‹ Sur les chemins de la croyance. Première étape: L'utilisation du positivismeChapitre 27 sur 87 · Système de Politique positive, 1. 1, p · texte numérisé non relu

Système de Politique positive, 1. 1, p

ouïe « sentiment», pour Auguste Comte, ce n'est pas la sensiblerie, ni la senlimcntalilé, ni même la sensibilité, dans le vague de son indétermination naturelle, et en tant qu'adéquate à notre personnalité, je veux dire en tant qu'expression de nos instincts, de nos goûts, de nos caprices, mais c'est Tensemble des « facultés affectives n en tant qu'elles ne sauraient s'exercer solitairement ; en tant que l'épanouissement en est conditionné par l'existence de nos semblables ; en tant qu'elles sont le lien ou plutôt le support de la société des hommes.

Le sentiment, dans la terminologie d'Auguste Comte, c'est la faculté d'aimer autre chose que soi-même; c'est la conscience instinctive — si j'ose rapprocher ces deux mots — de la solidarité qui lie l'homme à l'homme, dans l'espace comme dans le temps. Et s'il est supérieur à l'esprit, c'est de la supériorité du « devoir social )) sur la préoccupation du u développement individuel » ; de Mme de Chantai sur sa brillante petite-fille, ou de saint Vincent de Paul sur ce type d'intellectuel, et de névropathe, que fut René Descartes \

1 . 11 est curieux et instructif d'observer que, tandis qu'on a tant insisté sur les « hallucinations » de Pascal, on nous

« C'est ainsi que le principe positif, spontanément émané de la vie active et successivement étendu à toutes les parties du domaine spéculatif, se trouve, dans sa pleine maturité, inévitablement conduit... à embrasser aussi Tensemble de la vie afTective, oà il place uniquement le centre de la systématisation finale^ » ; et, de toutes les leçons

représente généralement Descartes comme un type et un modèle d'équilibre mental. Cependant, aucun homme ne fut plus singulier, pour ne pas dire plus bizarre, ni ne ressembla davantage à l'admirable et inquiétant portrait que nous en a laissé Franz Hais. L'expression en est étrange ; on se demande si l'ironie ou l'effarement y domine ; et, dans cette figure de gentilhomme, si l'on ne craignait d'être mal compris, on dirait qu'il y a de l'oiseau de nuit. Nulle existence plus mélancolique et plus vagabonde que la sienne, mœsia et errabunda, ni plus assujettie au souci de 9û santé, ni plus empressée de se soustraire aux obligations communes de l'humanité. Les autres hommes, et l'univers même, ne sont à Descartes qu'une occasion de penser. Ils travaillent pour lui, et il pense pour eux : c'est la fonction qu'il s'est donnée. Avec cela, l'orgueil le plus naïf et le plus entêté ; la plus entière confiance dans le pouvoir d'une méthode qui souvent n'en était pas une, mais plutôt une inspiration ou une (( révélation » ; et le plus entier mépris de la contradiction. Si Pascal fut un « malade », Descartes en fut un autre. Pourquoi cependant ne nous le dit-on pas ? et tandis qu'on argue contre les Pensées de l'accident du pont de Ncuilly ou du miracle de la sainte Epine, pourquoi, contre le Discours de la méthode, n'argue-t-on pas des « visions » de Francfort et du pèlerinage de Notre- Dame de Lorette ?

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