‹ Sur les chemins de la croyance. Première étape: L'utilisation du positivismeChapitre 16 sur 87 · XXII PREFACE · texte numérisé non relu

XXII PREFACE

exigences, posées et définies par la science, le catholicisme avait répondu dans l'histoire. Rien de plus, ni rien de moins I Cela ne prouve, je le sais, et je crois devoir le dire clairement, ni la transcendance ni la divinité du christianisme. Cela ne prouve ni l'historicité des Evangiles, ni l'authenticité de la révélation biblique. Encore une fois ce n'est qu'une étape, et la première, sur les chemins de la croyance ! Mais je la crois déjà considérable. Je tâcherai quelque jour, si mes forces et les circonstances me le permettent, de faire la seconde, qui consisterait à dissiper ou à diminuer ce les difficultés de croire » ; et, plus tard, la troisième, qui serait d'établir la a transcendance du christianisme».

Auguste Comte est redevenu depuis quelque temps à la mode. On célébrait. hier son centenaire I Son buste s'érigeait à trois pas de cette Sorbonne, dont les « titulaires » de philosophie l'ont si longtemps attaqué, méconnu, raillé même. Un ministre de la guerre, formé jadis à son école, « se mobilisait » pour faire l'éloge de ce pacifique. C'est le moment de reparler de lui. Puisque, selon le mot de l'un de ses plus illustres disciples, « nous oublions trop souvent, non seulement qu'il y a une âme de honte dans les choses mauvaises, mais aussi qu'il y a une âme de vérité dans les choses fausses ^ », c'est le moment de nous en souvenir. Et, non contents de le commémorer, puisqu'on se dispute Auguste Comte, c'est le moment d'intervenir au partage de ses idées.

i. Herbert Spencer : Premiers principes, traduction française de Gazelles, p. 1.

On ne saurait d'ailleurs étudier de trop près, ou sous trop d'aspects différents, ni trop diligemment, l'homme dont l'influence, depuis un demi-siècle, s'est partout fait sentir, à l'étranger, dans le monde entier, non moins profondément qu'en France; aux États-Unis comme en Italie, au Brésil comme en Angleterre ; dans le domaine de Tart comme dans le domaine de la science ; et à qui les dilettantes peuvent bien reprocher « d'avoir mal écrit » ; mais que la lourdeur de son style n'empêche pas d'être, avec Descartes, dans l'histoire de la pensée philosophique, le plus grand nom dont nous puissions, et à bon droit, nous enorgueillir.

Cherchons donc « l'âme de vérité » qu'enferme le positivisme ; et, pour la découvrir, au lieu de recommencer une analyse vingt fois déjà faite, distinguons d'abord trois choses dans l'œuvre du maître : une partie négative ou critique ; — une méthode ; — et une partie dogmatique, ou, si je l'ose dire, « constructive »>,

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