‹ Sur le vieux clavier; poèmesChapitre 37 sur 63 · LES GENETS · texte numérisé non relu

LES GENETS

La belle fortune, mon frère, Que de trouver sur le sentier L'or des genêts que je préfère Aux rubis du vif églantier.

Cet or qui n'est pas monnayable.

Trésor de poète et de fou.

Je l'aime mieux, moi, misérable.

Que le coffre d'un grippe-sou.

Quand le pêcheur passe et défie Les chiens qui gardent les hameaux, C'est aux genêts qu'il se confie.

Il peut dormir sous leurs rameaux.

A l'ombre jaune d'une grappe, Il s'étend, ainsi qu'un bon loup, Sans avoir insulté le Pape Et sans rêver d'un mauvais coup.

C'est là qu'il attendra sa belle, Une luronne aux grands yeux verts ; Tous deux, sous le ciel qui ruisselle.

Verront les genêts à l'envers.

Et quoique cachés par les branches Vermeilles qui leur font un nid.

Leurs cœurs suivront les voiles blanches Qui vont en mer, vers l'Infini.

Mon frère, si le sort t'affame Viens au pays des genêts d'or, La liberté qui te réclame T'enivrera jusqu'à la mort.

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