‹ Sur les confins du Maroc; d'Oudjda à Figuig. Ouvrage orné de 68 gravuresChapitre 7 sur 80 · LA MOSQUÉE DU PACHA · texte numérisé non relu

LA MOSQUÉE DU PACHA

fort commode la visite de cette ville, une des plus accidentées du monde.

Mais, si le nouvel Oran présente toute la banalité des cités

La Mosquée du Pacha, à Oran. {Cl. Neurdein.)

modernes, en revanche, la ville basse, celle des premiers temps de notre occupation, renferme des coins fort pittoresques, surtout quelques rues en escaliers étroits et rapides qui rappellent les scalas de Gênes ou de Malte.

Dans la plus ancienne partie de cette ville, datant des Es-

pagnols, il ne reste que peu de vestiges intéressants de cette époque. Tout au plus, peut-on )citer, [à l'une des entrées de la Kasbah, qui commande le ravin de Malakoff, une curieuse poterne formée d'une succession d'arceaux dont l'un est orné d'un superbe écusson sculpté aux armes d'Espagne.

Oran n'a conservé que peu de moniunents de l'époque turque, et les quelques-uns qui subsistent encore ne sont que d'assez médiocres spécimens de l'art arabe. Toutefois, pour celui qui met pour la première fois le pied sur le sol de l'Algérie, ils offrent assez d'intérêt pour qu'on ne néglige pas de les visiter.

La principale mosquée est celle dite du Pacha, pittoresquement située non loin de la place d'Armes, (à un angle de lia jrue qui dévale en pente rapide vers la ViUe basse. Elle ne date que de la fin du xvin^ siècle, et son haut et massif minaret octogonal fut, paraît- U, copié sur celui d'une des mosquées d'Alger ; mais la cour des ablutions, qui précède la grande salle de prière, offre un gracieux tableau avec son cloître de légères colonnettes et son élégant bassin de marbre abrité sous un petit portique sculpté. De l'autre côté du ravin du boulevard Malakoff, sur la pente de la colline de la Kasbah, la mosquée de Sidi-el-Haouri, qui n'est guère beaucoup plus ancienne, offre un fort joli minaret décoré sur ses quatre faces de charmantes arabesques de b)riques. A citer encore vme vieille maisonnette arabe, d'tm dessin fort simple, située dans une rue voisine de la mosquée du Pacha, et que l'on conserve pieusement comme une relique du vieil Oran ; c'est là que tenait boutique de marchand de tabac le célèbre Hassan, qui devint bey et, à l'arrivée de nos troupes en Algérie, demanda à placer ses Etats sous le protectorat de la France. Autour de la vUle sont encore quelques anciens marabouts \ dont un des plus intéressants est celui du Bej^-Mahommed.

(i) On désigne sous ce titre de petits sanctuaires édifiés auprès de la tombe d'un saint personnage musulman.

MERS-EL-KÊBIR

En somme, Oran mérite bien, lorsqu'on n'est pas pressé, qu'on consacre quelques jours à sa visite. I,a ville offre de nombrevix et intéressants sujets d'observation, et les environs fournissent de nombreux buts de promenades ou de courtes excursions. L'ascension du Mourdjadjo, particulièrement, fort aisée et qui peut se faire en voiture jusqu'aux magnifiques plantations

La citadelle de Mers-el-Kébir. {CL Neurdein.)

depinsd'Alep qui couvrent ses flancs, présente d'incomparables panoramas embrassant, outre l'énorme agglomération oranaise, une bande fort étendue du littoral africain, et de vastes aperçus sur les montagnes côtières et les grandes plaines du Tell encadrant la Sebkha d'Oran, qui est ime sorte de petite mer intérieure.

Notre temps étant limité, nous avons fait en auto la fort jolie excursion du cap Falcon qui forme, à 20 kilomètres, la borne occidentale du golfe. Taillée sur une grande partie de son parcours dans le flanc des falaises dont la mer baigne la base, la route con-

tourne les petites anses qui indentent le rivage et où les Crâniens ont leurs bains et leurs viïlas tapies dans la verdiire. On passe ainsi sucessivement à Sainte- Clotilde, à Saint- André, gros et riants vUlages de banlieue, pour atteindre Mers-el-Kébir, port déchu et antique repaire de pirates, dont la vieille citadelle coiffe pittoresquement un éperon rochevix battu par les flots. Au delà, le chemin se suspend de nouveau contre le flanc de la falaise que l'on est en train de miner pour en tirer les matériaux du nouveau port d'Or an, passe à travers des tranchées et contourne ainsi le cap du Santon ; successivement, à chaque saiUie de la roche, on a de beavix coups d'œil sur la baie d'Aïn-el-Turk, pviis on redescend dans la plaine des Andalous, véritable jardin de culture de primeurs, et au bout de laquelle se dresse, sur vme haute butte rocheuse, le grand phare du cap Falcon, un des plus pviissants de la côte africaine.

La plaine et la Sebkha d'Oran. — Le col de l'Oued-Imbert — Tell et Tessalla. — Sidi-bel-Abbès. — Le type d'une cité militaire. — Espagnols et Arabes. — La légion étrangère. — Les vignobles de Sidi-bel-Abbès. — Les seguias de la Mékerra.

Nous quittons Oran pour Sidi-bel-Abbès, notre première étape sur la route du Maroc, par le train qui part, à dix heures du matin, de la gare monumentale de Karguentah. Le temps est radieux et, à peine hors des faubourgs qui enserrent la ville, nous entrons dans une riante campagne qui, avec ses champs labourés, ses maisonnettes éparses, ses routes bien entretenues, ne dorme guère l'impression d'un paysage africain : une vaste plaine, dont les insignifiantes ondulations courent jusqu'au lointain horizon encadré de montagnes de 600 à 700 mètres aux contoiirs mollement dessinés ; pas d'arbres, sauf quelques oliviers

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