ROUE
Vilamines. CRAMER (103) observe que la croissance des cellules cancéreuses chez divers animaux ne peut pas être arrêtée par réduction des vitamines.
Cholestérine. Eser, Ken et Wacker (104) constatent que les souris soumises à un régime contenant de la cholestérine et du rouge écarlate, se cancérisent plus facilement par la méthode des badigeonnages au goudron, que les animaux nourris avec des graines. Aussi incriminent-ils la cholestérine d'activer la prolifération épithéliale. On sait, du reste, que la richesse des tissus en colloïdes et tout spécialement en cholestérine, est plus accentuée chez les cancéreux que chez les sujets normaux.
Graisses. LEcroux (105) recherche l'influence des graisses sur le cancer du goudron de la souris.
Lanoline. Yuraka Ko, en faisant ingérer à des lapins de la lanoline non purifiée, aurait obtenu des adénomes gastriques et des papillomes lHinguaux. Il est vrai que ses travaux ne furent pas confirmés par FIBiGER.
Oxygène. Pour BouxmioL (106), la cancérisation cellulaire peut être la résultante d’une alimentation oxygénée insuffisante.
GLAESSNER (107) signale que la combustion de l'acide lactique est défectueuse chez les souris cancéreuses.
Russer. (103) observe, in vitro, que les tissus néoplasiques de la souris, contrairement aux tissus normaux, foie excepté, ont le pouvoir de consumer un ou plusieurs des trois pentoses : arabinose, xylose, rhamnose.
vire , À. Minéralisation de l’organisme.
Le rôle important joué par la minéralisalion de l'organisme, et principalement par le magnésium, le potassium dans la pathogénie du cancer a été maintes fois signalé.
Polassium. Ainsi, comme l'a si remarquablement mis en évidence Lazarus BarLow, le cancer de la vésicule biliaire s'observe surtout dans les vésicules calculeuses, mais exclusivement dans celles dont le calcul est radioacuf. Il est donc permis de supposer que la radio-activité joue un rôle dans la production des cancers biliaires.
Or, l'un des éléments constituants de l'organisme, le potassium, est radio-actif (Z\WARDEMAKER). On peut donc se demander, avec P. Dezser (96), KorEonckorr (108), s'il ne jouerail pas un rôle dans la production de quelques cancers. Dès lors, n'est-il pas logique d'administrer, à des animaux d'expérience, le potassium sous la forme la plus facilement assimilable, ou de leur donner, pour se rapprocher des conditions naturelles, tels aliments dont certains contiennent cent fois plus de potassium que les issus (P. DELBET) ?
Arsénic. Il serait intéressant d'agir de même avec l'arsénic, dont le rôle éliologique est encore discuté (Bayer). Lerrcn et Kexnaway (109) n'ont obtenu aucun résultat en faisant ingérer de l’arsénie aux souris.
Zinc. Les laux du potassium, du zine, éléments biogé-
néliques importants, augmentent dans les tumeurs de la souris.
Le fre
Calcium. Entre le potassium et le calcium existe normalement une relation antagoniste en tant qu'agents régulateurs du développement des tissus. Cette relation se trouve modifiée chez les cancéreux.
Poricarp, Troisier et Wozr soutiennent que l'ion calcium Joue un rôle inhibiteur sur le processus tumoral, ce que mettent en évidence les recherches de RéMonp, SENDRAIL e@t LassaLLE (81) sur le lapin cancéreux, et ce que confirment les expériences que le Professeur V. Bazz et nous-même avons poursuivies.
Expérience. Plusieurs lots de lapins soumis à la cancérisation par le goudron de houille de cornues horizontales, électrolysé suivant la méthode de KOTZAREFF (in Bull. de l'ASs. fr. pour l’ét. du Cancer, fév. 1925, p. 122, (voir page 102), recoivent dans leur alimentation quotidienne, dix à quinze jours avant leur traitement et durant toute la durée des expériences, des doses progressivement croissantes de phosphate tricalcique, de chlorure de calcium et de chloro-calcion ‘solution ttirée de calcium chimiquement pur stabilisé, dont 80 gouttes équivalent à 1 gr. de chlorure de calcium).
Un seul lapin s’est cancérisé (25° jour). Encore faut-il noter qu'il n'avait été traité, préalablement aux badigeonnages, que dix jours seulement par les sels de chaux. Chez les autres lapins, la cancérisation ne fut pas obtenue même après 57 jours d’expérimentation.
Gependant, presque tous les lapins témoins soumis à la can cérisation suivant la même méthode, mais recevant une alimentation normale, faisaient du cancer du 27° au 28° jour
(voir page 103).
Il semble donc que le calcium joue un rôle inhibilif
sur le processus tumoral.
B. Glycogène.
Le glycogène infiltre abondamment les cellules des néoplasmes en voie d'accroissement (BrAuLT 111). Aussi De Backer a-t-il supposé que le processus tumoral était la conséquence de l'accumulation du glycogène en un point de certains organismes arthritiques.
Avec M. le Professeur V. Bazz nous nous sommes demandés si une alimentation, riche en glucose, ne favoriserait point le développement du cancer.
Expérience. À cet effet, plusieurs lots de lapins, badigeonnés avec äu goudron électrolysé, suivant la technique de KOTZAREFF (voir page 102), ont été soumis au régime sucré (glucose hydraté et glucose anhydre associés), dix jours avant le début des expériences et durant le cours entier de celles-ci.
Ces animaux se sont cancérisés, suivant le goudron, de 3 à 11 jours plus tôt que les témoins.
Il semble donc que l'alimentation sucrée favorise le développement du cancer.
Tel est l'aspect que présente le problème sous l'angle où nous nous sommes placé. Nous n'avons voulu en donner ici qu'un exposé bref, volontairement incomplet.
Il suffit néanmoins pour montrer qu'à la question, un peu simple, de l'alimentation telle que la comprenaient nos pères, s'est substituée la notion large et féconde des rélations qui unissent le cancer aux phénomènes de la nutrition, comme l'ont bien vu HerrwiG, ROSSLE, LE- GRAND (112) ; à des troubles du métabolisme des corps simples ou complexes, alimentaires ou de constitution.
Et c'est au fond une constatation rassurante. Elle per-
RE
mel d'entrevoir une prophylaxie basée sur le rejet syslématique où la neutralisation de tout corps cancérigène, el un traitement médical fondé sur l'emploi thérapeutique d'agents qui pourront entraver le processus tumoral.
Le cancer du goudron, lui-même, si fortement à la mode aujourd'hui serait moins, d’après Lirscnürz (1924) (113), un cancer d'irritation locale que l'expression tissulaire d'un trouble général du milieu intérieur.