‹ Sur les confins du Maroc; d'Oudjda à Figuig. Ouvrage orné de 68 gravuresChapitre 34 sur 80 · LE JEU DE HOCKEY MAROCAIN · texte numérisé non relu

LE JEU DE HOCKEY MAROCAIN

de donner cet uniforme à tous les goums réguliers d'infanterie que nous formerons au Maroc.

De retour en ville, nous allons visiter, près de la porte de Taza, l'école franco- marocaine, qui a été créée depuis notre occupation et qui est une œuvre fort intéressante.

On a construit, encadrant une assez grande cour, deux pavillons de style mauresque qui paraissaient au début bien vastes et qui suffisent à peine aujourd'hui à contenir les écoliers des deux sexes, qu'y envoient, non seulement les Européens, mais nombre de familles juives et musulmanes. Sous la surveillance des instituteurs et institutrices français, ce petit monde bigarré de tjrpes et de costumes s'ébat dans la cour, lors de notre arrivée, et c'est amusant d'entendre la bizarre cacophonie de toutes ces petites voix baragouinant un mélange de français et d'arabe. L'enseignement, basé sur le programme des écoles primaires algériennes, est donné au début dans les deux langues, puis ensuite exclusivement en français. Il paraît que les résultats sont excellents et rapides : on nous montre, du reste, dans les classes des cahiers de travail, certainement équivalents par la régularité et la netteté de leur écriture à ceux des élèves de nos écoles de villages.

Au cours de notre promenade, nous avons assisté à un jeu des enfants marocains appelé la koura et qui participe à la fois du hockey et du foot-ball. Armés de courts bâtons terminés en crosse, les jeunes Maugrebins, divisés en deux camps, se disputent une assez grosse balle faite en fibres de palmiers qu'il s'agit de pousser vers un but ; c'est là, je crois, la règle du hockey; mais ce qui donne l'impression du foot-ball, c'est la fureur de la mêlée qui entoure la balle à chaque coup : les crosses volent en l'air, s'abattent sur les épaules et sur les crânes, comme si les gamins se livraient un combat acharné ; des grappes humaines se roulent sur la balle, avec des vociférations et des hurlements incoimus de

nos joueurs. Cependant, comme le dos du Maure a été fait pour recevoir des coups de bâton et que sa tête est plus dure qu'un caillou, ces combats frénétiques semblent se passer sans accident grave.

Notre première journée s'est passée ainsi à errer à travers la ville et dans les jardins de l'oasis qui l'entoure sur vme largeur d'environ un kilomètre, remettant au lendemain nos excursions aux environs.

A la nuit tombante, nous sommes revenus dans les souks, nous aventurant sans crainte parmi la foule, malgré l'obscurité que ne dissipent pas complètement les lampes à acétylène administratives (la ville doit prochainement être éclairée à l'électricité), et nous avons constaté qu'Oudjda ne manque pas d'animation le soir. Dans les cafés maures, dansent, au son du tambourin, les brunes aimées, et, à l'hôtel Figari, une troupe française de passage donne dans la cour du fondouk tme représentation d'opérette.

L'Oued-Oudjda et les séguias. — L'oasis de Sidi-Yaya et le tombeau du marabout. — Visite au conunandant du territoire. — Les boucles de la Moulouïa. — Le massif des Béni-Snassen et la campagne de 1907. — Berkane. une ville champignon.

Nous avons fait ce matin une charmante promenade jusqu'à la sainte oasis de Sidi-Yaya, à environ 5 kilomètres dans le sudest d'Oudjda.

Après avoir franchi la ceinture de jardins qui entoure la ville et traversé le camp français, où, à cette heure matinale règne une joyeuse animation, nous prenons tm chemin qui bifurque à gauche de la grande route. Ce chemin n'est qu'une piste sinueuse tracée autrefoisparles pieds des pèlerins qui, à certaines époques, se rendent en foule à la tombe vénérée du marabout

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