‹ Sur les chemins de la croyance. Première étape: L'utilisation du positivismeChapitre 80 sur 87 · C'est ce que l'on continue de chercher de nos jours · texte numérisé non relu

C'est ce que l'on continue de chercher de nos jours

3. L'économiste s'appelle Yves Guyot et le statisticien Arsène Dumont.

l'équation fondamentale 289

de la méconnaître, ou une facile originalité ? mais on s'en est fait à tout le moins une méthode, un système, et, comme les Victor Cousin ou les Jules Simon, des rentes philosophique» et une situation dans l'État \

Heureusement que, tandis qu'ils s'attardaient aux idées d'un passé désormais révola, une information plus précise et plus étendue nous obligeait de reconnaître l'étroite connexion de la morale et de la religion dans l'histoire.

Existe-t-il peut-être, aux bords de quelque lac de l'Afrique centrale ou dans quelque île perdue de rOcéanie, des peuplades étrangères à toute idée religieuse ^ ? Les uns disent oui, les autres disent non. Mais ce que l'on peut affirmer,

1. Je me suis expliqué plus d'une fois, et plus haut, notamment, sur cette « politique » de l'éclectisme, qui n'a pas contribué médiocrement à la crise actuelle de la morale, comme à l'ébauche de la doctrine d'Etat que nous voyons essayer aujourd'hui de se constituer. Un christianisme sans Eglise et sans Christ, telle pourrait être, sous le point de vue moral, une assez bonne définition de l'éclectisme. Le Vrai, le Beau, le Bien du maître en serait l'Evangile ; la Religion naturelle de Simon en contiendrait le Credo ; et les ouvrages du bon M. Janet en formeraient le développement.

2. Voyez là-dessus Quatrefages, dans son Rapport de 18G7 siu- les Progrès de l'anthropologie ; et, depuis, dans son Ê^and ouvrage sur les Races humaines.

SI

c'est que, quelque grossière que soit la religion de ces races inférieures, dont l'anthropologie n'a pas encore décidé s'il convenait de les appeler c( primitives » ou a dégradées », leur religion est toute leur morale, — et on pourrait ajouter toute leur sociologie. Les Hottentots ou les Tasmaniens n'ont peut-être aucune idée de Dieu, ni du bien, ni du mal, mais ils en ont certainement une de ce qui leur est entre eux « permis » ou a défendu ». « Aucun sauvage n'est libre, dit à ce propos sir John Lubbock. Sa vie journalière est partout dans l'univers réglée par un ensemble de coutumes compliquées et incommodes auxquelles il obéit comme à des lois 2. » Ces coutumes sont à la fois sa « morale » et sa « religion » ; et elles ne sont même sa morale qu'autant qu'elles sont sa religion.

Au degré le plus bas de l'humanité, la religion n'est donc pas seulement la sanction de la morale : elle en est l'origine ou la source même. La nature de la croyance est l'expression de la moralité. Et, sans avoir besoin pour cela de passer les mers ou d'explorer, s'il en

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