‹ Sur les confins du Maroc; d'Oudjda à Figuig. Ouvrage orné de 68 gravuresChapitre 17 sur 80 · LES CASCADES DE MEFROUCH · texte numérisé non relu

LES CASCADES DE MEFROUCH

Les vantaux de bronze ciselé de la grande porte qui sont un objet d'orgueil pour les Vrais croyants et que les flots apportèrent

Les cascades de Mefrouch. {Cl. Rousselet )

miraculeusement d'Espagne, la cour entourée de cloîtres, les colonnes de marbre, les retombées des arceaux chargés d'arabesques capricieuses, la voûte du Mthrab découpée à jour, le

46 SUR LEvS CONFINS DU MAROC

Minhar ou chaire de l'iman en bois ciselé et peint, il faut tout regarder, tout admirer. » Il ne faut pas oublier non plus la belle coupole à alvéoles du porche, qui est un des spécimens les plus importants d'ouvrage de ce genre à Tlemcen et peut se comparer à ceux de l'Alhambra, ni l'élégant minaret décoré de faïences qui flanque la façade.

Pour terminer cette journée, notre cocher égj'ptien, l'aimable Djilelli, nous propose de nous mener aux cascades de Mefrouch que nous n'avons fait qu'apercevoir du chemin de fer. Du pied de la colline de Bou-Médine, une route délicieuse y conduit, serpentant à mi- côte parmi les oUviers. Surtout le parcours, on jouit d'une série de vues absolument ravissantes sur la vallée et les monts qui l'enserrent. Puis, par une entaille dans le roc, on contourne l'éperon du Djebel Hanif (1298 mètres) et on plonge, par une rampe rapide, ombragée de beaux arbres, dans le gouffre {eUOitrit en arabe) au fond duquel écmne entre de hautes parois rougeâtre le Saf-saf ou Mefrouch. Soudain, à un tournant, on embrasse d'un seul coup d'œil le grandiose tableau de la rivière tombant en cinq bonds successifs du sommet de la montagne.

« Qu'on se figure, dit l'abbé Barges, vme muraille de rochers élevés, disposés circulairement comme dans un cirque. Tout le long des parois de cette muraille de rochers, s'élèvent, grimpent, tombent et s'enlacent des fouiUis de plantes, d'arbustes de toutes sortes. L'eau se précipite en nappes du haut des rochers, comme un fleuve qui aurait rompu sa digue, et la végétation qui recouvre les parois de ce vaste cirque est tellement épaisse que ces nappes d'eau filtrent, pour ainsi dire, au travers de ce feuillage merveilleux et arrivent en poussière de diamant à la base des rochers. »

Fort heureusement, la légère arcade métallique sur laquelle la voie ferrée franchit le gouffre et les cascades a été fort judicieusement placée et n'a pas sensiblement altéré l'harmonie de ce grandiose tableau.

Page 1