‹ Sur les confins du Maroc; d'Oudjda à Figuig. Ouvrage orné de 68 gravuresChapitre 38 sur 80 · LES OPÉRATIONS DE · texte numérisé non relu

LES OPÉRATIONS DE

bienveillante fermeté des rapports que nos officiers de troupes aussi bien que ceux des Bureairx arabes entretiennent avec les indigènes, ces farouches montagnards, si redoutés, ont été amenés ^à nous accueillir comme des protecteurs et des amis.

Il nous faut, avant de quitter cette région Nord des Confins, exposer brièvement les causes qui ont déterminé notre intervention et les magnifiques résultats que nous avons obtenus dans le court espace de moins de quatre ans.

On sait comment, autant pour obtenir une compensation de l'assassinat à Marrakech du docteur Mauchamp que pour éviter les troubles dont Oudjda était le théâtre depuis quelques années, le général Lyautey procédait, en mars 1907, à l'occupation de cette ville. Celle-ci, avec la plaine qui l'entoure, était, du reste, le seul point du pays sur lequel le sultan exerçât une autorité assez précaire, qui ne s'est jamais étendue jusque sur les tribus qui occupent les régions montagneuses tant au sud qu'au nord. Les farouches Béni-Snassen, entre autres, ont toujours repoussé toute ingérence du Makhzen, et notre arrivée à Oudjda ne fit que surexciter leur amour de l'indépendance. Cependant ils ne s'opposèrent pas tout d'abord à notre établissement dans leur voisinage ; mais cette tranquillité durant la belle saison n'avait été dictée que par leur désir de rentrer leurs récoltes. Celles-ci mises dans les silos, l'agitation commença à se manifester parmi eux. Bientôt des cavaliers Béni- Snassen faisaient des incursions dans la plaine des Angad, et le colonel Henrys, commandant alors le corps d'occupation en l'absence du colonel Félineau, était obligé d'envoyer une reconnaissance pour rassurer les tribus Angad placées sous notre protection.

Le 7 octobre, la recoimaisssance était attaquée près de Taourirert et avait un spahi tué, au moment où nos goinniers étaient en pourparlers avec les Béni-Snassen. Elle repoussa l'agression, mais elle en subit une seconde de la part de nombreux fantassins bien armés qui tentèrent d'envelopper nos 275 hommes ; mais ils

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furent également repoussés avec perte, non sans nous avoir tué deux spahis et blessé deux tirailleurs. Dès le lendemain, le colonel Henrys se portait en avant avec des renforts et faisait détruire de loin, par le feu des canons de 75, installés au pied de la montagne, les villages des tribus coupables de l'agression de la veille et qui devaient se croire en sécurité au sommet des contreforts escarpés où Us s'abritaient.

Une amende avait été imposée aux Béni-Snassen qui avaient promis de l'acquitter. Mais l'engagement n'ayant pas été tenu et les tribus manifestant une vive effervescence, une colonne sous les ordres du colonel Félineau, sortait, le 23 novembre, d'Oudjda et s'avançait vers le village de Hassi-Khalifat où elle rencontrait les montagnards qu'elle mettait en déroute ; le lendemain, ceux-ci revenaient en grand nombre, et, après un combat acharné qui faisait subir des pertes énormes aux Marocains, mais qui nous coûtait 14 blessés et 6 tués dont le lieutenant Roze du 2® spahis, nos troupes débordées étaient obligées de rentrer à Oudjda. Au même moment, un détachement de 250 fantassins, avec quelques spahis et goumiers, parti de Port-Say, entrait en contact avec les Béni-Snassen et se voyait, lui aussi, obligé, devant l'énorme supériorité numérique de l'ennemi, de battre en retraite. Malgré l'héroïque résistance de la poignée de spahis et de gotuniers, commandée par le lieutenant Maire-Sébille, qui, deux jours après, eurent à soutenir le choc furieux d'une masse évaluée à 1200 ou 1 500 montagnards, ceiix-ci franchissaient notre frontière, brûlant et saccageant tout sur leur passage. Ce n'est que le 28 que les renforts amenés de Nemours réussissaient, après tm long engagement qui Jnous coûtait encore le lieutenant Saint- Hilaire et 10 hommes, à refouler cette horde sauvage, et la rejetaient dansles montagnes.

Cette audacieuse agression fut rapidement et énergiquement châtiée. Sur les ordres du gouvernement, le général Lyautey

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