A. — DIGESTION DU MUSCLE DANS LES CULTURES TOTALES
I. Muscue Ru. — Expériences. — Nous avons pris des cultures totales, à l’air libre, de Sporogène ou d'Histolytique, ayant une concentration en ions H de pH — 7,5 et âgées de 5 heures d’étuve à 37 degrés. A ces cultures, nous avons ajouté des lambeaux musculaires de cobaye. Ces lambeaux étaient prélevés dès la mort de l’animal par saignée et employés, soit tels quels, soit lavés 30 minutes dans l’eau physiologique, soit enfin hachés.
Le Sporogène n'a pas d'action sur les lambeaux de muscle crû. Nous avons laissé plusieurs mois des fragments cubiques de 1 centim. dans les cultures vivantes sans constater de fonte appréciable. La surface musculaire demeure rouge, luisante, et résiste à la dislocation. Le lavage préalable du lambeau dans de l’eau salée à 9 p. 1.000 ne change rien. Mais la dissociation du tissu (émiettement, hachage) permet au contraire une fonte rapide. Il existe donc pour le Sporogène un ferment myolytique, mais son activité est médiocre. L'action de la dissociation nécessaire pour la fonte du muscle à des effets comparables à l’action de l’instillation d'acide lactique, également nécessaire pour amener la nécrose des tissus lorsqu'on injecte les cultures de Sporogène à l’animal.
L'Histolytique, au contraire, conserve les propriétés digestives qu'il avait si prononcées in vivo. Le muscle dissocié est évidemment digéré le plus vite, en 24 heures. Le muscle cru fond en 48 heures, le muscle lavé en 3 jours. Le lambeau perd rapidement ses formes régulières pour devenir une masse grise, floconneuse. Si l’on agite le tube, il se développe une