I. — Diagnostic clinique
1° Diagnostic positif
A.— La période chronique (c'est-à-dire en dehors de tout épisode aigu ou subaigu).
SIGNES FONCTIONNELS. — Les éléments de diagnostic fournis par l’interrogatoire sont les suivants (nous avons déjà dit quelles réserves il convenait de faire relativement à l'interprétation de ces symptômes, qui ne sont pas pathognomoniques) :
1° Constipation habituelle, datant de plusieurs mois, de plusieurs années, voire de l’enfance:
> Douleurs abdominales prédominant dans la fosse iliaque gauche ;
3° Notion de crises antérieures d’occlusion intestinale passagère. Ces crises ont présenté quelques caractères particuliers, que peut rapporter le malade si on linterroge bien: à) prédominance du siège de la douleur à la. fosse iliaque gauche b) absence de vomissements ou bien apparition tardive de ceux-ci. C’est là un fait diffi-
cile à expliquer, mais que l’on trouve mentionné dans
es. hh LOS LE. 3
AU
1 maintes observations, on pourrait l’attribuer au siège de l’obstacle, mais alors pourquoi n’en serait-il pas de même dans l’occlusion si banale du cancer
de- l’Siliaque ? Nous préférons nous borner à signaler | le fait sans l’expliquer]. D'autre part, le fait même À que ces crises d'occlusion se soient terminées par guérison spontanée est un élément de diagnostic, car « de toutes les variétés d’occlusion il n’y a guère que celles É dues au volvulus qui puissent guérir spontanément »
(Delbet).
4 SIGNES PHYSIQUES. — À l’état chronique, le volvulus $ se traduit rarement par des signes physiques bien caractéristiques (1). Le ventre peut être métléorisé, , énorme parfois, mais c’est là un signe de mégacôlon, non de volvulus. Signalons toutefois qu’on a pu cons- 2 tater parfois au toucher rectal, à bout de doigt, une
diminution de calibre, un étranglement de l'intestin.
B. — Lors des phases subaigués.
L'état d’obstruction intestinale est facile à reconnaître. Mais il est important de faire le diagnostic avant d’intervenir. Autrement on est conduit, lorsque le météorisme est considérable, à faire un anus que l’on croit cæcal et qui porte en réalité sur l’anse sigmoïde énormément dilatée. On oblient bien ainsi une évacuation copieuse de matière el de gaz qui peut apporter une amélioration momentanée, mais l'opération est néan.
moins mauvaise.
{1 Voir cependant notre observation n° 3.
lu)
Elle est mauvaise pour deux raisons :
1° Parce que, qu'elle porte sur le cæcum où sur VS iliaque, elle ne met pas fin à l’obstruction due à la
torsion (1).
= 2° Parce qu’elle a, en outre, l'inconvénient, ainsi que
la fait remarquer Jaboulay, (2) de fixer lanse tordue dans sa position vicicuse.
Il s’agit donc de reconnaître l’anse volvulée, ce qui est
- . A è : . Î possible et même facile dans un certain nombre de cas,
lorsque le météorisme ne s’est pas déjà généralisé à tout l'abdomen. l |
L’anse volvulée se voit sous la forme d’une saillie anor-
male qui donne au ventre un aspect dissymétrique, La
déformation classique de Bayer, caractérisée par une voussure oblique allant de la fosse iliaque droite à l’hypochondre gauche n’est pas la seule possible. M. Lardennois à observé récemment l'inverse (3). D’autres fois la voussure est localisée à la région sous-ombilicale. M. le Pr Lecène a vu une fois une saillie médiane allant du pubis à l'appendice xyphoïde, étranglée à sa partie moyenne, en sablier. Tout dépend des dimensions de anse et de son siège. FES ARRETE avis Elle se sent à la palpation, sous la forme d’une masse à contours bien définis, arrondis, sinon dure, du moins tendue, qui correspond à la saillie perçue à l'inspection.
(1) Voir, à la fin, notre observation n° Il, (Mme M.) Ù |
(2) Jasouray. Société Nalionale de Médecine de Lyon, 16 janv. 4911. Volvulus de l'S iliaque traité par détorsion ; les anus contre nature dans cette affection. .
(3) Même constatation d'INGEBRIGSTEN (Lyon Chirurgical, sept. octobre 1919). ©
Elle donne l'impression de plonger dans le petit bassin,
du côté gauche. Elle jouit de quelque mobilité. | Quant aux autres caractères qui sont décrits classique-
ment, ils wappartiennent pas à cette forme subaiguë.
Les gaz pouvant s’évacuer de temps en temps, l’anse
dilatée contient surtout des matières et du liquide. C’est
Pourquoi nous voyons signalée la matité dans quelques
observations qui paraissent bien correspondre au cas
qui nous occupe pour l'instant. (1) De même, Pimmobi-
té d’origine paralytique, qui est le propre des volvulus
aigus avec oblitération vasculaire, est remplacée ici par
du péristalltisme, péristaltisme parfois intense et locali-
sé justement à. l’anse volvulée. Nous citerons, à titre
d'exemple, ce passage d’une observation de Patel
« Quand les douleurs s’exacerbent, on voit se dessinér
l’anse, qui forme une boucle dont le sommet atteint
Pombilic » (2). Nous pourrions en citer plusieurs
autres (3). Il est probable, d’ailleurs, bien que nous n’ayons rencontré aucune observation probante à cet égard, que celte exagération de la contractilité de l’anse sigmoïde n’a qu’une durée limitée et que, par la suite, à une phase d’hyperkinésie succède une-phase d’asystolie.