‹ Sur les confins du Maroc; d'Oudjda à Figuig. Ouvrage orné de 68 gravuresChapitre 23 sur 80 · LA TAFNA · texte numérisé non relu

LA TAFNA

que ses eaux ont taillées dans ce sol d'argile plastique. Des touffes de lauriers- roses, satdes africains, couvrent une partie de son lit. La profondeur de l'eau, divisée en plusieurs bras, ne dépasse guère en ce moment 60 centimètres à i mètre ; mais.

La Tafna. (Cl. Rousselet.)

à la moindre pluie, ce niveau peut s'élever en quelques heures de plusieurs mètres. Ces crues sont si rapides, qu'il n'est pas rare de voir des troupeaux entiers, avec leurs bergers, surpris cheminant f dans le lit à demi- desséché et emportés à la mer. Ses eaux ne nourrissent, paraît- il, que des barbillons et des anguilles ; mais, à certaines saisons, les aloses en ^remontent le cours à une distance considérable de la mer. Notons, pour les amateurs, que ses rives abondent en une espèce de chardons, dont les tiges

desséchées, couleur d'acier, semblent avoir été dessinées par un maître en l'art de la ferronnerie.

Encore quelques kilomètres en terrain nu et vallonné, et nous atteignons l'Oued-Mouilah, charmant ruisseau, bordé de trembles et d'eucaljTptus, qui n'est autre que le cours inférieur du célèbre Oued-Isly. Au delà, dans une oasis de verdure, qui contraste avec l'âpreté du pays environnant, la petite ville de lyalla-Marnia étale ses maisons blanches d'aspect mauresque, dominées par le léger minaret d'une mosquée. Nous voici à l'étape et bientôt attablés pour déjeuner dans un très convenable petit hôtel

C'est en 1843 que fut créé le poste de Lalla-Marnia (ou Maghnia). On lui donna le nom d'un marabout célèbre, qui dresse encore aujourd'hui sa pittoresque coupole à l'entrée de la ville, et sous lequel repose une sainte musulmane [Lalla veut dire « Dame ») dont les restes sont l'objet d'une grande vénération parmi les femmes maugrebines.

lyC nouveau poste, qui devait durant plus de soixante ans marquer le point d'arrêt de notre marche vers l'ouest, commandait à la fois l'entrée des vastes et riches plaines des Angad et des Trifas et de la région montagneuse des Béni-Snassen ; aussi les Marocains tentèrent de s'opposer à son installation et, le 30 mai 1843, ils assiégeaient avec des forces considérables la redoute à peine construite. « A n'en pas douter, écrit le capitaine Piquet, c'était la guerre. Bugeaud se hâta d'accourir. Une entrevue entre le général Bedeau et le caïd d'Oudjda fut interrompue par une attaque soudaine des chefs marocains, que le maréchal leur fit d'ailleurs payer cher ; les spahis élevèrent une pyramide de 150 têtes ; puis l'armée gagna Oudjda.... Le camp marocain était à deux portées de canon du camp français ; le fils même du sultan approchait à la tête de nouvelles troupes.... Bugeaud conçut aussitôt le plan de la campagne qui devait se terminer par h.

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