‹ Sur le vieux clavier; poèmesChapitre 14 sur 63 · LA DANSEUSE · texte numérisé non relu

LA DANSEUSE

La cadence des soirs fait bouger les étoiles, Elles vont s'enlaçant dans les cieux étonnés Et, sur la terre triste, elles jettent leurs voiles Pour ne plus voir ramper, dans l'ombre, les damnés.

J'aime les mouvements d'une flamme perdue Dans l'azur. — Qui n'a pas possédé la Beauté Lorsque le bal des nuits enivre l'étendue Et que monte l'esprit par une aile emporté ?

C'est pourquoi - sans ennui -j'écoute la guitare Qui mesure ton pas souple et voluptueux, O ma chère danseuse, ô ma belle barbare, Qui sait perdre les grands et réjouir les gueux.

Ta grâce unit la Mort et la Vie - et notre âme, Quand un violon pleure ou que bat un tambour, Suit les inflexions de ton corps qui se pâme ; Déesse, tu nous fais esclaves de l'amour.

La rigide splendeur d'une idole sans âge Et la sérénité des rochers et des monts. Cela n'est rien, quand, une fleur à ton corsage. Tu danses pour tenter les dieux et les démons

SIRENE

O cher amour, mon âme est grise Et, dans un roulis nonchalant, Elle va sous le firmament.

Avide de calme et de brise.

Prête à l'étreinte du néant...

La crépuscule, en robe grise.

Descend sur la cité de fer Et les trompettes de la mer.

Tandis que le jour agonise.

Me hurlent leur chanson d'enfer.

Mais sur la vague qui se brise, Des harpes d'or ont résonné ; Sous le grand ciel illuminé.

Une sirène vocalise Un chant d'amour passionné.

Est-ce Toi que mon âme grise Cherchait ? - Est-ce toi, Volupté ?

Prends mon sang et ma liberté, Ta voix perfide s'harmonise Avec mon désir de Beauté.

Chante, sur le clavier des brises Jusqu'à l'aube qui va venir ; Sirène, tu sais rajeunir Mon rêve et tu le divinises, Et sur ton sein je veux mourir !

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