SÉSEON MAUR 362 8,22 8,21 8,72 LINAS OISE
GHIOERE ste 108 2,45 2,41 »
DO AUTRE 522 eo 12220 1901 BorO etre 70 1,62 1.89 »
AOC : 484 10,91 10,35 »
La composition de ces deux sels doubles semble indiquer que la formule que nous proposons pour les borotungstates doive être doublée. Nous n’avons pas d'éléments suffisants pour trancher la question. Peut-être les deux sels doubles que nous venons de décrire sont-ils des combinaisons moléculaires.
Si l’on tient compte des difficultés que présentent ces analyses, on voit que la formule que nous proposons pour les borotungstates est sinon certaine, du moins établie avec un certain degré de vraisemblance ; pour établir une formule exacte, 1l faudrait pouvoir doser l'acide borique par un procédé précis; or, dans cet ordre de recherches, nous n'avons pas été plus heureux que nos prédécesseurs, parmi lesquels figurent des noms tels que Laurent.
Peut-être faudrait-il doubler la formule que nous proposons, peut-être aussi (mais la supposition nous paraît
hasardée et peu probable), faudrait-il écrire la formule générale de ces sels :
28 Tu O3,16M20,Bo203+ x Aq
(M étant un radical monoatomique), mais cette hypothèse nous parait inadmissible; elle supposerat par nos analyses une perte moyenne de 1 pour 100, ce qui n’est certainement pas.
Nous avons vainement tenté de préparer d’autres borotungstates; en ajoutant à la solution de borotungstate sodique incristallisable du chlorure de potassium, en liqueur bouillante et saturée, 1l se forme par refroidissement un abondant dépôt cristallin qui adhère fortement au fond des vases. Ce dépôt, redissous dans l’eau et soumis à des eristalhisations fractionnées ,nenousa donné que deux produits: 1° du paratungstate de potassium ; 2° un sel aciculaire, en petits prismes hexagonaux, donnant avec l'acide chlorhydrique et le zinc la réaction bleue des tungstates donnant au chalumeau, après addition d’acide sulfurique, la colorauon verte caractéristique de l’acide borique et décomposable à ébullition par lacide chlorhydrique, avec dépôt d'hydrate tungstique. C’est très probablement du borotungstate de potassium : il en à d’ailleurs les caractères extérieurs. Le borotungstate sodique en solution ou le dépôt cristallin obtenu a dû être décomposé; la solution de borotungstate sodique incristallisable n'offre aucun des caractères des paratungstates; quand on l’additionne à froid d’un grand excès d'acide chlorhydrique, il n’y à pas trace de précipités analogues à ceux que donnent les paratungstates solubles en pareille circonstance.
Les borotungstates présentent, en outre, une réaction particulière que nous croyons devoir signaler ; quand on porte à l’ébullition une solution d’un borotungstate, en présence d’un grand excès d’acide chlorhydrique concentré, 1l ne se produit pas de trouble; si l’on vient à
ACIDES BOROTUNGSTIQUES. 21
étendre d’eau froide, le précipité se forme brusquement.
în solution acide étendue, le dépôt d’hydrate tungstique se forme dès que la liqueur a été chauffée quelques instants.
Craignant de ne pas avoir purifié avec assez de soin le tungstate de sodium et l’acide borique qui nous servaientde matière première, et pensant que les sels soumis à l'analyse pouvaient renfermer un peu de silice, nous avons essavé de doser la silice dans les borotungstates, en appliquant la méthode de M. de Marignac (attaque au bisulfate de potassium, etc.). Nous n'avons obtenu que des résultats absolument négatifs; deux analyses conduites avec soin ne nous ont pas donné trace de silice.
TUNGCSTOBORATES.
Le nouveau genre de sels que nous allons décrire est caractérisé par sa très grande stabilité : ils peuvent être évaporés à siccité en présence de l'acide chlorhydrique sans présenter trace de décomposition : le point de départ de la préparation de la plupart d’entre eux est le tungstoborate de baryum, dont nous allons exposer le mode de formation.
Si à la solution de borotungstate sodique incristallisable on ajoute un grand excès de chlorure de baryum (un tiers en poids du tungstate de sodium primitivement employé), il se forme un abondant précipité pulvérulent, Ce précipité s'accroît pendant le refroidissement, 1l se rassemble facilement, el peut être essoré à la trompe. IL faut avoir soin d'opérer en liqueurs chaudes et de verser la solution bouillante de chlorure de baryum dans la solution bouillante de tungstate alcalin. On recueille le précipité pulvérulent, on le lave et on l’essore. On le délaye ensuite dans de l’eau chaude additionnée d’acide chlorhydrique pur (1 partie d'acide chlorhydrique pur pour 3 parties de préci-
pité humide, et 10 parties d’eau), on porte à l’ébullition et l’on évapore à siccité en chauffant au bain de sable pour éviter les soubresauts et les projections : il se sépare de l'hydrate tungstique (20 pour 100, à peu près du poids du précipité). On reprend dans la capsule même la masse désséchée par l’eau bouillante additionnée de quelques gouttes d'acide chlorhydrique, et l’on fait bouillir le liquide pendant une heure environ : on filtre, l’hydrate tungstique reste sur le filtre; et il passe une solution Jaunâtre, qui, très souvent, du jour au lendemain, se colore en violet par suite d'un commencement de réduction dû à la matière même du filtre.
Par un refroidissement de vingt-quatre heures, ce liquide abandonne de gros cristaux octaédriques de tungstoborate de baryum : on peut les purifier très facilement en les redissolvant dans l’eau chaude; la solution chaude abandonne par refroidissement de gros octaèdres basés qui atteignent souvent d'énormes dimensions. Les trop gros cristaux emprisonnent de l’eau mère et sont loin d’être purs: il faut avoir soin de troubler la cristallisation, si l’on veut avoir de bons résultats ; en prenant celte précaution bien simple, on obtient, après deux cristallisations, un sel très pur, dont on peut se servir pour préparer l'acide tungstoborique et les divers tungstoborates.