spécial de viveurs irrémédiablement destinés à devenir de prématurés décavés.

II ne faudrait pas croire que, même affranchi des charges d'un élevage personnel, le métier de propriétaire soit un passe-temps économique à la portée de toutes les bourses.

Pour être pratiqué, je ne dirai pas utilement mais seulement impunément, il demande une somme de qualités dont la réunion ne se rencontre pas fréquemment : une grande présence d'esprit, beaucoup d'activité, énormément de sang-froid, et assez de bon sens pour résister à la tendance que nous avons tous d'attribuer au cheval que nous possédons, fùl-ce la plus médiocre des haridelles, toutes les qualités connues.

— Pour se décaler plus rapidement qu courses, il n'y a que Ja roulette : et ce [ pas toujours elle qui va le plus vite

Les résultats obtenus par une écurie de courses à la un d'une année tiennent souvent moins à la qualité de ses chevaux qu'à l'estimation que le propriétaire a su faire de sa cavalerie. Tout l'art des engagements est là, et tel qui s'est obstiné à faire inutilement courir à ses produits les grandes épreuves, aurait utilement employé les mêmes chevaux s'il avait consenti à les engager dans une société moins relevée.

L'animal vraiment supérieur est une exception, par conséquent une rareté sur laquelle il ne faut jamais compter.

Le talent est de savoir utiliser les sujets moyens, et, pour eu tirer parti, il est indispensable de ne pas garder d'illusions sur leur véritable valeur, et savoir se résigner à les laisser gagner leur prix à réclamer, quand ou les voit incapables de figurer à l'arrivée des grandes épreuves.

Te! brille au second rang qui s'éclipse au premier.

C'est la réflexion d'un sage, et plus d'un propriétaire aurait trouvé sou

compte à la faire graver sur le boxe de son élève favori, dout la carrière de crack manqué aurait pu, avec une moindre ambition, être utile à l'écurie et payer largement sa part d'avoine...

11 serait difficile de décider lequel des établissements de Saint-James ou de la route de la Révolte est le plus pittoresquement installé et le mieux approprié à sa destination.

Pour être impartial, il faut constater que tous deux sont également bien aménagés pour l'installation et la présentation des chevaux.

Le second est plus rapproché du centre, mais le chemin qui conduit au premier est plus agréable, et plus familier aux habitués des grandes ventes. Il y a donc compensation.

Je crois, sans en être autrement sûr, que la succursale de l'établissement Chéri a élé construite sur l'emplacement où l'étalon de feu.Moreau-Chaslon, » le Petit Caporal » , se livrait à ses saillies habituelles.

Spécialement en vue du but qu'il remplit, il est très bien conçu.

Les boxes, suffisamment nombreux, sont vastes, clairs, bien aérés. On peut y examiner utilement les animaux.

Les dégagements sont larges, et les voies par lesquelles les chevaux sont amenés à la tente où les enchères ont lieu sont suffisamment ouvertes

pour éviter l'encombrement et les accidents que les excès de gaieté des poulaius pourraient amener dans un espace plus restreint.

C'est à la fois confortable et élégant.

Le Taltersall a trouvé toute faite son annexe de la route de la Révolte, construite pour les écuries de lord Seymour.

Piste en cercle abritée par des arbres déjà anciens, vastes pelouses, boxes

nombreux, pavillon central pour le service administratif et le logement du directeur.

Tout y est, et il a suffi de dresser un hangar destiné à abriter les acheteurs les jours de vente pour que l'installation fût complète...

Le spectacle, quand quelque animal de valeur incontestée figure au programme, mérite qu'on s'y arrête et qu'on examine avec soin la composition de la chambrée.

Tout le monde sportif est là.

Les journalistes spéciaux, la majorité des entraîneurs, tout un lot d'hommes d'écurie, jockeys, lads et garçons de voyage, puis tous les propriétaires ou

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