Cours de Philosophie positive, t. VI, p. G
tion, sept ou huit ans avant que l'eût énoncé M. Herbert Spencer, et quinze ans avant que Charles Darwin, en y mêlant la question de l'origine ou de la transformation des espèces, l'eût rendu plus accessible, d'une part, à l'imagination populaire, mais, d'une autre part, plus contestable, en le faisant dépendre d'une démonstration que la science naturelle n'a pas encore fournie. J'ai fait observer ailleurs que, vers le même temps qu'Auguste Comte, — 1843-1845, — celui qui devait être un jour le cardinal Newman faisait du même principe, dans son Essai sur le développement de la doctrine chrétienne, une des plus belles applications que l'on connaisse.
Dans l'un et dans l'autre cas, c'était le concept même de science qui se modifiait. Immutabilité du dogme, ou, comme disait Comte, « immuabilité » des lois de la nature, on s'apercevait que, s'il y a malheureusement une manière étroite, il y a pourtant aussi une manière large de se les représenter, et — la phrase est de Comte — « que le spectacle des grandes variations dogmatiques, si dangereux à contempler pour tant d'intelligences mal affermies * »,