‹ Sur le vieux clavier; poèmesChapitre 41 sur 63 · A MON FILS CHRISTIAN · texte numérisé non relu

A MON FILS CHRISTIAN

Tu dors, ange blond, sous la terre Lourde, dit-on, pour toi légère.

Fleurissante sur ton cercueil ; Un ange a semé les jonchées De roses à peine ébauchées Par le soleil rouge d'orgueil.

Quinze beaux jours, et tu me laisses Solitaire... avec mes faiblesses.

Pour planer dans les bleus séjours ; Du prisme innocent de ton âme A peine ai-je connu la flamme.

Et m'as-tu fait grand, quinze jours !

Je t'aimais et je t'aime encore.

N'étais-tu pas la blonde aurore De l'avenir triomphateur ?

L'aiglon de mes rêves superbes, Le lys de mes plus belles gerbes, L'oubli de ma propre douleur ?

Et Dieu t'a pris dans son royaume..

Je n'ai qu'un souvenir pour baume.

C'est peu pour notre cœur, enfant.

Mais que sa volonté soit faite, Que sa Bonté, du divin faîte, Descende en mon cœur faiblissant.

Mon fils ! rayon de ma jeunesse, J'ai froid encor, et ma vieillesse Jeune frissonne malgré moi ; Prête-moi tes ailes si blanches, Que j'aie avec Toi des dimanches De soleil, d'espoir et de foi !

Dis-moi qu'à mon âge on oublie Tout le mal, mensonge et folie.

Et que le Ciel n'est pas trop loin !

Notre cœur est si lourd de peine, La route de dangers est pleine.

Et de ton aide j'ai besoin.

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