‹ Sur les bancs de FlandreChapitre 6 sur 22 · CANONS ANGLAIS · texte numérisé non relu

CANONS ANGLAIS

23 août, 3 heures du matin,

T'aube approche. 1^'' Oriflamme et le Branlebas sont revenus dans le West-Diep. Derrière eux, ^ plus un bruit. Les éclairs paresseux d'un projecteur allemand balaient un instant la mer, derniers clignements d'yeux des défenseurs que le sommeil gagne. Ils s'éteignent bientôt. La côte est endormie. La lune, elle aussi, se couche, la houle tombe, la brume légère qui précède la venue du jour commence de traîner sur la terre et sur l'eau.

Gagnons le large. Regardez entre le West-Hinder et le banc de Bergues. Sur la mer grouille une étrange cohue. Trois grosses ombres, entourées de fantômes minuscules, se trament vers l'est. Autour de cette armada silencieuse et sans feux, des silhouettes

efl&lées vont, reviennent, zigzaguent comme des chiens en quête. Il y a là plus de cent navires, toute une flotte serrée, qui rampe à toute petite vitesse dans l'obscurité. Sans signal, parfois, tous appuient ensemble sur la droite ou sur la gauche. Une escadre bien entraînée est seule capable de si belles évolutions. Mais les escadres anglaises sont à Scapa- Flow, dans les Orcades, et les Allemands ne sortent jamais. Les voyez-vous, se traînant à 5 nœuds entre la côte d'Angleterre et la Belgique? Le cortège gagne vers la côte belge. Le clapotis léger des courants de marée raclant les bancs de Flandre commence de se confondre avec les mille ondulations entrecroisées du sillage des arrivants.

Le ciel pâlit. Une bande pourpre embrase l'horizon de l'est. Elle gagne en hauteur, et la côte commence de se profiler en découpures nettes sur le fond lumineux. Ostende est sur la droite de la flotte bizarre et, droit sur son avant, pointent les cheminées d'usines de Zeebrugge, coifl'ées d'un nuage qu'aucune brise ne dissipe ce matin. Au large, l'horizon reste brumeux. La fumée des bateaux roule parmi les vapeurs de l'aube.

Les plus imposants de ces cent navires sont trois monitors, énormes et étranges. A partir et au-dessous de la flottaison, leurs murailles s'épanouissent dans l'eau, tribord et bâbord, en deux énormes bour-

souflures que les Anglais ont baptisées bulges, ce qui veut dire « ventres », et, ces ventres-là, les monitors les portent sur leurs flancs. On dirait que la partie immergée de leur carène souffre d'une double fluxion. Sur leur pont est posée une grosse tourelle qui projette, par son embrasure, deux canons jumeaux de trente centimètres.

Ils déplacent six mille tonnes et calent tout juste trois mètres d'eau, ce pour quoi ils se moquent des mines, mouillées trop profondément pour les effleurer. Ils n'ont davantage cure des torpilles, lesquelles ne sauraient éclater que contre la paroi des bulges, laissant intacte la vraie coque, la coque intérieure qui enferme chaudières, machines et tout le tremblement. Ces monitors prétendent filer huit nœuds, mais ne leur en demandez pas plus de six. Aussi servent-ils de cible aux facéties des destroyers d'escorte, lesquels s'amusent insolemment à en faire le tour en pleine navigation, jusqu'au moment où un signal hargneux les rappelle au respect que les bateaux de six cents tonnes doivent à ceux de six mille.

Le Lord-Clive, le Sir- John- Moore et le Prince- Rupert, tels sont leurs noms, vont bombarder Zeebrugge.

Voyons, c'est fou... Voilà des bateaux qui vont défiler à six nœuds devant un nid de submersibles!

Ils n'ont pas une heure à vivre. L'attaque sousmarine peut et doit venir.

Mais non. Regardez le quadrille extraordinaire que dansent les autres navires autour des trois monitors. On dirait l'émoi d'une fourmilière sou-

dain bouleversée. Des dragueurs de mines ratissent le fond, des destroyers tournoient, et quatre-vingts chalutiers mettent à l'eau chacun six cents mètres de filets. Tant et si bien qu'au bout de vingt minutes, le Lord-Clive et ses deux compagnons sont entourés par une barrière invisible de mailles d'acier que les chalutiers remorquent. Filets farcis de mines et filets indicateurs, tous mortels pour les sous-marins. Au milieu de cette enceinte, les monitors vont

tirer comme à rexercice. De leurs canons qui semblent d'immenses télescopes visant les étoiles, jaillissent les premiers éclairs rouges et les nuages noirs de la cordite. Ils tirent sur les écluses, les ateliers, les bateaux mouillés dans les canaux. De tout cela, ils ne peuvent rien voir : le grand môle en faucille de Zeebrugge masque tout.

Mais quels sont ces signaux lumineux qui semblent partir de terre? L'amiral Bacon a simplement installé, à toucher la côte, deux îlots factices, microscopiques et surpeuplés, deux plates-formes de quatre mètres carrés portant chacune deux officiers, deux hommes et tout ce qu'il faut pour signaler les écarts des coups et rectifier le tir. Le tout est perché au sommet de trépieds en rails de chemin de fer, si bien agencés qu'à pleine mer, — • en ce moment la mer est pleine, — l'ensemble émerge d'un mètre tout juste.

Ce matin, à l'instant que la côte s'est endormie, deux cargos sont allés tranquillement mettre en place ces trépieds.

Les batteries ennemies ripostent en vain. Les monitors sont trop loin. Et les Allemands ne voient pas les plates-formes d'observation, trop petites. Aucun sous-marin ne se risque. Ils aiment mieux s'adresser aux paisibles navires marchands.

Deux heures s'écoulent ainsi. Tir terminé. Demitour. Un signal et, dans un ordre parfait, chaciin

passe du poste d'attaque au poste de navigation. On rembarque les trépieds sous le feu nerveux des Allemands, qui ont fini par les voir. Puis l'armada met le cap sur l'Angleterre. A Zeebrugge, des bateaux et des dragues sont au fond, des écluses ont souffert, des usines sont démolies. Les Allemands commencent d'enterrer leurs morts. Les Belges se cachent pour rire à leur aise.

Ce bombardement, d'aspect si facile, est un admirable travail. Voici pourquoi.

Vous venez de voir quatre-vingts chalutiers naviguer, évoluer, tenir leurs postes comme des navires d'escadre. Eh bien, jusqu'à l'arrivée de Bacon à Douvres, ces bateaux-là, échelonnés avec leurs filets à la traîne, entre les bancs de Flandre et la côte anglaise, se contentaient de se laisser dériver avec les courants de marée, attendant tranquillement que quelque Allemand maladroit se prît dans leurs mailles.

Un beau jour, l'amiral Bacon s'est mis en tête que les vieux patrons pêcheurs commandant les chalutiers pourraient manœuvrer en ordre serré. Ce fut un beau bouleversement. Il fallut faire la classe aux vieux mangeurs d'écoutes. Campé devant un tableau noir, un officier de la Marine royale, rasé, correct et élégant, dévoila les mystères des lignes de front, de file et de relèvement, de l'ordre en colonne, des mouvements tous à la fois ou par

la contremarche, à toutes les faces tannées et hirsutes, aux oreilles ornées d'anneaux d'or, à tous les barbus qui, boudinés pour l'occasion dans leur uniforme, avaient presque tous l'air de bouledogues

sanglés dans des paletots de chiens pékinois... Mais quels yeux dans ces rudes figures ! Des yeux qui flambaient de lucidité heureuse. Pas besoin de longues démonstrations. Le moins expérimenté de ces gens avait vingt ans de navigation dans la mer du Nord. En deux mois, le tour de force était accompli. Durant ces deux mois-là, l'estuaire de la Tamise,

aux environs du Middle-Deep, semblait terrain réservé à quelque prise de vues cinématograpliiques. Sur la côte se dressaient des édifices de lattes et de plâtras, des cheminées de bois entoilé. Un môle courbe s'avançait en mer là oii n'existait aucun port. Gravement, des monitors bombardaient le décor aussitôt rebâti.

Simplement, l'amiral Bacon préparait son tir. Répétitions de la pièce dont je vous ai montré la « première ».

Quel auteur et quel metteur en scène! Ténacité, imagination, audace : ces trois mots définissent l'amiral. Quelle audace ne faut-il pas, en eflfet, pour lancer à six nœuds cette flotte vers la côte belge ! Imaginez une force allemande pareflle venant se promener, deux heures durant, devant Douvres ou devant Dunkerque. Hélas! jamais l'ennemi n'ofîrira pareil objectif à nos canons... Supposez seulement six torpilleurs allemands bien commandés surprenant le cortège anglais, lourd et lent, pendant sa descente vers le Sud... Bacon y songeait. Il savait quel désastre eût été pour lui une telle rencontre, mais cette idée ne l'arrêtait point, car, à sa ténacité, à son imagination et à son audace, l'amiral ajoutait un mépris profond et raisonné pour l'adversaire, mépris justifié par les résultats.

Il faut maintenant attaquer Ostende, l'autre

tanière. Zeebrugge n'est que l'orée du canal qui mène à Bruges. Ostende est un \Tai port, et le port est en pleine ville : maisons à droite, maisons à gauche, serrées à toucher les quais, maisons qu'habitent des Belges souflfrant assez du contact de la bête pour qu'on leur épargne les projectiles perdus. Comment faire? Les Allemands ont mouillé leurs bateaux de guerre au beau milieu du port. L'amiral Bacon aimerait mieux laisser les sous-marins et les torpilleurs ennemis vivre et proliférer à Ostende que de tuer les sujets du roi Albert.

Plus encore qu'à Zeebrugge, il faut un tir absolument précis. Et les Anglais ont en mains beaucoup moins d'atouts. Plus d'espoir en la surprise. Depuis l'opération du 23 août contre Zeebrugge, les Aviatiks et les Albatros montent la garde au-dessus des bancs de Flandre... Et les défenses côtières sont formidables. On n'en connaît que la batterie Hindenburg, quatre pièces de 32 centimètres qui tirent à seize kilomètres. Il y en a sûrement d'autres.

Fin août, les Anglais sont prêts. Pas de temps à perdre : les bombardements de précision sont jeux d'été, il leur faut brise nulle et mer plate, temps de demoiselle qu'entre octobre et juin on ignore sur les bancs de Flandre. L'état du temps est un facteur que négbgent volontiers les critiques et donneurs de conseils qui travaillent sur la carte, bien à l'abri.

Septembre même n'est qu'à moitié favorable. En Belgique commencent les gelées blanches et les belles écharpes matinales de gaze brumeuse, qui s'accrochent aux arbres dont la verdure déjà jaunit. Le soleil est trop faible pour sécher ce brouillard dès le petit matin. Et les canonniers risquent de chercher en vain le point remarquable, phare ou cheminée, qui doit guider leur tir.

Après quelques faux départs, l'amiral Bacon appareille le 6 septembre au soir. Il fait beau. La mer n'est troublée que par les mille sillages de la flotte qui se paumoie dans l'obscurité, refoulant le courant descendant de la mer du Nord.

7 septembre. — Le jour se lève. Sur l'horizon rose se dessinent les blocs cubiques des grands hôtels et les dômes du kursaal d'Ostende. Des clochers pointent dans le ciel.

L'escadre est au complet. Leur balayage terminé, les dragueurs de mines se dispersent. Les chalutiers prennent du champ pour tendre leur rideau protecteur autour des quatre monitors : Lord- Clive qui porte l'amiral Bacon, Generaî-Craufurd^ Sir-John- Moore et Prince- Rupert. Les pièces sont à l'angle, la première salve va s'envoler...

La brume...

De la mer, soudain, monte une vapeur argentée. Elle voile d'abord le ruban jaune de la plage, puis

submerge, comme une marée rapide, le grand mur incliné reliant la digue interminable aux sables du rivage. Elle gagne encore et noie le pied des maisons. Elle monte, les toits s'effacent. Bientôt n'émergent plus que les tours de Saint-Pierre et de Saint- Joseph, la tour pointue de l'Hazegros et la tour de Slykens, balises perdues sur l'océan cotonneux. Et ce brouillard, qu'on dirait complice de l'ennemi, n'enveloppe que la côte. Au large, tout est clair. « Mouillez tous à la fois », signale le Lord-Clive. La fuite de cent chaînes d'ancres à travers cent écubiers roule comme un tonnerre étouffé. On attend... Les destroyers commencent une ronde silencieuse et protectrice, autour des bateaux immobiles et tout proches de l'ennemi qui n'a rien vu, rien entendu... Deux heures perdues. Toujours le linceul blanc. Bacon décide d'aller chercher la clarté vers l'Ouest. Les monitors appareillent avec la foule. Seuls demeurent, isolés devant le grand mur opaque, les trépieds d'observation. Leurs hommes trouvent l'attente longue et la plaisanterie amère...

Les cloches des bateaux piquent onze heures. Voici enfin une distraction. Des avions allemands bourdonnent et l'on va rire un peu. Contre des navires en marche, même à l'allure ridicule des monitors, ces oiseaux-là n'ont jamais rien fait de sérieux... Leurs bombes vont tomber à l'eau, tandis que nos

canons anti-aériens vont pétarader un bon coup, sans plus de résultat. Voici les avions presque sur notre verticale. Ils descendent en vols circulaires, et la grêle tombe devant, derrière, à droite, à gauche, jamais au but... Tiens! Voici pourtant que claque une détonation plus sèche. Sur le croiseur Attentive^ un éclair rouge, une fumée noire, puis un signal : « Deux tués, sept blessés, un canon de 10 démoli. » L'aviateur qui a fait ce coup -là peut se vanter d'avoir ^e la chance. Ce genre d'exploit : toucher un bateau anglais en pleine marche, est le premier, et restera unique dans les fastes de l'aviation allemande. Le communiqué va sûrement parler d'un dreadnought coulé, car, au retour, l'escadrille volante signalera toute la flotte britannique en croisière devant la côte belge.

Cependant, les équipages anglais déjeunent sans se soucier des bombes qu'un deuxième groupe ennemi sème sans compter sur la mer jolie. Les gens des chalutiers pestent de ne pouvoir stopper un instant pour ramasser les poissons qui flottent, le ventre en l'air, victimes des explosions.

Une heure. — La brume s'efîiloche en haillons blancs qui paraissent hésiter un instant comme s'ils voulaient se recoudre, puis se dissolvent dans une transparence miraculeuse. A vingt kilomètres d'Ostende, on pourrait compter les fenêtres. Et, bien

sûr, les Allemands dénombrent sans peine les bateaux de l'amiral Bacon. Pour les mieux voir encore, voici qu'un ballon captif monte sans se presser dans l'est de la ville. Une autre saucisse montre son gros dos jaune derrière les dunes, entre Ostende et Blankenberghe, puis s'enlève et s'arrête en plein ciel, sa laisse raidie. Puis trois autres encore.

Le Lord-Clive envoie sa première salve et, suivi de ses trois compagnons, appuie vers la terre jusqu'à dix-huit mille mètres. C'est trop près, beaucoup trop. Dans l'est et dans l'ouest d'Ostende, d'énormes nuages noirs roulent soudain en volutes lourdes au-dessus des dunes : les batteries allemandes sont en action. Autour du General- Craufurd, la mer, comme crevée par une surpression intérieure formidable, crache vers le ciel des colonnes d'eau qui dépassent les mâts. Le monitor n'est pas encore touché, mais les salves l'encadrent. Diable! on disait pourtant que la batterie Hindenburg, la plus puissante, ne tirait qu'à seize mille mètres...

Pas de risques inutiles. Le Lord-Clive signale de s'éloigner jusqu'à vingt mille mètres et donne l'exemple. Les Allemands ont dû distinguer son pavillon d'amiral, car c'est de lui qu'ils s'occupent avec une insistance gênante, tandis qu'il prend du champ à son allure de tortue. Dix minutes pour

faire deux mille mètres! La canonnade ennemie est méthodique et bien ajustée.

La première salve, trois heures cinquante, déracine un canon de 47 millimètres du Lord-Clive et le lance sur le spardeck du monitor. Au passage, la pièce fauche des hommes. Le bulge tribord, joints froissés, commence de suinter. Un bloc de poulies de signaux, décroché du mât, assomme le capitaine de frégate Norman Carter, commandant du Lord-Clive, tandis que les drisses prennent au lasso et manquent d'étrangler le capitaine de vaisseau Bowring, chef d'étatmajor de l'amiral Bacon. Et la séance se poursuit. Toutes les deux minutes éclate dans l'air un concert de sifflements effrayants, parfois mêlé du hurlement bizarre et discordant d'un obus qui a ricoché et continue sa route, chaviré sur sa trajectoire. Cinq salves ennemies en dix minutes. Cette batterie tire trop vite et trop bien. L'amiral Bacon hisse le ralliement général et bat en retraite.

Alors commence la fuite des quatre monitors paralytiques. Ils se sentent tout nus, chétifs, désarmés, et s'en tirent par miracle. La batterie Tirpitz, qui vient de se révéler et qui les a escortés de ses obus jusqu'à vingt mille mètres, pourrait tirer à treize mille mètres plus loin. Pourquoi a-t-eUe cessé le feu plus tôt? Mystère...

A présent, l'ennemi s'intéresse aux chalutiers

anglais et leur fait l'honneur des gros calibres. Les avions s'en mêlent, et ça grêle dur... Allons, les gars, l'amiral vous rappelle, sauvez-vous vite.

L'amiral Bacon peut signaler ce qu'il voudra. On ne se sauvera pas avant que le dernier filet soit rentré. C'est un point d'honneur pour ces braves. Lentement les treuils, crachotant la vapeur par tous leurs joints surmenés, halent à bord les grands réseaux de mailles en fil d'acier. Par bonheur, personne n'encaisse. Le halage fini, les chalutiers se reforment en ligne correcte, beaupré sur poupe, comme on le leur a appris.

En ce 7 septembre 1915, la terre a été la plus forte. Les bombardements se succèdent ainsi avec des fortunes diverses.

J'en pourrais conter des dizaines, car l'amiral Bacon attaquera désormais chaque fois qu'il fera beau, ce qui représente en vérité bien des semaines d'attente devant un baromètre obstinément bas, et bien des appareillages inutiles. Je pourrais vous dire comment, le 24 septembre 1915, un obus allemand coula le yacht armé Sanda, tuant net son commandant, le capitaine de corvette anglais Gartside Tipping, lequel avait repris du service à soixantedix ans... Je pourrais vous montrer les progrès extraordinaires de l'attaque et de la défense, les monitors toujours plus gros, armés de pièces toujours plus

fortes, les avions et les ballons captifs remorqués remplaçant les trépieds d'observation, l'emploi des écrans de fumée par les deux adversaires.

Sachez pourtant que, dès la fin de 1916, l'amiral Bacon renonce à sa barrière mobile de filets. Les sous-marins ennemis ne sont pas dignes de ce luxe de précautions; ils n'osent pas attaquer les navires de combat.

Page 1