‹ Sur les chemins de la croyance. Première étape: L'utilisation du positivismeChapitre 40 sur 87 · P. Corneille · texte numérisé non relu

P. Corneille

2. C'est une question que l'on n'a peut-être pas examinée d'assez près que celle de savoir si Ton peut détacher la philosophie de la morale, ou encore, et plus explicitement, ce que c'est qu'une philosophie qui n'est pas en même temps une morale.

l'erreur du dix-huitième siècle 113

ivres, c'est qu'Auguste a trop bu, ou, pour parler sans métaphore, que nous ne sommes comptables à personne de nos vertus et de nos vices, du moment que nous n'en avons en notre pouvoir ni la conduite ni les commencements. Nous nous consolons de nos misères, en nous rendant le témoignage de n'en être pas les auteurs ; et, si le moyen s'offre à nous d'en accuser les autres, combien sommes-nous qui ne le saisissions pas avec avidité ?

Joignez à cela que, si l'obligation morale se présente presque toujours à nous sous la forme d'une contrainte que ne compense le plus souvent aucun avantage, nous nous flattons au contraire toujours de trouver notre bien, et même chacun notre profit, dans la réalisation d'un objet d' « utilité sociale ». « Ce qui fait que le criminel ne saurait être admis à se plaindre de la loi qui le frappe, a dit quelque part Montesquieu, c'est qu'elle a été faite dans son intérêt *. » C'est ce que l'on peut dire de toutes les lois qui se donnent comme inspirées de r « utilité sociale » : nos anciens jurisconsultes l'ont soutenu même de la torture ; et nous sommes tous capables d'entendre ce raisonnement.

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