‹ Sur les chemins de la croyance. Première étape: L'utilisation du positivismeChapitre 58 sur 87 · Rousseau : Contrat social, IV · texte numérisé non relu

Rousseau : Contrat social, IV

Nous avons le droit imprescriptible de penser autrement que l'Etat, mais, comme il faut une religion, l'État se réserve le droit de nous bannir, ou de nous supprimer, si nous pensons autrement que lui I Et pourquoi faut-il une religion ? Parce que, sans religion, l'État n'est plus l'État, une société organisée, un corps dont ses citoyens ne sont que les membres, mais un agrégat d'éléments disparates, hétérogènes, hostiles, et en un mot le contraire de tout ce qu'implique la notion de l'État. L'État laïque ne peut demeurer l'État qu'à la condition de se faire une religion de lui-même, et de l'ensemble des moyens qu'il estime les plus propres à lui garantir sa propre durée ^.

Cette unité « sociale », que les caprices de la « raison individuelle » menacent à chaque instant de briser, d'autres, plus libéraux que le citoyen de Genève, ont essayé de la refaire par le sentiment, et ce sont ceux qu'on pourrait appeler les théoriciens de la religiosité : Keble en Angleterre, Schleiermacher en Allemagne, Renan chez nous, en ont été les plus éminents. Rendons justice à leurs intentions 1 Mais ils n'ont oublié

Page 1