LES BENGALIS
Us venaient d'une île lointaine Sur qui palpite un ciel divin, Et que vient rafraîchir l'haleine Des vagues et du vent marin.
Tous deux étouffaient dans leur cage, Une cage aux barreaux dorés, Mes deux bengalis, effarés De voir, dans l'azur, un nuage.
Mon âme faisait avec eux, Chaque jour, un pèlerinage Dans la savane où le mirage D'infini remplissait leurs yeux.
Hier, ils sont morts, côte à côte, A l'aube d'un matin blafard.
Sans une prière dévote.
Libérés de leur cauchemar.
J'ai pleuré leurs dépouilles frêles, J'ai pleuré, seul, comme un maudit..
Ah ! pourquoi n'avoir pas des ailes ?
Les oiseaux vont au Paradis...