‹ Sur les chemins de la croyance. Première étape: L'utilisation du positivismeChapitre 77 sur 87 · A moins, bien entendu, qu'elles ne nous soient don · texte numérisé non relu

A moins, bien entendu, qu'elles ne nous soient don

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G est ainsi que la dialectique la plus subtile ne saurait établir la théorie du mariage monogame et indissoluble sur une autre base que celle des conséquences du divorce et de la polygamie pour la sécurité et la dignité de la femme. On le voit bien en Chine et en Turquie, ou de très honnêtes confucianistes, et même des ulémas très pieux, très attachés d'ailleurs à toutes les pratiques de leur religion, ne semblent point avoir éprouvé de scrupules sur cet article de l'union conjugale. Pareillement, en ce qui touche l'esclavage. Pour que l'esclavage pût disparaître, ce qu'il a fallu que le christianisme fît entrer dans

nées, selon l'expression d'Auguste Comte citée plus haut, «comme émanées de volontés surnaturelles», ce qui est ici le cas. Mais quand ce ne l'est pas, et partout où ce no l'est pas, les pharisiens auront beau se voiler la face et pousser jusqu'au ciel des clameurs indignées, il sera certain que les « vérités morales » ne se prouvent que par la nature de leurs conséquences. Car elles ne sont vraies, et ne peuvent l'être que de leur « convenance » avec les besoins de notre nature ; et comment ces besoins eux-mêmes se prouvent-ils, sinon par l'expérience, dont le temps est sans doute un facteur? Les vérités ne s'établissent directement qu'en matière scientifique, et encore pas toujours : on n'établit pas directement la sphéricité de la terre. Mais les vérités morales ne se dégagent, pour ainsi parler, que des confirmations qu'elles reçoivent de l'histoire, et là même est l'explication des prétendues varialions de la morale, qui en seraient mieux dénommées le progrès.

les esprits, c'est la conviction de ce que les conséquences de la servitude avaient d'attentatoire à l'humaine égalité. Si nous sommes égaux, c'est que, delà supposition d'une inégalité foncière et irréductible entre les hommes, s'engendreraient, et en fait se sont engendrées, dans l'histoire, les pires abominations. La preuve de l'égalité se fait par les conséquences de l'inégalité. Nous sommes égaux, parce que, si nous ne l'étions pas, la moitié d'entre nous s'en trouveraient empêchés d'être hommes. C'est ce qui nous rend insupportable aujourd'hui la pensée qu'un homme soit la chose d'un autre homme.

Et après cela, conformément à l'esprit de la méthode positive, je n'examine point s'il a fallu que, pour poser ainsi la a question sociale », le christianisme fût « divin ». J'essaye de ne point embrouiller les questions. Il ne s'agit, dans cette série d'études, que du christianisme comme doctrine religieuse ou plutôt philosophique, et indépendamment de telle ou telle opinion que Ton ait sur la « révélation ^ ». C'est ce qui peut en faire l'intérêt. Et j'ai la prétention de ne

1. C'est ce que j'ai déjà dit dans la préface de ce livre, mais c'est ce que je crois utile de redire en approchant de la conclusion de ces études.

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pas m'écarter de ce point de vue dans ce que je voudrais dire maintenant des rapports de la (( question morale » avec la « question religieuse ».

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