tJ9.U
lUO
'Le cegfé d'ouverture relative de Tangle frontal est au maximum chez les Parisiens, au minimum chez les nfegres; la différence entre ces deux populations extrêmes est assez exactement de 2 pour 100. Or, il est clair que sous ce rapport les Basques s'écartent des Parisiens presque autant que les nègres eux-mêmes, puisque la différence entre eux et les Parisiens est \ ,63 pour cent.
L'étude des rayons auriculaires nous permettra de compléter ce parallèle et de constater chez nos Basques un caractère qui contraste d'une manière remarquable avec ceux que nous connaissons jusqu'ici. Ce caractère existe non pas sur le crâne, mais sur la face. Au lieu de ce développement exagéré d'avant en arrière qui constitue le prognathisme et qui existe à un si haut degré chez les nègres,
les Basques oiit la face moins saillante en avant du crâne que les Parisiens eux-mêmes. En d'autres termes, ils sont plus orthognathes que ces derniers, ce qui est dû à la fois à la saillie du nez et de la bosse nasale, et à la petitesse de l'arcade dentaire supérieure. Lorsqu'un crâne européen repose horizontalement sur une table, le point médian du bord alvéolaire du maxilaire supérieur est presque invariablement situé en avant de tous les autres point de la face. Une équerre appliquée sur la table peut être poussée jusque sur ce point médian sans que sa branche verticale soit arrêtée par le squelette du nez. Chez les Basques, au contraire, il arrive très-fréquemment que l'épine nasale inférieure, le vomer ou les os propres du nez font saillie en avant du niveau du point alvéolaire. Sous ce rapport, par conséquent, loin de se rapprocher des Africains, les Basques s'en éloignent plus que les Européens avec lesquels nous les comparons. Le rayon maxillaire est donc à son maximum chez les nègres, et à son minimum chez les Basques. Le rayon inial, qui aboutit à la protubérance occipitale externe est également à son minimum chez les Basques, et on ne s'en étonnera pas, si l'on songe que la saillie de la protubérance occipitale fait partie de ce rayon, que la protubérance des Basques ne fait absolument aucune saillie dans la moitié des cas, et qu'elle est en moyenne très-petite dans les autres cas. Le rayon sous-occipital, presque le même chez les Parisiens et chez les nègres, est un peu plus petit chez les Basques, dont la région cérébelleuse, comme je l'aidéjà dit, est relativement petite. Sous le rapport de leurs autres rayons, les Basques sont intermédiaires entre les Parisiens et les nègres.
C'est ce que montre le tableau suivant :
" 58 — rait donc pas praticable. Quelques crânes, trouvés dans les diverses contrées où les anciens Celtes se sont répandus, et extraits de sépultures celtiques qui ont paru authentiques, ont permis de ranger les Celtes parmi les races dolichocéphales. Mais ces crânes ne sont nulle part réunis en assez grand nombre pour servir de base à des relevés statistiques, et ils sont d'ailleurs le plus souvent mêlés à d'autres crânes qui n'ont été déclarés celtiques qu'à cause de leur forme allongée.
J'ai donc eu recours à un procédé indirect qui m'a paru suffisamment rigoureux pour le but que je me proposais. Lorsque j'ai fait ce travail, je ne connaissais pas l'hypothèse de M. Pruner-Bey sur l'origine celtique des Basques de Z... Mais je m'étais posé une question plus générale, en me demandant si les dolichocéphales de Z... étaient de même type que les autres dolichocéphales de l'Europe. Je ne m'occupais pas des Celtes en particulier, pas plus que des Kymris ou des Germains. Tous ces peuples, venus successivement de l'Asie, et parlant des langues de même origine, appartenaient sinon à la même race, du moins à des races très-voisines. Tous étaient dolichocéphales, et l'on a admis jusqu'ici que tous les dolichocéphales de l'Europe sont leurs descendants. Partant de cette idée que les Celtes, premiers conquérants asiatiques, avaient trouvé sur notre sol une race brachycéphale, et que, dans la région où est aujourd'hui Paris, cette race autochthone, mêlée d'abord aux Celtes, plus tard aux Kymris et enfin aux Germains, avait acquis, par suite de ces mélanges successifs , un type céphalique intermédiaire entre son type primitif et celui des peuples indo-européens, je me suis dit que les habitants de Paris, quoique moins dolichocéphales que leurs ancêtres asiatiques, devaient offrir en moyenne un type dedolichocéphalie atténué, mais de même nature que celui do. ces derniers ; je me suis dit que les proportions relatives du crâne antérieur
et du crâne postérieur, chez les Parisiens, devaient se ressentir de l'influence des races à dolichocéphalie frontale d 011 ils sont issus en grande partie; et j'ai pensé qu'un parallèle entre les crânes de Z..-. et les crânes de Paris permettrait probablement de reconnaître si la dolichocéphalie des Basques était imputable, comme celle des Parisiens, à l'influence des races asiatiques.
Ce travail pouvait me conduire à l'un ou l'autre des deux résultats suivants : ou bien la dolichocéphalie des Basques de Z... présenterait le type frontal à un degré égal ou supérieur à celui qui appartient aux crânes de Paris, et alors il y avait lieu de se demander, comme le fait M. Pruner- Bey, si nos Basques n'étaient pas issus d'une race indogermanique ; — ou bien la dolichocéphalie des Basques serait due surtout au développement du crâne postérieur, comme celle des peuples d'Afrique, et alors il devenait extrêmement probable que cette dolichocéphalie occipitale, essentiellement différente de la dolichocéphalie frontale des Indo-Européens, était un fait primitif, ou du moins indépendant de l'irruption des peuples asiatiques sur le sol de l'Europe occidentale.
On va voir que cette dernière conclusion est celle qui découle de mes relevés comparatifs.
Les 384 crânes parisiens du musée de la Société, divisés, comme on sait, en plusieurs séries correspondant à des époques très-différentes, ontété,'comme nos crânes basques, soumis à des mesures d'ensemble et à des mesures partielles. On a vu, dans ma communication précédente, que la capacité moyenne des crânes est plus grande chez les Basques que chez les Parisiens (voyez Bull, de la Soc. d'Anihropol., t. III, p. 587, 18 déc. 1862) ; on ne sera donc pas étonné d'apprendre que les mesures d'ensemble sont plus petites chez ces derniers. Malgré cette différence générale on va voir que les mesures partielles du crâne antérieur
sont au désavantage des Basques, dont le crâne postérieur est par conséquent beaucoup plus développé que celui des habitants de Paris.
Avant de faire connaître ces résultats je rappellerai que j'ai adopté pour point de départ des mesures antéro-postérieures le point stisorbiiaire, situé au-dessus de la racine du nez, au niveau d'une ligne horizontale qui passe immédiatement au-dessus des deux apophyses orbitaires externes. Cette ligne, que j'ai étudiée ailleurs (Bulletins de la Soc. d* Anthropologie, t. III, p, âl], correspond au niveau de la voûte des orbites, et indique exactement la séparation du crâne et de la face.
Mesures d'ensemble,
PARISIEiNS. BASQUES. DIFFËRENCB
en fuTeur S81 crflDct. 60 crânes, des Basques, ce ce ce
Capacité 1437 24 1486.88 40.64
nam mm mm
Diamètre antéro-postérieur maximum.. 178.96 183.58 6.62
Diamètre transversal ou pariétal maxim. 140.61 142.60 1.99
Diamètre vertical basilo-bregmatique. . Iâ0.50 123.7S 3.25 Courbe verticale antéro-postéricure, du
point sus-orbitaire k la protub. occip. 303. 12 305.80 2.68
Circonférence horizontale maxima 514.23 519.22 4.99
Étudions maintenantles mesures partielles qui permettent d'apprécier le développement relatif du crâne antérieur et du crâne postérieur.
Notre ligne biauriculaire divise la circonférence horizontale en deux parties, Tune antérieure, Tautre postérieure. La partie antérieure est de 234"",60 chez les Basques, et de 240,83 chez les Parisiens; différence en faveur des Parisiens, 6°"",23. La partie postérieure, au contraire, est de 284,62 chez les Basques, et de 273,40 seulement chez les Parisiens; différence en faveur des Basques, 1 1'"'"»22.
Ainsi, quoique la courbe totale dek Basques soit plus
grande, leur courbe antérieure est plus petite, et il en résulte que leur courbe postérieure est beaucoup plus grande.
Le bregma divise de même la courbe verticale antéropostérieure en deux parties, Tune frontale, l'autre pariétooccipitale. La partie frontale qui, chez les Parisiens, est de \ 09""",'20, n est que de 1 08,1 8 chez les Basques, tandis que la partie postérieure de là même courbe donne pour les Basques 197,62, et seulement 193,92 pour les Parisiens. Les Basques perdent donc 1""",02 sur la région frontale, et gagnent 3"™,70 sur la région postérieure du crâne.
Le diamètre transversal minimum du front, mesuré immédiatement au-dessus des apophyses orbitaires externes, est presque le même dans les deux séries. On trouve pour ce diamètre 95,70 chez les Parisiens, et 96,08 chez les Basques. Ceux-ci ont donc un petit avantage de 0™™,38. Mais on a vu que leur diamètre transversal maximum, mesuré au niveau des pariétaux, est supérieur de 1 ,99 au même diamètre mesuré chez les Parisiens, de sorte qu'en réalité le rapport du diamètre frontal au diamètre pariétal est plus petit chez les Basques. Pour exprimer en chiffres ce rapport, que j'appelle V indice frontal, on représente par 100 le diamètre bipariétal maximum. En faisant ce calcul sur les deux diamètres transversaux des crânes de chaque série, on trouve que l'indice frontal moyen est de 68,06 chez les Parisiens, et de 67,37 chez les Basques. Le crâne postérieur des Banques est donc relativement plus développé que leur crâne antérieur, non-seulement d'avant en arrière, mais encore transversalement.
La comparaison des deux diamètres antéro-postérieurs fournit un résultat qui n'est pas moins significatif. L'un de ces diamètres est le diamètre maximum ^ et n'a pas besoin d'être défini. L'autre, que j'appelle le diamètre antéro-postérieur inial^ du mot grec h(ov^ nuque, part, comme le pré-
12 SiANGE DU 3 JANnER 1867.
spédalement ethnique, et pouvait par conséquent s'appliquer même à des peuples qu'on a considérés jusqu'à présent comme divers. En effets la racine âbar, dans les langues sémitiques^ veut dire franchir un fleuve: la forme substantive désigne le passage d'un fleuve; le participe, ceux qui ont traversé (les H-ébreux) un fleuve, ou qui demeurent de l'autre côté d'une pareille limite. En Espagne, ce sont probablement les Phéniciens qui ont appelé Ibères les habitants primitifs. De là ce nom a passé chez les Grecs et les Romains, qui nous Font transmis. Il en sera de même ainsi pour les Ibères du Caucase qui se trouvent au delà de la Mésopotamie. Ces Ibères (les Géorgiens) s'appellent dans leur idiome Karthouli.
Après cette digression^ jetons un coup d'œil sur les trois crânes que voici : Ce sont les numéros i^ 2 et 10 de la seconde collection qui nous fut présentée par M. Broca dans le courant de l'été, de la part de M. Yelasco. Comme toujours en pareille matière, la première question à résoudre est celle de l'authenticité. J'ai quelque motif pour insister sur ce point, ne fût-ce que pour signaler les chances d'erreur auxquelles on est sujet, surtout quand il s'agit de crânes retirés d'im cimetière. Ces chances augmentent de beaucoup quand on extrait du sol des crânes dans les ports de mer, sur les côtes, etc. Quelques exemples tout récents mettront en lumière cette assertion.
Je dois le premier de ces exemples à M. E. Lartet. Tout dernièrement on vida un cimetière à Bayonne. La facilité qu'il y avait là de se procurer des crânes aurait pu engager des amateurs à en recueillir, et à les répandre comme basques, par exemple. Toutefois le hasard voulut que la démolition de ce cimetière eut quelque retentissement dans le public, et voilà que des Juifs se présentent pour réclamer les restes mortels de leurs ancêtres : c'était un cimetière exclusivement Israélite.
Qui de nous ne se rappelle l'émotion produite dans le sein delà Société anthropologique de Londres par des ossements humains trouvés à Gaithness (Ecosse) sur la côte? Tout un roman fut brodé là-dessus dans la supposition qu'on avait aflfaire à une espèce humaine tenant de TAustralien, du nègre, etc., etc. Mais le bon sens de nos voisins et collègues, secondé du zèle de tout un corps d'explorateurs intelligents et dévoués à la vérité, fit promptement justice de ces malheureuses hypothèses, et aujourdlmî on se demande même si ces ossements de Gaithness proviennent d'indigènes on de matelots étrangers au pays qui auraient fait naufrage.
Enfin, dans le courant de l'année passée, nous avons pu constater que douze crânes provenant des sépultures d'Alexandrie (Egypte) représentaient cinq races diverses.
Mais, dans notre cas, ces chances d'erreur sont éliminées par la contre-épreuve que notre éminent collègue a bien voulu établir. En effet, M. Broca prit des mesures sur les têtes des vivants dans la même localité d'où dérivent nos crânes basques, et il eut l'obligeance de me remettre cette Hsle, qui comprend onze individus. Or je trouve sur les vivants un indice céphalique qui est en corrélation parfaite avec celui des crânes. Quatre individus seulement^ parmi les onze, présentent un indice de 80 ou un peu plus. Les autres oscillent entre 79,90 et 79,68. Notons en outre que, sauf un seul, tous ces individus ont des noms basques. jQ est toutefois remarquable que celui qui porte un nom romanique (Yicente) a le crâne le plus dolichocéphale, à savoir 76,90. — Par conséquent, sauf plus ample informé, la collection des crânes basques, qui comprend maintenant 77 individus, représente à mes yeux l'état crânien des habitants de Z , ni plus, ni moins.
Passons maintenant à l'examen des trois crânes qui sont sous nos yeux. Or, si tout ne me trompe, ces crânes appar-
tiennent à deux races trës-diyerseR ; le numéro S représente Tune et les numéros 10 et 1, masculin et féminin, Tautre.
D'abord le numéro 2 est brachycéphale (80^50) relative* ment aux deux autres (75,90 et 71), et il est moins volumineux (530 à 545 et 535). Mais là ne s'arrêtent pas les différences. Voyons les autres détails, et commençons par le numéro 2. En sa qualité de crâne brachycéphale^ il partage avec tous les crânes de cette classe la forme qui les caractérise dans la boîte cérébrale.
Frontal représentant un triangle dont la base est constituée par une ligne transverse droite à la suture coronale et la pointe coupée au front ;
Pariétal à contours carrés j
Occipital en triangle, en corrélation avec le frontal, et sans saillie à la région de la protubérance. Toutefois, en comparant ce crâne bracbycépbale avec celui d'un brachyçépbale arien, par exemple d'un Allemand du Midi^ on relève une différence jQotablç dans la forme générale de la boite cérébrale. Gbez T^Uemand, même quand sa brachycépbalie atteint un iQdice de 84 et ^u del^, c'est la partie supérieure de la calotte et, par conséquent, du cerveau qui l'emporte sur la base. Dans notre Basque^ par contre, la base est grandement développée par rapport au son^met* — Ces rapports se voient très-nettement sur les moules de la cavité crânienne.
De même que dans le crâne cérébral^ et plus visiblemeot encore dans la face, cet Allemand bracbycépbale n'est au foi^d qu^un Celte dont le crâne est raccourci. Car, dans l'ensemble comme dans les détails, c'est la forme ovale en tous sens qui constitue le caractère fondamental de ces crânes ariens, d'un extrême à l'autre de la série. L'ignorance de ce principe fondamental, s'il en existe encrâniologie, d'une part et, par conséquent, la confusion du cr^e mongoloïde avec l'arien bracbycépbale de l'autre, ont fait une Babel de
PRUNER-BETi *«- G4II4^«ES BP CRAlIfSg BASQUES. 15
la or&niologie d'Europe et ont mîB le désarroi parmi les sa-* Tants qui s'en occupent !
Mais ce qui est encore bien plus saillant dans notre numéro d| c'est Varchiteciure de h face, loi les différences, comparativement aux numéros 10 et 1, sautent aux yeu](* En effet, chez le bracbycéphale, la face dans le sens vertical offre des contours triangulaires, prenant pour base du triangle un plan qui passe par le bord inférieur des os malaires, et dirigeant les lignes isocèles en haut^ en suivant les bords postérieurs du malaire et de l'apophyse orbitaire externe pour les joindre en haut du front.
Cette disposition générale est la résultante de nombreux détails qu-on relève sur chaque os, sur chaque apophyse osseuse du visage. Commençons notre examen par en haut. L'apophyse orbitaire externe est ici dirigée sensiblement en dehors, en corrélation avec la largeur considérable de l'apophyse montante du malaire. II en résulte que les oavités orbitaires sont presque entièrement placées de face. Gomme corollaire à cette largeur faciale inter^orbitaire, prenons note de la largeur sous-orbitaire. Ici, en menant une perpendiculaire par les trous sous-orbitaires, celle-ci frise à peine le bord externe du palais osseux. Par eonaéquent, face également large au tiers inférieur du nés. La forme de ce dernier se trouve d'ailleurs en harmonie aveo ce qui précède. Son ouverture est très-élargie, relativement au dos, qui est peu proéminent. Sn effet les apophyses na^ sales du maxillaire sont étroites et leurs bords internes légèrement inclinés en dedans. Môme les sinus maxillaires participent par leur forme à cette conformation générale. Leur cavité est triangulaire avec la base correspondant à la région malaire. La saillie de cette dernière de côté, en bas et en dehors^ devient bien visible en regardant la face de proQL En effet, l'os de la pommette, large comparativement au volume du visage, est très^inelîné de haut en basi d«
16 SÉANCE DU S lAMTIBR 1867.
dedans en dehors. Cette disposition, jointe à la courbe des arcs zygomatiques, donne à la fosse temporale, qoi est trèsprofonde, également une forme triangulaire.
La base du crâne offre dans sa partie faciale un contraste frappant entre l'étendue des arcs zygomatiques et le rétrécissement de la voûte palatine qui, par le rapprochement latéral des molaires, offre la forme d'un parallélogramme. Notons encore la profondeur et Tétroitesse de la cavité glénoïde et les contours arrondis des apophyses mastoîdes.
En résumé^ nous avons ici sous les yeux un type crânien que je veux appeler provisoirement mongoloïde.
n en est bien autrement du numéro 10 qui^ avant tout^ est très-dolichocéphale par rapport au précédent, 75^90, et plus volumineux. En sa qualité de dolichocéphale, il Sison frontal en segment d'ellipse, ainsi que son occipital^ son pariétal en parallélogramme allongé. En sa qualité de crâne arien ^ car il est tel à mes yeux, même les sections verticales de la boite cérébrale offrent des contours plus ou moins ovales^ c'est-à-dire il n'y a guère prédominance de la base du cerveau sur le sommet.
Quant au vùage, ses contours dans le sens vertical concordent avec la forme de l'ovale allongé. Par conséquent, tous les détails ostéologiques diffèrent de ce que nous avons constaté sur le précédent. Et, en effet, pour que la forme ovale se produise, les apophyses orbitaires externes sont fortement inclinées en arrière, l'apophyse orbitaire du malaire est rétrécie, et les orbites suivent, pour ainsi dire, le mouvement de la première par une courbure en dehors du côté du profil, mouvement auquel correspondent la direction verticale de l'os malaire et la compression de l'arc zygomatique qui recouvre une fosse temporale peu profonde. Si, maintenant^ nous revenons à la face, nous voyons en outre un nez très-saillant et très-rétréci, comparativement au numéro 2. Aussi les apophyses nasales du maxillaire sont-
PBUNER-BET. — GARAGIARES DES CRANES BASQUES. 17
eUes ici très-développées et dirigées à leurs bords internés tout droit au devant. Ce rétrécissement et cette saillie du nez correspondent à la position rapprochée des trous sousorbitaires. En effets une perpendiculaire menée par ces trous coupe un segment du palais osseux. Forme ovalaire des sinus maxillaires. Courbe de la voûte palatine en segment d'ellipse ou plutôt de parabole, par l'éloignement latéral des molaires. A la base du crâne, cavités glénoïdes plus superficielles, plus élargies du dedans en dehors, et apophyses mastoïdes plus longues et aplaties.
Le crâne féminin n^ 1 présente les mêmes caractères^ et quelques-uns sont ici exagérés, comme, par exemple, ladolichocéphalie^ li, et Tétroitesse de la face par la courbure en arrière de tous les points de repère signalés pour le numéro 10.
Par conséquent^ ce n'est pas seulement par la dolichocé* phalie que ces deux derniers crânes difiEèrent du premier ; — non ; les caractères qu'ils offrent, quant à l'architecture entière, sont ceux de la race arienne^ et, quant aux proportions, spécialement ceux de la branche celtique. Et, en effets le crâne mâle, sous nos yeux, est, pour ainsi dire, identique avec celui d'un Celte irlandais moderne qui se trouve dans ma collection.
En résumé^ nous avons dans les crânes qui sont sous nos yeux les représentants de deux races fort diverses. Le n? 2 est, à mes yeux, le crâne ibère. Cette allégation reçoit aujourd'hui un poids considérable par la connaissance du type ligure, dont j'ai eu l'honneur d'entretenir l'honorable Société à différentes reprises. Or, ce dernier correspond à tous égards au premier. Quant au type celtique, je puis être aussi afârmatif. £t^ en effets pour moi, les Celtes, loin d'être un mythe, sont une imposante réalité, et leur type crânien est, à mes yeux, aussi assuré que leur existence. En tout cas, je le maintiendrai jusqu'à ce qu'on m'en montre un T. II (2« série). s
la «ftàM» DR s lAffVW 1867.
autre mieux fondé, ce qu'o» n^a point fait dans cette en*oeinte. £nfin, ce ne serait qu^auriaque de prendre leaeboaet àrebour3,deyouloirinteryertirlearAle0,o'e8t*à*direattri]>Qer à ribèare on cr&ne arien, et au Celte a& crAne mongoloïde.
Toutefois, il se présente ici une question que je ne yeux point esquiver. Suivant les communications précédentee de M. Broca, le second type, à savoir mon type celtique, pré<> dominerait de beaucoup sur le type ibère. Or« comment concilier un tel fait avec un autre qui est ep dehors de toute contestation, à savoir que les habitants de Z... parlent le banque?
Messieurs, lat&che que je m'étais proposée était» avant tout, d'établir la présence de deux types orftniens ^ appar** tenant à deux races diverses. Quant & leur proportion relative, je regrette que notre savant collègue se soit appuyé de préférence sur un caractère qui n'a qu'une valeur relative, celui de la dolicbocéphalie et de la brachycéphalie. Le résultat changerait peut-être considérablement, si l'on examinait cette belle coUection à mon point de vue. En tout cas, et quoi qu'il en soit, il serait prématuré de tirer une conclusion générale d'une seule localité, et de dire que le erâne basque^ même en admettant la présence d^éléments ethniques divers dans cette population, est dolichocéphale. Pour ma part, du moins, je n'accepterais que sous toutes réserves pareille assertion. »
DI«eas8loii.
M. Baoa. Je répondrai d'abord à M, Pruner-^Bey qu« Tétymologie sémitique du mot Ibère me parait fort contes^
Ces deux types, les plus anciens de TEupope occidentale, se rencontrent aussi ailleurs, en France, en Espagne, en Belgique, en Suisse, en Italie. Toutefois, le crâne brachycépbale mongoloïde, sauf sur le territoire ligure 9t ibérien, Qst faiblement représenté.
BRocA. — nncusm» ivh lsi grahh basques. 49
table. Sans doute^ si les Ibàres du Gauease et les Sémites avaient été limitrophes, eeax*ci auraient pu donner à leurs voisins un nom sémitique, mais il est fort probable que le peuple non sémitique n'aurait pas accepté cette dénomination, et qWt d&ns tous les eas^ il l'aurait quittée en émlgrant.
NéanmQÎni^ je guis heureux de voir M. PruneivBey reconnaître Z^t pour un paya basque, Qt avouer rauthenticité des cr&i^ea de notre coUeetion»
Quant aqx dilférenoes> aux variétés signalées par M. Pru« Qer-Bey, elles n'ont rien d'étonnant. Pas plus dans le pa]^ basque qi:ie dans un pays quelconque de PËurope, il n'y a aujourd'hui de races pures. Les Basques ont fort bien pu se mêler avec des étrangers, d'autant mieux qu'ils étaient navigateurs, D^où les deux types que signale M. Pruner-Bey et que Ton retrouve aussi dans la nouvelle collection offerte par M. Yelasco. Mais je ferai remarquer que les proportions numériques sont exactement le contraire de ce qu'elles devraient être dans l'hypothèse de M. Pruner-Bey; car dans tout mélange de ce genre la race indigène doit dominer, et ici nous voyous que la prétendue race ligure ou ibère est en infime minorité. Ainsi, dans la première collection de soixante crânes, il n'y a qu'un e^àne exceptionnel (le n^ 24). Dans la seconde collection de dix-neuf crânes, il y a un crâne plus brachycéphale, qui doit être un métis.
En outre^ il est difficile d'admettre que la langue du peuple vainqueur soit complètement submergée par celle du peuple vaincu, comme il faudrait l'admettre ici selon M. Pruner-Bey.
Pour M. Pruner-Bey^ les crânes dolichocéphales de notre collection de crânes basques sont des crânes celtiques. Or^ je rappellerai que l'on est loin d'être d'accord sur la valeur du mot Celtique. Pour les uns, Celte est presque synon3rme d'Suropéen : pour d'autres^ et pour moi en particulier, là dénomination de Gelte désigne simplement l'habHanl â»
30 SiAMGE DU 3 JANTIGR 1867.
Tancienne Gaule celtique. Enfin^ on a aussi dénommé celtiques des crânes trouvés dans beaucoup de tumuli.
Mais, en prenant le type dit celtique tel que le conçoit M. Pruner-Bey, je trouve que notre crâne basque ou celtobasque en diffère par des caractères qui lui appartiennent en propre^ Tnn surtout.
Dans le type celtique de M. Pruner-Bey, le prognathisme des dents est assez fréquent, mais le crâne basque a pour caractère distînctif une extrême petitesse de la face, d'où un orthognatbisme parfait, quelquefois même de l'opistognathisme, quand la diminution de la face se fait dans le sens antéro-postérieur. La mâchoire est pointue, la voûte palatine très-courte, et arrivant rarement au niveau du nez. C'est au point que si Ton veut mesurer à l'aide d'une équerre ordinaire la distance entre l'arcade alvéolaire et le trou occipital, on ne peut aborder ainsi la mâchoire^ à cause de la saillie du nez et inéme de l'épine nasale, si les os du nez sont brisés^ et l'on est obligé d'employer une petite équerre spéciale. Ce caractère remarquable n'est pas dû à l'atrophie de la mâchoire après Tusure des dents généralement mauvaises et petites chez le Basque ancien et aussi chez les Basques actuels, car on le constate encore quand les dents sont intactes. En outre, les dimensions transverses de la face sont petites comme le diamètre antéro-postérieur.
Enfin, il y a un autre caractère très-important, et qui jamais n'a été signalé chez le Celte de M. Pruner-Bey. C'est le défaut d'harmonie entre les dimensions du crâne et celles de la face. Le crâne basque est plus volumineux que le crâne parisien moderne. Or, on sait que le crâne parisien actuel remporte de 76 centimètres cubes environ sur le crâne parisien du douzième siècle, et ce fait de l'accroissement de la capacité crânienne à mesure que l'on se rapproche des temps modernes aurait aussi été confirmé par l'examen
PRUNER-BET. — RiPOI^SE A H. BROGA. 21
comparatif des crânes réunis en collection par l'abbé Frère.
Je termine en indiquant rapidement quelques caractères moins importants. Ce sont : i** la saillie occipitale, en moyenne beaucoup plus considérable que dans le crâne dit celtique ; 2** Textréme atrophie de la protubérance occipitale^ infiniment moins développée que dans toute autre race ; 3® la petitesse du front. Chez les Basques, les triangles auriculo-frontal et auriculo-facial sont sacrifiés. Sous le rapport des dimensions frontales, les Basques se placent entre nous et les nègres.
Enfin, puisque M. Pruner-Bey a parlé d'étymologie, je profite de Foccasion pour rectifier celle du mot'Z... qu^il nous a donnée précédemment. M. Pruner-Bey supposait que Z... était une colonie d'Irlandais, et le mot Z... aurait signifié la ville des cochons, dénomination injurieuse pour les intrus, ou bien indiquant simplement qu'ils élevaient beaucoup de porcs. Or, dans le pays basque on élèvebeaucoup de cochons, et plusieurs localités s'appellent, à cause de cela, ville des cochons^ ce qui se dit Ourdoz.
M. Pruner-Bet. Je dois une réponse détaillée à M. Broca, même en faible témoignage de ma reconnaissance. C'est à son dévouement intelligent que nous devons la collection de crânes la plus intéressante que possède la Société :.c'est grâce à ses travaux sur le même sujet que nous avons fait an grand pas dans une des questions les plus importantes de Tethnologie européenne.
Or, en ce qui touche d'abord la dénomination des Ibères, que j'aurais fait importer du Caucase, mon allégation à ce sujet est trop claire pour y revenir.
Ce petit malentendu écarté, voyons ce qui en est des proportions relatives de l'élément ibère et de l'élément celtique. Ces proportions changent d'abord prodigieusement, quand on se place à mon point de vue. En effets je viens de démontrer les caractères mongoloïdes sur un crâne dont
t2 «6AIICE DV S lÉHVIBR 1S67|
TindMe oépbaliqiie est de 80 seulstaieai Or^ en l^ftrtant de cette base, U existe parau les fioixiinte ertnes de la première colleetÎM^ non pas tin êèui^ mais bien tiouit cr&nes qai pré^ sentent cet indibe ou lé surpassent même ^
Ceci ëtaUi) et faisant abstraction de tout le reste pour un mbmefit^ toyens par quels moyens hypothétiques nous pdurrioils nous exi^iqu^ la présence de l'ëiément celtique en%i grande propoirtion dans une population qui parie le basque, et dont les individus^ en majorité^ portentdes noms basques. Est-ce depuis les temps antëhistoriques où ûé^k lés alliances entrés Celtes et Ibères avAient donné origine à une race très-yivace» les Geltibères, que ce mélange eut lieu? Ou suivrons^nous notre savant collègue, M. Lagneau, qui nous a fait entrevoir la possibilité de ces alliances pendant une époque de migrations reculée^ mais déjà historique ? Ou enfin, en nous appuyant sur la législation basque qui accotde à Tbiandais établi dans le pays les mômes droits qu'auiL indigènes^ accepterons-nous une immigration plus moderne d'biandais ? Je ne saurais à quelle de ces trois hypothdées donner la préférence. Toutefois^ il est i^cdûnu que les Irlandais^ de même que les Basques, étaient déjà au craamenceibent du moyen âge des navigàteim hardis; ils allèrent en Amérique avant les Scandinaves.
En ce qui concerne la question incidente du cochon^ je tiens à assurer M» Broca que le urde (ounié) de M. Reclus n'est qu'un synonyme de tchar-ia^ teher-^fia (Vi le Dict. de Laraniendi^pb dOB)«
Quant i Testime ou au mépris qui s'attacherait à ce terme, c'est secondaire. Toutefois» Tinterprétation dans le premier sens militerait grand^nent en faveilr de la présence du Celte iriandais dans cette contrée. Car « le cochon est inséparable
^ V. BvMins i^SÉ^ p. 5$S. tt est d^ailleûrs ëlabii par mes communications précédentes que lecrlue Hgtire présente souvent égalemetit une
prumêA^ti ^ »£p6nm a «i baoga. 9B
4% m èase» » tsadii ^ae chei ië Qèile gaulois^ o'est iô sanglier qui se trouve figuré sur maintes reliques de wAk époque,
Foftr ce qui est de la tonstttvatidn de la langue basque, Aalgfë rinflltratioii considérable dii sang celtique, elle fie conçoit teeilement dans notre cas» Il n'a jamais été question de md part, que je sache^ d'une tonqnéte faite en masse pê3t les irlandais mi Guipusooat Et même, pareille supposi^ tion acceptée, s'ensuivrait 'il que> isolés de leur patrie, ces Irlandais eussent oohseryé leur langue? Ici nous avons aî^ féké à ane population évidemment mélangée, dans laquelle l'élément ibère est pour bienplus qu^oû n'a voulu l'admettre, eomme nous allons voir tout à l'heure» En tout cas^ pottl*vu i[Uè lèë mèÉ*eB des enfants issus du mariage avec les Géltës eussent été indigèneiet banques, la langue ibérienne devait se conserver. D^aiUeurs^ une infiltration lente du sang étrange!* est tout ce qu'il y a de pim plausible dans le cas en dîs« euisioli.
En suivant enfin Ma Broca sur le terrain de l'anatomie, je tiens à constater^ avant d'entrer dans les détails, un fait généi^* Mon savant contradicteur prétend que dans les crânes basques lèB Caractères que j^ai toujours indiqués comme propres à la sôudie celtique^ notamment la protubérance occipitale S lé prog^adiisme alvéolaire^ etc., n'eitistent pas. Or^ il est facile de constater sur le crâne n"" 10 qui est sous nos yeux, etiui que je déetare être celtiquei que ces catactères y sont bien prononcé»; il eèt même un peu plus prognathe que l'Irlandais avec leqttel je l'ai comparé plus haut ».
Mais les détails que M. Broea vient de nous expoèer sont, àmesyeuK) au moins tout ausèj importants. Us prouvent deux choses^ à savoir, l'influence du métissage, et la pré-
> A plusieurs reprises, j*ai signalé Tinconslance de ce caractère, dans ie sens positif chez les Celtes, et dans te négatif chez les Ligures. « Angle faeiâl àtvéolaire du n» lOei^SS; de l'Irlandais, W;
24 sfincE DU 5 jAimER 1867.
dominance de certains traits qfoi sont propres aux Ligures et aux Ibères.
Commençons par la face. Et d'abord quelles sont les races chez lesquelles les alvéoles du maxillaire supérieur se trouvent trèsHîOurts, très-verticaux, du moins en apparence, et pour ainsi dire refoulés derrière l'ouverture nasale? Ce sont les Lapons et certains Tchoudes anciens^ dont les crânes ont été retirés des tumuli de la Sibérie -, et, qui plus est, ce sont quelques-uns des crânes qui dans nos régions appartiennent à Tâge du renne et à la race ligure, qui offrent la même particularité.
En second lieu, quant à la protubérance occipitale, en règle générale^ elle est plus prononcée chez le Celte que chez le Ligure. Par conséquent, si elle est faible, si elle manque, ainsi que nous le dit M. Broca, c'est à l'influence du sang ibère qu'il faut attribuer cette particularité. Jusqu'ici donc tout ce qu'on relève comme particulier dans la majorité des crânes basques est mongohïde.
Voyons enfin s'il en est autrement du volume du crâne et des dimensions relatives des vertèbres qui le constituent. Je veux accepter, sans entrer dans des détails ethnogéniques^ le fait en bloc tel que nous Ta présenté M. Broca, à savoir, que le volume du crâne basque surpasse celui des crânes parisiens mesurés par lui.
Qu'est-ce qu'on peut en conclure 7 Qu'en Europe, de môme qu'en Amérique, il existe des populations relativement arriérées en civilisation, dont le volume du crâne surpasse celui des groupes même plus avancés à cet égard. Le critérium est applicable même aux classes de la société appartenant incontestablement à la même souche. C'est ainsi que Retzius constata chez les paysannes dalécarliennes la présence d'un crâne plus volumineux que chezles Suédoises, mieux élevées et plus avancées en culture d'intelligence. D'ailleurs, ne perdons pas de vue que, relativement i nos crânes basques^
PRUNER-BET. ^RÉPONSE A M. BROGA. 25
nous avons affaire ici à une localité tout à fait restreinte. Et à ce sujet, je dois faire remarquer ceci : déjà à l'âge du renne^ où le crâne est généralement petit, on en rencontre néanmoins quelques spécimens excessivement volumineux. Il en est de même parmi les Basques vivants dont j'ai examiné et mesuré la tête. Aussi là il existe des individus à type mongoloïde^ dont le crâne est fort volumineux. Il en est ainsi du crâne n? 24, appartenant à la première série de notre collection. Par conséquent, rien n'empêche de voir ici une particularité exclusivement propre à quelques familles^ et propagée par voie d'hérédité.
Je ne puis ici passer sous silence la question, d'ailleurs incidente, que M. Broca vient de toucher encore aujourd'hui relativement à l'augmentation du volume du crâne et du cerveau par les progrès de la culture intellectuelle. En principe, je ne suis nullement l'adversaire de cette doctrine. Mais les faits produits par M. Broca ad hoc admettent une interprétation toute différente. Il faudrait, pour tirer parti des dépouilles des cimetières à ce sujet, avant tout se rendre compte des éléments ethniques qui les composent, notamment dans une capitale comme Paris. Pour ma part^ je n'accepterais pareille déduction qu'au cas où elle serait hasée sur l'observation du crâne appartenant à la même souche : allemande , gauloise , romaine , ligure , ibérienne, etc. Mais ici précisément, je connais toute une série de faits en opposition directe avec les conclusions de M. Broca. En effet, le crâne de l'ancien Celte, en Irlande^ en Angleterre^ en France, en Suisse, surpasse en volume considérablement celui de ses descendants actuels. Toutefois^ faisons remarquer que la taille du Celte a également diminué.
M. Broca en appelle sur ce dernier sujet au témoignage de l'abbé Frère, qui, en effets un des premiers, a traité cette question. Les matériaux sont déposés dans la galerie
àbthiropologiqaè An Jiihliii d#a Plantels ^ L'honorable Mutant a èlatsë seè dirfiiiea ramnt Is Buooémofi de» sièoleft^ mais également^ oommd M. Brooai aans teliir ootnpto des éléments ettiniqtles représentés par «es crAnes^ D'autre part, bien loin d'appliquer^eomaie notre éminent collëgne^ la tnëthode rigoureuse du thesuragë, il s'est contenté de Jog^ à Vue ses pièees, et 11 s'adreiSMt^ si je Tai bien eompriSi non pta au voltuÉie général du c^ftne pour établir ses réductions) mais au dôTeloppement du front< Or là» sauf une souree d'erreur^ que le saTant abbé n'a point éeartée, il y a du vrai, du moins aiitànt que je puis en juger par la ooniparaison des orfthes aiioiens et modernes appartenimt à la même souohei Frèt^ ne tint aucun oonipte de la forme braehyoéphalè ou dolichoeéidiale du crâne. Or^ en gétiéral^ la i»*enlièrè| par sa eônformation> petit pré8eBter> an moins en apparence, quelque aTântàge du côté dû front, surtout si Vùn n'y envisage que la hauteur, sans tenir eomptè de la longueur et de la double largeur en bas et eâ haut< Oui, e'eit dans le lobe frontal que se passe le tratâil i^incipal qui reflète les progrès dé lé civilisation. C'est par son équilibration aveè les Idbes postérlenrsi par son développement latéral et d'en haut qu'il noas sera peut^tre permis de juger^ du inoins en général^ la dignité intellectuelle des races et deâ nations» Tout eè i^m j'ai fu en fait de erânes, tout ce que j'ai recueilli en fait de moûlès de la cavité (iranienne prévalant d'individus éloignés par le temps et l'espace témoigne en ce senâ.
Gette digression m'amèiie en ligné droite au dernier point qui me reste à démêler aveo Mé Brocui C'est la disproportion entre le lobe frontal et la région postérieure du crâne, que notre savant collègue nous signale comme câractéristi([(iie dans tes crânefc basques^ et j'aceeptede gfând
* DiBs la mdme siUe «A ss neuve ta «ollesiion de GtU.
PRUKÉÈl4liT. ^ ly^ksl A Ml mOGA. 8?
tm\}t eetto ^Mrvtttioti ôoniitië bieû eiftetê. PenMl en être autrement) quaad Mfi» t^nbtis t^^vàpie des deux élémetite ethhiqâë& qui ont dotitië drïgine à nôtre àériè âê drânes 7 L'éléméttt ibère Que je tietië d'a^ftiffliler, en pleine connaisianoe de câuse^ àU ligùré, se fait jour ici dé même que p^t les autres caractères que nous venons de {Midser en revue* Déjà dahs mes premières tbmmuuicationis sur le type crâfiien dé la raèe ligure ^^ j'ai relevé sUmmaiTémënt la dis-^ proportion entre la région frotitulè très-comprimée latéra» lemeut et la réj^oii temporale euivie de Feufluré latérale de Tocciput *. Nous void par eouëéqnent eu plein accord avec M. Broea relativement âU c^ftnê basque d'abOrd en tant ijU'il est ibère i Mais il eitiëte ici uu secoud élément, le celtique, qui, loin de diminuer bette particularité) pourrait même éoutribuer à soU exagération. Car, si le crftne eei«^ tique, d'une part, est loio de présenter cfe développement lutéral et occipital du type ibére-ligure, ii eàt) d*autre pari, tout aussi avéré) comme ou peut le èoustater ^ur notre numéro 10, que le développement du frout iaiââli beaucoup à déàireh
^our résumer mainteuant mou etpoéé et eè qui résulté des dbfterVatiMste M. Brôèà^ voici ce ^ me parait étfe incontestable :
Lit èolieotieh€é» t&râuei» de Z.;. coUtieht dèujt éléments ethniques très-dtstihéts, TibèrO et le celtique, et par consé^eut é|alëUiènt dèêôMLUés rAlUitaut du mélange dé Ces deux races.
EU tenaUt compte, UoU^-eetilemeut de la ddliehocépbalie et de la brachycéphalië, mais bieu également, et il le faut,
« V. BuOetins 1865, p. 191 et 459.
' Ce caractère crSinien est propre non-seulement à Thomme de Tàge du renne; il se retrouve sur tous les crânes touraniens, et, dans sa plus grande etdgétàtiod, \Mz les tDalmûques, lé^ kaftietes et les Touù-
gOQfféS*