‹ Sur les bancs de FlandreChapitre 4 sur 22 · LA « SAINTE-JEHANNE · texte numérisé non relu

LA « SAINTE-JEHANNE

TEMPS laiteux dans la Manche en cette fin de mars 1915. Exténués, semble-t-il, d'avoir travaillé très dur pendant les tempêtes de l'équinoxe, le vent et la mer sont au repos.

Depuis le matin du 30, la Sainte-Jehanne, maintenant peinte en gris de guerre, suit vers l'ouest la ligne Banc du Colbart-Cherbourg, limite nord de la zone gardée par les chalutiers français. EUe a échangé quelques messages avec les petits postes de T. S. F. des chefs d'escadrille.

Aucune nouvelle de guerre aujourd'hui. Elles commencent de se faire rares. Le temps n'est plus des premiers jours de la patrouille, de cette deuxième

quinzaine de février, de cette première semaine de mars où le poste de sans-fil de la Sainte- Jehanne ne cessait de recevoir de brefs comptes rendus d'engagements ou de sauvetages. 18 février : « Cargo Dinorah torpillé quinze milles nord de Dieppe; chalutiers Hiver et Ailly le ramènent au port. » 23 février : « Inès canonne un sous-marin huit milles ouest-sudouest d'Alprech, trois coups au but; le sous-marin plonge, laissant traînée d'huile. )) 4 mars : « Quatre chalutiers attaquent grand sous-marin. Savoie le canonne à neuf cents mètres, explosions à bord du sous-marin qui plonge. Madeleine le canonne dix minutes plus tard au moment où il fait surface. » 15 mars : « Hiver et Bisson sauvent cargo Highford de Glasgow poursuivi par sous-marin. » Je pourrais citer par dizaines les messages du même genre, parler des chalutiers Saint-Jean^ Afrique II, Suze- Marie, Notre-Dame de Lourdes, et je n'aurais pas fini... Aucune victoire encore. Mais, au vrai, peut-on jamais être absolument sûr d'avoir tué la mauvaise bête? Rien ne ressemble autant à l'explosion d'un obus sur sa coque que le bouillonnement des ballasts qu'elle rempHt en hâte pour plonger. Quant à la fameuse tache d'huile, elle est presque toujours crachée par l'Allemand pour dérouter les chasseurs et leur faire croire à sa mort. Et, bien sûr, pour lui trouer la carapace, il faudrait autre chose que les

pauvres obus de 47, à moins de les tirer à cinquante mètres. La nuit, ou dans la brume, ça peut arriver. Tout de même, l'ennemi, que gênent fort les patrouilleurs de Du Vignaux, cesse de s'ébattre en surface avec l'insolence d'autrefois. Avant la venue des chalutiers, les pêcheurs de Boulogne et d'Étaples ne pouvaient mettre le nez dehors sans rencontrer un ou deux sous-marins. Ceux-ci se méfient à présent. On les oblige à rester en plongée, vidant ainsi les batteries d'accumulateurs qui alimentent leurs moteurs électriques de propulsion. La nuit même, ils ne sont pas tranquilles dans le temps qu'Us rechargent en surface lesdites batteries avec leurs Diesel'. Et les bateaux neutres, lesquels cinglaient volontiers vers nos côtes autrefois sans surveillance, ne peuvent plus à présent naviguer pendant une heure sans tomber sur un de nos Boulonnais qui les arraisonne incontinent. Ces résultats valent l'effort. Et, quand on aura complété cet effort-là en donnant à tous les chalutiers la T. S. F. que seuls possèdent les chefs de groupe, quand on se décidera à envoyer nos propres sous-marins à l'affût entre Étaples et la Bassure de Baas et sur le banc du Vergoyer, on sera bien près de voir les submersibles ennemis abandonner la Manche orientale, devenue trop malsaine. Il faudra continuer de veiQer dur quand même... pour ne plus rien voir hélas ! Le perpétuel « rien de

nouveau » des patrouilles de mer a, n'en doutez pas? grandement aidé à gagner la guerre.

Midi. — Le point place la Sainte- Jehanne à quarante-quatre milles dans le nord 8° est' de Fécamp et à dix-sept milles dans le sud 39° est de Beachy- Head. Informé par le commandant de la Sainte- Jehanne, le chef de division répond : « Merci, Mahéas, mettez le cap sur Fécamp... » et accompagne cet ordre d'un bon sourire. Mahéas, toujours prêt à tous les sacrifices et à tous les dévouements, est pour le commandant Du Vignaux le coadjuteur idéal, je dirais le trait d'union, s'il était besoin d'un trait d'union entre le capitaine de vaisseau et ses hommes.

Virant sur la gauche, la Sainte- Jehanne s'engage dans la zone de surveillance Antifer- Saint- Valéryen-Caux. Sur la mer polie et comme soyeuse, le reflet du ciel d'étain fatigue les yeux. Mais voici venir un banc de brume légère qui approche, roulant sur l'eau, et gagne furtivement l'horizon, qu'il masque d'un voile grisâtre comme le ventre d'un goéland. Un chalutier, dont on aperçoit la cheminée dégingandée et le tapecul triangulaire établi tout comme s'il faisait du vent, s'évanouit soudain, comme retourné au néant. Deux destroyers de coupe anglaise, en route sur Le Havre, émergent de ce néant et, aussitôt absorbés par la nuée basse, laissent sur l'eau une odeur de pétrole qui persiste longtemps

après que leur sillage a disparu. Leur fumée, que nulle brise ne dissout, reste suspendue comme une écharpe noire parmi les voiles gris. De grosses gouttes d'eau tombent une par une en claquant.

A sept nœuds, la Sainte- Jehanne navigue. Sa vigie ne cesse de héler, car elle traverse un champ d'épaves. Au rythme d'une houle d'ouest presque invisible, dernier souvenir des tempêtes récentes, les débris flottants montent et descendent et semblent les seules choses vivantes sous la lumière froide du soleil anémié. Elles vivent et parlent, ces épaves. Elles disent l'histoire lugubre des bateaux détruits. Ce matin, par le travers du Colbart, on a vu de lourds mâts de charge qui flottaient, et qu'un gréement invisible retenait à quelque cargo coulé. Tout autour surnageaient des panneaux décales, des bouées de sauvetage sans inscription. On passait sur une tombe de marins inconnus.

Maintenant, la mer est jonchée de caisses, dont quelques-unes, crevées, ont rejeté des oranges qui émaillent l'étendue grise de mouchetures merveilleuses. Et voici des espars. Doucement, la machine. Tâchons de voir à qui appartenait tout cela. Un gabier attrape dans un nœud coulant un aviron marqué Brier-Rose-Liverpool. Quel feu d'artifice de boules d'or a dû faire jaillir la torpille en explosant contre la coque de ce bateau venant d'Espagne et dont le nom

évoquait les douces floraisons des bruyères d'automne !

Sur le journal de bord on note toutes ces rencontres. Et si, de ce navire, qui portait en ses cales tant de soleil, personne n'a survécu, du moins les bureaux de renseignements tiendront-ils un bout de fil conducteur, dont l'autre extrémité aboutira peut-être au sous-marin ennemi, pour la vengeance...

La Sainte- Jehanne a repris sa vitesse de croisière. Sur la passerelle on entend :

— Non, Mahéas, je ne crois pas que les vapeurs neutres ravitaillent les sous-marins. En vivres frais peut-être. Et encore l'opération risquerait-elle de mal tourner si un torpilleur survenait à toute vitesse. Mais en combustible, non. Les sous-marins sont trop près de leurs côtes pour en avoir besoin.

— Alors, répond Mahéas au commandant du Vignaux, que peuvent bien faire par ici tous ces rôdeurs d'aUure suspecte?

— Ils peuvent très bien servir d'éclaireurs aux Allemands, leur dire où sont nos patrouilles et les avertir de l'approche des navires marchands bons à torpiller. Et je ne serais pas étonné d'apprendre, un jour, que les sous-marins prennent la ligne de file derrière les neutres, en plongée le jour ou en demiplongée la nuit, pour franchir les passes difficiles des bancs de Flandre.

— Dans ce cas, commandant, je vais dire de votre

part à tous les bateaux de veiller le périscope quand ils s'approcheront des neutres.

La conversation se poursuit. Le chef de division sans cesse cherche et trouve des parades aux ruses de l'ennemi. A chaque bout de la passerelle, un veilleur scrute l'horizon. Sur le pont, les gens non de quart, un instant distraits par les épaves, ont repris qui leur travail, qui leur sieste. On a toujours quelque métal à fourbir ou à peindre ou bien des heures de sommeil à rattraper. Sur l'avant, le maître-coq, dont la cotte et le haut bonnet blancs sont les seules touches claires dans l'universelle grisadle, s'occupe, reliefs en main, de parfaire l'éducation acrobatique du chien du bord.

A deux heures moins cinq, comme un rideau subitement levé, la brume s'efface.

— Navire par tribord devant.

A ce cri, toutes les jumelles sont braquées. Distant d'environ quatre mille mètres, le navire est long, mince, très bas sur l'eau. Il file vers l'est à quelque dix nœuds. Un torpilleur peut-être? Mais non : ni mât, ni cheminée...

— Alerte! Sous-marin en vue.

Puis, plus bas, du Vignaux ajoute :

— Gouvernez à deux quarts sur son avant pour lui couper la route.

— A gauche, quinze! commande Mahéas.

Et, sans quitter des yeux l'adversaire, il hurle de confiance :

— Eh bien! les tribordais, voulez- vous veiller dans vos secteurs? Ce qui se passe à bâbord ne vous

regarde pas. Vous savez bien qu'ils sont souvent deux, ces sagouins-là. Pendant qu'on s'occupe du premier, le second vous seringue.

A dix nœuds, la Sainte- Jehanne s'élance, tandis que sa T. S. F. lance le signal d'alerte avec la latitude, la longitude et l'heure. Les commerçants prendront ainsi du tour pendant que les guerriers essaieront de se placer sur la route de l'ennemi.

On aurait, bien sûr, la peau de ce sous-marin-là, s'il pouvait avoir l'heureuse idée de prendre la Sainte- Jehanne pour un paisible cargo. Depuis six semaines qu'elle patrouille, les Allemands n'ont pas dû avoir le temps de la repérer. Les canonniers regardent Mahéas avec des yeux suppliants, mais tirer à présent serait tout gâcher. Dix minutes de patience, et on sera dessus...

Une voix boulonnaise descend du nid de pie :

— Il plonge, ce « monsse » de boche.

Le monstre plonge, en effet, sans se presser. Dans les jumelles, on voit son commandant disparaître dans le panneau du kiosque, dont il rabat le couvercle. Très doucement, la mer monte le long de son bord, projetée en petits geysers d'écume et d'air au débouché des purges des ballasts. Sur son pont, maintenant au ras de l'eau, la houle brise durant quelques secondes. Soudain part de son arrière une grosse bouffée de vapeur, à l'instant où la mer noie le tuyau brûlant par où s'échappaient tout à l'heure les gaz de son moteur de surface. Du Vignaux expUque et, pour l'équipage, Mahéas traduit :

— Regardez bien, mes fils, et tâchez de ne pas prendre tout ce qu'il crache pour des coups au but quand vous tirerez dessus.

Seul, le kiosque se voit à présent, à demi submergé. On dirait un coffre d'amarrage qui ferait

route... Il disparaît. Le périscope dépasse encore, masqué par les crêtes de la houle et démasqué par les creux, puis simple point noir qu'on distingue parce qu'on sait qu'il est là, puis plus rien.

— Attention à la torpille! Les ceintures en place partout.

« Mon Dieu, s'il pouvait attaquer! » pense le commandant du Vignaux.

La Sainte-Jehanne, en alerte, fait des ronds dans l'eàu. Au hasard, car nul ne peut présumer la route qu'a prise l'Allemand une fois en plongée. Les deux bordées cherchent sur l'eau le périscope : vingt centimètres de tube vertical dont l'appsirition fugitive précédera l'envoi des cent trente-six kilos d'explosif de la torpille, lancée à quarante nœuds et à deux mètres de profondeur.

Dix minutes... vingt minutes... rien.

— Remettez le cap sur Fécamp, ordonne du Vignaux.

La Sainte- Jehanne évolue, reprend sa route. Et cette route va la mener droit sur l'ennemi.

— Périscope à tribord devant, à trois cents mètres.

— A toute vitesse, gouvernez dessus.

L'Allemand le montre carrément, son périscope.

Un bon mètre de tuyau noir, dix centimètres de calibre, qui soulève une gracieuse aigrette blanche en fendant l'eau.

— Hausse bloquée. Commencez le feu.

— Envoie dedans, Gourion, traduit encore Mahéas. Le quartier-maître canonnier, ainsi interpellé,

envoie dedans tant qu'il peut. Deux de ses obus de 47 tombent à toucher le périscope. A la culasse, le fusilier Bail bat tous les records de vitesse.

La Sainte-Jehanne charge comme un taureau furieux.

Oh! mais c'est un fou qui le manœuvre, ce sousmarin-là. Le voilà qui fait surface, le nez en l'air, comme feront plus tard les chars d'assaut escaladant les parapets. Tenez : son avant est à fleur d'eau... il commence d'émerger. Voyez, à vingt mètres sur la droite du périscope, surgir l'étrave grise que surmonte la grande scie coupe-filets inclinée vers l'arrière. Regardez le périscope qui chavire sur la

gauche comme le mât d'un bateau qui tanguerait dans la grosse mer... Mais non... Il y renonce... Il change d'idée, il pique vers le fond, l'étrave disparaît, tandis que le périscope chavire en sens inverse et reste penché d'au moins vingt degrés... vingt degrés pointe bas, c'est la plongée « en catastrophe », pour sauver sa peau...

Trop tard, monsieur le lieutenant de vaisseau Wilcker, votre U-37 va crever. Vous auriez bien dû rester chef d'état-major de la première flottille où, dit-on, vous fîtes merveille comme gratteur de papier. Mais vous avez voulu imiter les camarades, couler les navires marchands en tas. Combien en avez- vous envoyé au fond, depuis dix jours que vous avez quitté Héligoland? Quatre? Cinq? Nous ne saurons jamais. L'histoire allemande proclame fièrement : « Plusieurs torpillages réussis » et vous ne reviendrez pas pour nous en dire le chifîre. Vous avez aujourd'hui attaqué un navire de trop, un rude navire. Regardez-le dans votre périscope. Dépêchez-vous, car c'est la dernière chose qu'éclairera pour vous la lumière du jour. Voyez, sur sa passerelle, ces deux officiers très calmes et un peu pâles. On est pâle chez nous quand on sait qu'on va tuer. Et vous êtes assez près du pavillon pour voir ses couleurs, encore qu'il soit tout noirci d'escarbilles. EUes sont propres quand même, les couleurs

de France, elles n'ont jamais couvert le massacre des gens désarmés. Et voici que vous lui montrez les vôtres. Inutile, il est fixé.

La Sainte- Jehanne n'a plus que soixante mètres à courir à l'instant que le sous-marin crève la surface avec son arrière, montrant son gouvernail et le pavillon dans le blanc duquel on distingue, une seconde, la croix noire germanique, puis qui retombe comme une loque mouillée le long de la hampe de fer.

Toutes les eaux de la Manche et de l'Atlantique ne pourraient, monsieur Wdcker, laver la tache de sang de votre pavillon. Mais, voyons, dites-nous vite comment vous avez été assez maladroit pour vous mettre ainsi sous l'éperon des Français. Vous savez bien qu'en piquant vers le fond, avec vingt degrés de pointe, votre arrière est forcé tout d'abord de remonter de la quantité exacte dont votre avant s'enfonce. Et justement le Français gouverne sur votre arrière... Vous croyiez avoir le temps de gagner l'immersion de sécurité? Vous manquez dangereusement de coup d'oeil. Ou peut-être ce bateau d'allure pacifique, qui a soudain fait tête, vous a-t-il troublé les idées... Vous allez payer ce trouble-là en recevant sur les reins les six cent trente tonnes de la Sainte- Jehanne, six cent trente mille kilos lancés à six mètres par seconde et poussant vers vous une

étrave fort coupante. Paix à vos cendres ! La croix noire d'Allemagne est sur votre tombeau.

La Sainte- Jehanne passe. L'arrière du sous-marin est sous sa quille, le périscope, toujours visible, à moins de dix mètres par son travers...

Pas un choc... Pas une secousse... A-t-on rêvé?

Pourtant, du panneau de la machine sort une face, noire de charbon et d'huile :

— Commandant, on a dû tosser quelque chose. La machine a presque stoppé pendant un moment.

Autour du bord, la mer prend soudain toutes les teintes de l'arc-en-ciel. Des flots d'huile viennent en surface.

Cette huile qui ne prouve rien...

— La barre à droite toute. Machine le plus doucement possible. Restez sur la flaque et veillez bien autour du bord.

Mais rien ne surnage que la nappe visqueuse. Bientôt, elle se déchire en chifi'ons irisés.

— Nous l'avons eu, commandant, affirme Mahéas.

— Je le crois, répond le capitaine de vaisseau, mais comment s'en assurer? Aucun débris ne flotte. Oh! je sais bien qu'on n'a rien vu quand la malle de Boulogne a coulé le Pluviôse et quand le Saint- Louis a éperonné le Vendémiaire. Je sais que ni le paquebot, ni le cuirassé n'ont ressenti la moindre secousse. C'est égal, j'aurais aimé avoir à bord quel-

ques bonnes grenades de trente-cinq kilos. Alors, nous serions sûrs.

— Mais, commandant, le bateau a besoin de passer au bassin. En cale sèche, nous verrons bien si notre coque est renfoncée.

— Mahéas, nous n'avons pas le temps d'entrer au bassin à présent. Nous avons mieux à faire. Patientons.

L'équipage, lui, triomphe, certain d'avoir tué la bête. Celui qui oserait émettre un doute aurait, comme on dit à Boulogne, « des durtes à souffrir et arcevrait une sacrée maque sur la figure ».

L'équipage a raison. Lorsque, le 26 mai, la Sainte- Jehanne est mise à sec sur le dock de Boulogne, elle trouve le récit de l'abordage buriné dans l'acier de sa carène basse et sur sa quille coupante.

Malgré quoi, la citation décernée au capitaine de vaisseau du Vignaux dit seulement que la Sainte- Jehanne a abordé légèrement un sous-marin.

J'avoue ne pas comprendre...

Des marins à l'esprit porté vers la critique affirment qu'on a toujours tort de s'en tirer sans avaries...

On peut, simplement, affirmer que la marine française n'avoue pas facilement ses victoires. Mais, s'il est encore des sceptiques, je les renvoie à l'historique officiel allemand, lequel écrit que l't/-37, parti le 20 mars 1915 d'Héhgoland, a disparu après avoir

franchi le Pas de Calais, abordé par un vapeur et coulé dans l'est de la Manche.

Je sais, hélas ! bien des commandants et bien des équipages de patrouiQeurs obscurs qui jamais ne sauront s'ils ont vaincu. Car l'Allemagne n'a pas voulu publier l'histoire de sa guerre sous-marine au delà de l'hiver 1915-1916. Trop d'horreurs à raconter peut-être, ou bien crainte de dévoiler des méthodes qui pourront resservir...

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