LA-BAS
J'ai vu la côte aux flancs meurtris, J'ai marché le long de la grève Où gémissent les tamaris Sous le fouet du vent qui se lève.
J'ai cherché l'oubli, la beauté.
Au cœur d'un rude paysage ; Et, seul, j'ai savouré ma page De silence et de volupté.
Or, en traînant ma lassitude.
Mes cauchemars et mon orgueil.
J'ai trouvé, là-bas^ un cercueil Moins glacé que ma solitude :
C'est un trou, porte de l'enfer, Creusé par la griffe sublime Des vagues, dans le roc de fer, Et qui ne rend pas sa victime.
Quand le moment sera venu, Dans cet abîme de misère, Je jetterai mon cœur tout nu, Inerte et lourd — comme une pierre.
A LA MEMOIRE DE MADAME ARMAND HEINE, EN ÉTERNELLE ET FILIALE RECONNAISSANCE