‹ Sur les effets cliniques des gaz de combat allemands: D'un carnet d'observations et de notes relevées aux Armées des FlandresChapitre 10 sur 51 · DOULEURS THORACIQUES ET POINT DE COTÉ · texte numérisé non relu

DOULEURS THORACIQUES ET POINT DE COTÉ

a) Douleurs thoraciques non localisées. — Elles ont été également un symplôme de début. Un très grand tombre de militaires, au moment de leur arrivée dans les formations sanitaires, alors qu'ils étaient sécoués par une toux quinteuse et incessante, et en proie à une dyspnée plus ou moins violente, accusaient des douleurs intolérables dans tout le thorax, el comprimaient leur poitrine entre leurs mains, tant étaient douloureux les muscles de la paroi thoracique. Ces douleurs non localisées, ont disparu, du reste, dans les deux ou trois premiers jours.

b) Point de côté. — Le point de côté proprement dit, n’est apparu, en général, que dans les jours qui ont suivi l’intoxicalion, au moment où chaque affection des voies respiratoires commençait à évoluer. Hi s’est traduit ordinairement, par une douleur brusquement apparue, plus ou moins vive, constante, mais la plupart du temps exacerbée par les mouvements d'inspiration, quelquefois par la pression. Ce point de côté, n’était dans les cas observés par nous, que la traduction d’une lésion pulmonaire où pleu-

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rale, et son siège était en rapport avec la lésion sous-

jacente.

2° Cœur. — À l’arrivée des malades, l'examen du cœur, était en général, difficile, en raison des bruits respiratoires. Il était quelquefois impossible de le sentir battre sous la main. L’auscultation faisait entendre un bruit sourd, lointain, souvent irrégulier. D'ailleurs, au cours des jours suivants, l'examen du cœur étant devenu plus facile, révélait dans un cerlain nombre de cas, de l’arythmie, souvent encore de la tachycardie passagère ; phénomènes que nous avons interprétés comme traduisant l'intoxication sénérale à des degrés plus ou moins marqués. À la période terminale des accidents pulmonaires graves, se sont manifestés souvent, les symptômes de l’asystolie. Chez un seul de nos malades, dont l'observation est reproduite au chapitre « complications », nous

avons relevé des symptômes de péricardite.

3° APPAREIL DIGESTIF. — Les troubles de l'appareil digestif, observés chez un grand nombre de militaires, Sont apparus dès le début, pour disparaître dans certains cas au bout de quelques jours ; pour devenir au contraire, dans d’autres, plus graves, et persister assez longtemps. Chez quelques-uns même, ils ne se sont manifestés que tardivement. |

Ces troubles porlaient principalement sur lestomac, l'intestin et le foie. |

Nous signalerons simplement d'abord, sans nous y arrêler, les symptômes suivants : Etat saburral

plus ou moins marqué, fétidité de l'haleine, anorexie quelquefois persistante.

Estomac. — Vomissements. — Les vomissements.

ont été précoces ou tardifs.

Précoces, ils semblent avoir été la traduction de phénomènes mécaniques dus à l’irriltation, ou même -aux lésions érosives produites par la déglutition des gaz sur la muqueuse gastrique.

Tardifs, ils paraissent plutôt avoir été l’expréssion de l’intoxication par les gaz sur l'économie. Quelle que soit leur pathogénie, les vomissements se sont présentés sous les trois caractères suivants : alimentaires, hémorragiques, bilieur.

__ Les vomissements précoces, survenant soit au moment des accès de toux violents, soit au moment de l’ingestion de liquide (café, thé, lait), se sont montrés . dans un grand nombre de cas. É Hs ont été la plupart du temps alimentaires. Cependant, quelques malades, ont rejeté en même temps un peu de sang, et ont présenté ensuite un Îéger melænda. | Dans ces cas, le vomissement était constitué, tantôt par une masse alimentaire, tantôt seulement de mucosités fluides ou visqueuses, au milieu desquelles on voyait de petites quantités de sang rouge, ou bien de petits caillots noirâtres.

Remarquons, en passant, que ces vomissements initiaux ont loujours eu un effet salutaire, et que

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