‹ Sur les confins du Maroc; d'Oudjda à Figuig. Ouvrage orné de 68 gravuresChapitre 64 sur 80 · LE DJORF ET LES KSOUR · texte numérisé non relu

LE DJORF ET LES KSOUR

cupe guère que la partie occidentale de cette immense arène, et cette partie est partagée, elle-même, sur toute sa longueur, en deux zones, deux étages, par un ressaut rocheux, tme sorte de falaise, appelée le Djorf, du haut de laquelle ruissellent les nombreuses sources qui alimentent la palmeraie alignée à sa base. Le reste, nu, presque partout inculte, forme la plaine de Baghdad, bornée à l'est par le piton isolé du Djebel Ardja.

Des sept ksour compris dans cette formidable enceinte natu-

La plaine de Baghdad et le Djebel Ardja. (Cl. L. Rousselet.)

relie et composant la confédération du Figuig, tm seul, le plus important, le ksar de Zenaga, qui compte 7500 habitants, repose dans la plaine inférieure. Les six autres s'échelonnent à l'étage supérieur du Djorf, sur le plateau que soutient la falaise et qui s'élève en pente douce vers le Grouz ; ce sont : Oudaghir, la capitale d'en haut (3200 habitants); el Abid (700 hab.) ; le ksar des Ouled-Sliman (1200 hab.), el Maïz (2300 hab.). Hammam Tahtani (800 hab.) et Hammam Foukani (1500 hab.) : ce qui représente un total d'environ 17 000 habitants, chiffre très approximatif, car il n'a jamais été fait de dénombrement.

Après cette indispensable esquisse géographique et sans nous arrêter à l'organisation si curieuse de ces cités berbères sur laquelle nous aurons l'occasion de revenir au cours de notre visite, reprenons notre promenade.

A partir du sommet du col, la route, entaillée dans le talus intérieur du Djebel Zenaga, s'abaisse en pente douce vers la plaine de Baghdad, qui, ainsi que nous l'avons dit, s'étend entre l'enceinte de l'oasis et le pied de la chaîne bordière que nous venons de franchir. Véritable désert, au sol uni comme un miroir, à peine parsemée de quelques touffes de thym et d'armoise, cette plaine forme un étrange contraste avec la luxuriante végétation qui la borde sur une longueur de plusieurs kilomètres. I,' élégante pyramide du Djebel Ardja, noir rocher brûlé par le soleil, se dresse à l'horizon comme xme île surgie de cette nappe de sable et de cailloux. Et cependant le sol est ici le même que dans l'oasis voisine ; il lui suffirait de recevoir le surplus des eaux si abondantes que le Djorf pourrait aisément lui fournir pour se couvrir à son tour de cultures et de jardins. Déjà, du reste, la sécurité que nous leur avons apporté donnant confiance aux ksouriens, les champs empiètent de plus en plus hors de l'enceinte sur l'espace en friche.

Le « chemin de Discipline » se perd dans la plaine et, malgré l'absolue planicité du sol, notre char- à- banc y est violemment secoué par les cahots ; aussi mettons- nous pied à terre. Du reste, nous voici au but, car on ne peut circuler en voiture dans les étroites ruelles de la palmeraie. Mais alors, vif désappointement : dans l'agitation de notre départ, si fâcheusement précipité par notre péttdant coursier, on a oubhé le panier des provisions ! Figuig ne possède encore ni hôtel, bien entendu, ni la moindre auberge, et je ne sais si, à prix d'or, on y trouverait un morceau de pain ou tme galette arabe. Cependant le capitaine Pariel nous a avisé qu'il y a àOudaghir une brave femme d'origine algérienne, , la Juive Rebecca, qui offre aux touristes l'hospitalité, non seu-

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