PROPRIÉTÉS GÉNÉRALES DE L'ACIDE TUNGSTOBORIQUE ET DE SES SELS
Les tungstoborates sont en général bien cristallisés ; ils sont tous très solubles, sauf le sel mercureux, qui est insoluble,et les sels d'argent et de thallium qui sont très peu solubles. À l'exception du tungstoborate de plomb et du tungstoborate de potassium, la solubilité des tungstoborates autres que ceux que nous venons d’énumérer est excessive.
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Ils cristallisent presque tous en solution excessivement concentrée et très dense : aussi ces solutions présententelles une très faible tension de vapeur à la température ordinaire, et leur cristallisation par voie d'évaporation est-elle très lente.
Malgré leur excessive solubilité, la plupart de ces sels cristallisent très bien par refroidissement de leurs solu- UHons saturées à chaud.
La présence de l'acide borique y est aisément décelée par la méthode de Balard (calcination en présence de l'acide sulfurique, dans le dard bleu de la lampe d’émailleur).
La solution d'acide tungstoborique constitue un réactif précieux, permettant de caractériser les alcaloïdes et les peptones et d’en déceler les moindres traces.
Les réactions signalées par M. Scheibler et par M. Lefort ne sont pas caractéristiques de l'acide métatungstique et de l'acide métalutéotungstique, pas plus que de lacide phosphotungstique. L’acide tungstoborique donne lieu aux mêmes phénomènes, et il est presque certain pour nous que la plupart des acides minéraux complexes dérivés de l'acide tungstique, décrits ou à décrire, produisent des réactions analogues. Avec les sels de quinine, l'acide tungstoborique donne un précipité blanc, insoluble à froid dans les acides, de même avec les sels de cinchonine : la réaction est d’une extrême sensibilité et permet de retrouver des traces de ces deux alcaloïdes.
Avec les sels de strychnine, il y a production d’un précipité blanc, légèrement jaunâtre, insoluble à froid dans un excès d’eau ou dans les acides étendus : même chose a lieu pour les sels de morphine et de codéine.
La précipitation des bases organiques est absolument complète pour la quinine et la cinchonine, presque absolument complète, sauf une trace insignifiante, pour la morphine et la codéine. Il faudrait cependant se garder
de généraliser ces conclusions : des substances voisines de celles que nous venons d’énumérer donnent lieu à des réacuons complètement différentes : c’est ce que nous avons pu observer avec les bases que M. Grimaux est parvenu à obtenir en fixant sur le noyau phénolique de la morphine les divers hydrocarbures. Il a eu lPobligeance de mettre à notre disposition ces divers produits (méthocodéine, codéthyline, éthylène-morphine). Avec les sels de codéthyline, ilse forme un abondant précipité jaunâtre, insoluble dans l'acide azotique étendu, soluble à l’ébullition dans ce dissolvant. À froid le précipité se reforme. Avec la méthocodéine, la base seule se dissout et donne un louche qui disparaît par l'addition d’une goutte d’acide azotique. Les sels de méthocodéine ne donnent aucun précipité; par l'addition d'acide azotique étendu, la liqueur devient jaune foncé.
L'éthylène-morphine donne les mêmes résultats que la méthocodéime. ;
Avec les peptones, les solutions d’acide tungstoborique se comportent absolument comme celles d’acide phosphotungstique : il se forme un précipité caséeux, soluble dans un excès de l’acide complexe, insoluble dans un excès d'acide azotique. Cette réaction est tellement sensible, qu’une solution à proportions égales de borax et de tungstate de sodium peut remplacer le réactif de Scheibler.
Acide tungstoborique,
9 TuO, Bo? 0", 2 H20 + 22 Aq.
Cet acide peut s’obtenir de bien des manières : on l’oblient par la concentration et l’évaporation à siccité de la solution renfermant l’acide borotungstique : en reprenant par l’eau, on dissout l’acide tungstoborique. Si l’on traite une solution chaude de borotungstate strontiano-sodique par l’azotate mercureux, qu’on porte à l’ébullition, qu'on
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filtre le précipité et qu’on le décompose après l'avoir soigneusement lavé, par l'acide chlorhydrique, en terminant la décomposition par un courant d'hydrogène sulfuré pour précipiter quelques traces de mercure, on obtient de l'acide tungstoborique et non de l’acide borotungstique. L’acide azotique mis en liberté dans la double décomposiuon détruit le borotungstate mercureux formé.
En traitant une solution de tungstoborate dibarytique, ou de tungstoborate monosodique par l’azotate mercureüx, rassemblant le précipité par l’action de la chaleur, le lavant ‘soigneusement et le décomposant par l'acide chlorhydrique, en ayant soin de précipiter les dernières traces de mercure par l'hydrogène sulfuré, on obtient de l'acide tungstoborique pur.
Le procédéle plus simple pour en obtenir de grandesquantités consiste à décomposer le tungstoborate de baryum tungstoborate dibarytique), par une solution diluée d’acide sulfurique. Comme lacide tungstoborique est fort stable, on peut porter sa solution à l’ébullition et filtrer pour séparer le sulfate de baryum. On concentre ensuite la solution par l’action de la chaleur, et l’on termine l’évaporation dans le vide sec.
Concentrée avec ménagement, la solution d’acide tungstoborique cristallise par simple refroidissement : les cristaux obtenus sont identiques à ceux que donne l’évaporation dans le vide.
Comme la plupart des acides minéraux complexes dérivés de l'acide tungstique, l'acide tungstoborique cristallise en octaèdres quadratiques basés, excessivement voisins de l’octaèdre régulier.
Très rarement, les cristaux ne présentent aucune modification ; presque toujours ils offrent deux bases perpendiculaires à l’axe, ce qui permet de voir qu’ils possèdent la double réfraction à un axe. Nous avons rarement observé de troncatures sur les sommets latéraux.
ES
Calculé. Trouvé,
0 fs ° F