‹ Sur les chemins de la croyance. Première étape: L'utilisation du positivismeChapitre 43 sur 87 · F. Quesnay : Despotisme de la Chine · texte numérisé non relu

F. Quesnay : Despotisme de la Chine

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de la doctrine des Diderot et des Jean-Jacques, il forme la transition à celle des Bonald et des Joseph de Maistre. On sait que le rapprochement devait s'opérer un jour dans la pensée d'Auguste Comte, et lui-même nous a dit comment la philosophie de Gondorcet s'était « complétée » pour lui par celle de Joseph de Maistre. Il voulait parler de l'auteur du Pape et de VEssai sur le principe générateur des constitutions politiques \

Nous n'avons pas à discuter ici la philosophie des physiocrates. Si nous la discutions, il est probable, il est même certain que nous y trouverions, comme dans celle des encyclopédistes, plus d'un paradoxe à contredire. Il y en a dans l'Ami des hommes, et il y en a dans le plus considérable des écrits de Quesnay, qui est son essai sur le Despotisme de la Chine.

Ce qui est plus grave et plus dangereux qu'un paradoxe individuel, c'est leur tendance à croire que les lois constitutives des sociétés, plus faciles à saisir que celles de la nature, seraient en tout temps à la portée de nos intelligences, et qu'eux-

1. Auguste Comte : Catéchisme positiviste, Préface ; et Robinet : Notice sur la vie et l'œuvre d'Auguste Comte, 3" édition, Paris, 1891.

mêmes les avaient découvertes, comme l'Amérique, une fois pour toutes et pour toujours \ Il est possible aussi que la morale du « produit net )), si l'on examinait les conséquences qui en résultent, ne laissât pas de ressembler à ce que Ton a de nos jours appelé « la morale de la concurrence », qui n'est pas une morale, mais le contraire même de la morale.

({ Tout l'avantage physique et moral des sociétés se résume en un point : un accroissement de produit net ; tout attentat contre la société se détermine par ce fait : diminution du produit net. C'est sur les deux plateaux de cette balance que vous pouvez asseoir les lois, les mœurs, les usages, les vices et les vertus. » Quand Mirabeau s'exprime ainsi, je crains qu'il ne retombe dans l'erreur commune, et je l'aime mieux quand il dit : a De ce qu'il importe, dans une société agricole, que chacun fasse librement ses affaires, et sans être détourné de son objet unique, qui est son intérêt particulier, il importe d'autant que chacun soit, le plus qu'il est possible,

1. On sait qu'au contraire, étant infiniment plus complexes, ces lois sont infiniment plus difficiles à saisir que celles de la physique ou de l'histoire naturelle.

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garanti de la nécessité de se mêler des affaires politiques \ »

Mais, je le répète, je ne discute point les opinions des (( économistes » ; je me contente d'en noter quelques-unes ; et je choisis, pour les mettre en lumière, et les opposer à celles des « philosophes », les opinions dont on peut dire qu'elles sont comme une protestation du bon sens contre la subordination du « moral » au « social )). Elles seules aujourd'hui m'intéressent, comme introduisant dans l'histoire des idées du dix-huitième siècle une complexité qui la rend elle-même plus conforme à la réalité ; comme ayant fait obstacle au progrès de l'erreur dont j'ai tâché de montrer l'importance ; et comme démontrant en quelque manière cette importance même, puisqu'il a suffi de leur énonciation pour diviser une action jusque-là commune.

Pour des raisons du même ordre, je termine ici ce chapitre, qui changerait de nature et, d'historique, deviendrait théorique, si je le poussais présentement plus loin. Ce que l'on veut dire quand on dit que « la question sociale

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