‹ Sur les confins du Maroc; d'Oudjda à Figuig. Ouvrage orné de 68 gravuresChapitre 10 sur 80 · LA LÉGION ÉTRANGÈRE · texte numérisé non relu

LA LÉGION ÉTRANGÈRE

naires les égaux des plus belles armées d'Europe. Il faut, comme nous l'avons fait, entrer dans leur quartier, visiter ces casernements vastes, gais, aérés, avec leurs salles à manger, leurs claires chambrées ; il faut assister aux défilés, aux exercices, aux manœuvres, aux ébats joyeux des hommes aux heures de repos, pour reconnaître qu'il n'y a rien ici du bagne et des forçats

Le quartier de la Légion Étrangère, à Sidi-bel-Abbès. {Cl. Neurdein.)

dont parlent les critiques étrangères. Il faut aussi causer avec ces soldats, dont beaucoup, il est vrai, ne parlent que l'allemand.... Mais, au moment même de notre visite, un personnage dont l'opinion ne peut être soupçonnée de partialité pour la Légion, un journaliste allemand distingué, M. de Hesse von Wartegg, poursuivait à Bel-Abbès une enquête qu'il a communiquée aux journaux allemands et qui fait justice de ces calomnies. « J'ai parlé, dit- il, de leur service et de leur vie à beaucoup de soldats. Aucun ne se plaint. L,eur solde est, il est vrai, très minime pendant

deux ans: un sou par jour; mais l'ordinaire, dans les casernes, et je m'en suis convaincu par moi- même, est excellent. Ils reçoivent, deux fois par jour, de la soupe, de la viande, des légumes, et, dans certaines unités même, un plat sucré. Une fois par semaine, ils prennent vm bain, et leur service n'est nullement aussi sévère qu'on le prétend.... Ceux qui se plaignent d'être maltraités, d'être astreints à un service éreintant, de souffrir des privations, m'ont dit ces soldats, ce sont des jeunes gens gâtés par vme vie de plaisirs et de dissipation, et incapables de s'habituer à la discipline de la Légion et à la dure vie militaire.... Il ne faut pas croire que la Légion soit un corps disciplinaire comme les bataillons d'Afrique ; c'est un corps d'élite qui, depuis sa création en 1831, s'est fait un nom glorieux sur les champs de bataille aux quatre coins du globe. »

Quel est le Français qui ignore les glorieux exploits de la Légion, à Madasgascar, au Tonkin, en Afrique, partout où, depuis un demi- siècle, la France a dû lutter contre la barbarie ? Ces joursci encore, ce sont les légionnaires qui les premiers ont arrosé de leur sang les rives de la Moulouïa. « Et, comme le dit fort bien encore le capitaine Normand, si nos voisins d'outre- Rhin critiquent la substitution de l'inscription « Valeur et Disciphne » sur le drapeau des régiments étrangers, à celle habituelle en France « Honneur et Patrie », notre croix d'hoimeur, accordée à ce drapeau en hommage d'admiration pour ceux qui ont vécu sous ses plis, vient témoigner que la France sait reconnaître la noblesse des armes partout où elle existe. Le légionnaire porte au fond du cœur la belle parole du général Lyaute)^ : « Vous n'avez d'autre patrie que ce drapeau. Il est pour vous toute la patrie. Il vous en est deux fois plus cher ! »

En parlant de la Légion, on ne peut passer sous silence l'admirable musique militaire que possède le i^r Etranger et qui, par le nombre de ses instrumentistes — en majorité Allemands et

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