‹ Sur les confins du Maroc; d'Oudjda à Figuig. Ouvrage orné de 68 gravuresChapitre 37 sur 80 · LE MASSIF DES BÉNI-SNASSEN · texte numérisé non relu

LE MASSIF DES BÉNI-SNASSEN

« Si l'on se place, dit l'éminent géologue, au point de vue de la géographie physique, on constate que ce massif forme un vaste bombement elliptique allongé dans le sens ouest- est, lequel, commençant ]au col du Guerbous.^à la frontière algérienne, finit à laMoulouïa. Il est déplus encadré par deux grandes plaines: celle des Trifas au nord etTla plaine des Angad au sud, et dans ces plaines, des chaînons ou]des collines parallèles du massif central actuel forment comme les témoins d'une chaîne plus puissante de l'époque tertiaire, aujourd'hui amoindrie par l'érosion. Ce qui frappe tout d'abord dans la situation du massif des Béni- Snassen, c'est la différence considérable du niveau des deux plaines qui l'encadrent : tandis que la plaine des Angad a une altitude moyetme oscillant autour de 600 mètres (800 m. àOudjda), celle des Trifas n'atteint pas 100 mètres. Il en résulte un régime hydrographique tout différent suivant qu'on observe le flanc nord ou le revers méridional de la montagne.... »

Ce massif a été, à plusieurs reprises, le théâtre de grandioses phénomènes volcaniques ; « aux temps primaires, des éruptions importantes ont couronné de leurs déjections de laves et de cendres la première ébauche du massif. Et ce n'est que beaucoup plus tard, durant l'ère tertiaire, que l'activité volcanique, longtemps endormie, s'est subitement réveillée, surtout dans la vaste plaine d'Oudjda, jetant partout le 'désastre pour préparer la fertilité. » Nous avons déjà signalé le caractère volcanique de la plaine des Angad. « Tout autre est l'origine de la fertilité de la plaine des Trifas. Ce ne sont ici que sables argileux rouges provenant, soit de l'alluvionnement, soit, en grande partie, de la désagrégation de grès calcaires qui recouvraient [^autrefois la vaste étendue de]terre qui sépare le 'massif du littoral. »

Dominés par le majestueux jpic du Ras Foural, qui dresse son sommet à 1539 mètres au-dessus de la Méditerranée voisine, les monts des Béni-Snassen sont courormés!de neige pendant la plus

grande partie de l'hiver, et, en ce moment encore, au mois de mars, toute leur région supérieure semble couverte de glaciers étincelants sous l'ardent soleil d'Afrique. Ces neiges alimentent les torrents qui bondissent au fond des gorges profondes et forment en certains endroits, près de notre poste d'Aïn-Taforalt entre autres, de charmantes cascades; aussi est-ce le moment que doivent choisir les touristes pour visiter ces montagnes où l'on peut circtder en toute sécurité et dont les paysages peuvent se comparer à ceux de la Grande Kabylie, voisine d'Alger. Notre Génie mihtaire y a créé tout tm réseau de routes praticables aux automobiles ; malheureusement, l'hiver a été très rigoureux cette année, et ces chemins, encore peu solides, ont été dégradés en de nombretix points, et nous devons renoncer à y passer. Il nous faut donc remettre à des temps meilleurs la visite du massif, et nous ne pouvons que la recommander aux touristes qui seraient tentés de venir jusqu'à Oudjda.

Les crêtes et les sommets de la montagne sont couverts d'ime superbe parure de chênes zéens qui sont la principale richesse du massif, dont le sol est autrement peu fertile. « Et si les fonds de vallées montrent parfois des vergers d'amandiers et d'orangers, comme à l'Oued-Zegzel, dont la réputation légitime a des échos jusqu'à la côte atlantique du Maghreb, ce n'est dû qu'à la présence de l'eau et aussi à la ténacité des Berbères qui n'ont pas craint, ici comme ailleurs, de fertiliser les fonds de vallées les plus sauvages et les plus arides, comme ils l'ont fait dans le Haut Atlas marocain. » Partout où peuvent courir les eaux, ce ne sont, au pied de chaos de rochers qui dominent des précipices vertigineux, que riches vergers entourant de gros villages, aux maisons basses pittoresquement groupées.

Nous avons dit que l'on pouvait circuler partout ici en parfaite sécurité et sans escorte: c'est que, plus qu'autre part encore, on y sent la bienfaisante influence de la « paix française » ; par la

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