D À& © ND
Nous avons calculé par la méthode colorimétrique les concentrations en ions H des tubes après le séjour à l’étuve.
OR
Résultats
pH final
Sn + ones nn rm Et
pH initial
Sporogène Histolytique 3,0 3,0 3,0 4.0 4,0 4,0 48 4,6 4.8 5,5 3.5 5,8 6,8 68 6,3 7.0 6.8 6,7 gs rie 73
Les concentrations ont donc peu varié. Nous avons tracé des courbes en portant les valeurs finales des concentrations en
Fig. 12. — Gélatinase du filtrat d'Histolytique.
yes
ions H en abscisses, tandis qu'en ordonnées nous inscrivions les degrés de liquéfaction de la gélatine.
L'examen de ces courbes montre que les gélatinases des deux microbes ont un optimum d'activité pour pH — 5,5 à 6,0.
Cet optimum est bien différent de celui de la pepsine. Pazrrzcx et Wazsum ont en effet trouvé que la pepsine liquéfiait la gélatine thymolée avec un indice pH optimum de 1,8. Les ferments du Sporogène et de l’Histolytique ne contiennent donc pas de ferment analogue à la pepsine.
Nous pouvons encore comparer ces ferments aux enzymes du groupe des papaïnes (papaïne, broméline, latex du figuier, ete.).
Comme la papaïne, nos deux microbes digèrent l’albumine crue sans nécessiter de dénaturation artificielle préalable. La protéolyse s'effectue dans les deux cas indifféremment en milieu neutre ou légèrement alcalin. Les principaux caractères de la papaïne sont :
1e résistance à la chaleur ; 2. digestion brusque à haute température ; 3. pouvoir précipitant des peptones.
Or, sur tous ces points, quoique nous ayons patiemment renouvelé nos essais, nos résultats sont restés négatifs.
Tout d’abord, les ferments du Sporogène et de l’Histolytique ne résistent pas à un chauffage de 10 minutes à 80 degrés, alors que la papaïne supporte sans dommage cette température pendant 30 minutes. Ce fait explique que nous ne retrouvions pas le phénomène si particulier de la digestion brusque à haute température. Nous avons recherché ce dernier phénomène sur la gélatine, sur l’ovalbumine crue et sur le sérum cru.
Nous n’avons pas constaté de gélatinase à haute température. En chauffant au bain-marie bouillant pendant 5 minutes un tube contenant 2 cc. de gélatine à 10 0/0 et 0. cc. 5 de filtrat de Sporogène ou d'Histolytique, nous n'avons pu déceler la moin-
GES, Pie
dre digestion (persistance de l’état liquide) par rapport aux tubes témoins.
De même, il nous à été impossible de mettre en évidence une digestion brusque du sérum eru ou de l’ovalbumine crue.
Expérience. — Nous avons fait agir 3 ce. de filtrats sur 3 cc. d’une suspension d'ovalbumine à 50 0/0 dans l’eau physiologique. La concentration en ions H des filtrats était pH — 7,0.
Nous avons fait une série de tubes témoins avec 3 cc. d’ovalbumine et 3 ce. de filtrats chauffés 10 minutes au bain-marie à 100 degrés. Nous avons amené lentement les tubes normaux et les tubes témoins à l'ébullition sur un bec Buxsex. Aussitôt après, nous avons précipité les tubes par l'acide trichloracétique bouillant, desséché, enfin pesé les précipités.
Digestion de l’ovalbumine à haute température.
Quantité Poids
Pilérats employée des précipilés Diseshons SPOTOSER OA LU LT 0 gr. 210 O gr. 198 0 gr. 012 Histolytique. 9 gr. 190 Ogr. 181 0 gr. 009
La digestion est insignifiante. De plus la recherche des albumoses dans Les liquides qui filtraient a toujours été négative.
Nous avons répété la mêmeexpérience, en substituant à 3 cc. d’oval-
bumine, 3 cc. de sérum de cheval. Les résultats sont analogues à ceux de l’expérience précédente.
Digestion du sérum à haute température.
Emme qmemanermemmmmmf
s: J Quantité Poids RATE
AUS employée | des précipités PERS SPOTOSe NERF - Ogr. 273 0 gr. 259 0 gr. 014 Histolytique . . 0 gr. 240 0 gr. 219 0 gr. 021
Nous ne retrouvons pas la propriété si caractéristique des papaïnes, qui à 80 degrés digèrent instantanément le sérum ou l’'ovalbumine crus.
Reste enfin le troisième caractère des papaïnes : pouvoir précipitant des peptones par Les solutions papaïniques bouillies. Nousavons déjà signalé dans les pages qui précèdent que les filtrats bouillis employés comme témoins dans les mesures de protéolyse donnaient à la longue des précipités opalescents au contact des albumines naturelles. Pour la papaïne ce précipité apparait immédiatement, surtout dans un milieu légèrement alcalin. Nous n'avons pu retrouver ce phénomène que pour les filtrats d'Histolytique et encore à l’état débauche.
Nous avons fait macérer une heure à 37 degrés dans un litre d’eau un kilo de viande de bœuf hachée. Nous avons neutralisé la macération à la phtaléine (pH = 8,0) et nous l’avons filtrée sur bougie de porcelaine, pour ne conserver que les peptones et les albumoses, Nous avons alors ajouté à 1 cc de liquide clair 1 cc. de filtrat normal de Sporogène ou d'Histolytique. Nous avons etfectué la même opération en employant des filtrats chauffés une minute à l'ébullition, puis filtrés sur papier. Comme témoin, nous avons pris { cc. de solution de papaïne ou { ce. de solution de papaïne bouillie puis filtrée sur papier Chardin, que nous avons mis au contact de À ce. de macération.
Résultats
Solutions Aclion sur la,macération de viande aa DOPHAlC- LE pas de précipité Papaine DOUTER EE précipité abondant Filtrat HORAIRE pas de précipité de Sporogène./ bouilli.". pas de précipité À Filtrat normal AAC pas de précipité d'Histolytique/ bouilli . . . . {trouble augmentant par le séjour à 370
IL est nécessaire de filtrer les solutions bouillies car l’ébullition trouble abondamment les solutions de papaïne et rend très opalescents les filtrats de Sporogène et d’'Histolytique.
Sur la macération de viande, la papaïne bouillie produit un précipité très net, le filtrat de Sporogène est inactif, le filtrat d'Histolytique donne seulement un louche qui augmente par le séjour à 37 degrés.
Nous ne pouvons baser sur ce caractère fragile une assimilation des deux groupes de ferments. Il est vraisemblable que ce : pouvoir précipitant relève d’un phénomène plus général.
Les ferments du Sporogène et de l'Histolytique qui n’agissent ni comme une pepsine, ni comme une papaïne, sont à rapprocher des peptases de Vines, ferments protéolytiques qui apparaissent dans les graines en germination et dans l’autolyse de la levure. Comme les filtrats du Sporogène et de l'Histolytique, ces diastases hydrolysent l’albumine, sont actives en milieu neutre ou plutôten milieu légèrement acide, et conduisent la matière protéique aux stades albumoses et peptones.
Mais nous avons signalé la grande proportion d'acides aminés apparaissant dans les cultures sur bouillon et même pendant la digestion des albumines naturelles. On ne peut rapporter ce fait à une peptase dont l’action sur les protéines dépasse . rarement les peptones comme produits de transformation. Il faut admettre l'existence d’un autre ferment qui disloque les peptones en acides aminés.
Pour résoudre ce problème, nous avons recherché la concentration optima en ions H qui permettait aux ferments du Sporogène et de l'Histolytique de transformer les peptones en acides aminés.
Nous avons d’abord préparé des solutions de peptone possédant des concentrations variables en ions H. Pour cela nous avons additionné 10 ec. de peptone de Wurre à 4 0/0, titrant pH — 4,5, de solutions décinormales de.soude ou d'acide chlorhydrique de façon à réaliser une gamme de concentrations de 3,0 à 8,5, calculées par la méthode colorimétrique. Par l’addition d’eau distillée neutre, nous avons réalisé. constamment un volume total de 16 cc.
N/10 HCI :
410 cc. peptone à 4 0/0 + + H°20 = 16 cc.
N/10 NaOH
Re
EEE mmmmmmmememmennnnemnne qe
Nos des tubes ce. N/10 NaOH cc. N/10 HCI pH calculé 1 — 6,0 3,0 2 — 1,0 4,0 3 —— — 4,5 4 0,4 —— 5,9 5 0,8 — 6,2 6 2,0 — ve 7 3,0 — 7,6 8 5,0 — 8,5
Nous avons ajouté à chaque tube 1 ce. de filtrat de Sporogène (culture de 72 heures), ou d’Histolytique (culture de 24 heures), titrant pH= 7,0, c’est-à-dire de réaction neutre.
Nous avons mis dans chaque tube quelques gouttes de toluène comme antiseptique. Nous avons titré l’azote-formol immédiatement pour une série de tubes témoins, après un séjour de 17 heures à 37 degrés pour les autres tubes. Nous avons également calculé les variations de pH dans une série de tubes de contrôle. |
Voici nos résultats, donnés en centimètres cubes de soude décinormale et correspondant à 10 cc. de peptone.
Augmentation des acides
pH PH final aminés initial me ; Ke Sporogène | Histolytique Sporogène | Histolytique
Ti 7,4 1.2 1,3 0,8 7,6 7,6 1,6 0,6 0,2 8,5 8,5 8,5 0 0
Ces résultats sont plus faciles à interpréter sur un graphique. Nous avons porté en abscisses les valeurs finales des pH, en ordonnées l’augmentation des acides aminés (en centimètres cubes de soude décinormale).
L'optimum de concentration en ions H pour la scission des peptones est analogue pour les ferments des deux microbes, et
Fig. 13. — Action du filtrat de sporogène sur la peptone.
se place au voisinage de pH — 6,0. C'est le résultat que nous
1 RO ON LES NTI AE NT Fig. 14. — Action du filtrat d’histolytique sur la peptone.
avait déjà donné la recherche de l’optimum de concentration pour la gélatinase des filtrats.
Deux enzymes sont aptes à scinder les peptones en acides aminés : la frypsine et l'érepsine. Leur distinction est malaisée. Ces diastases s’attaquent toutes deux à des substances très voisines, et donnent des produits dérivés semblables. Les milieux dans lesquels elles agissent ont des concentrations optima en
ions H analogues, pH —7,8.
ATOS
Le seul moyen de les différencier est d'essayer Leur activité sur un dipeptide simple, comme la glycylglycine, sur lequel la trypsine n'agit pas mais qui est dédoublé par l’érepsine.
Nous n'avons pas fait cette étude, délicate par la difficulté de se procurer cette substance à l’état de pureté, difficile du fait que l'on doit d'abord rechercher le mode de dédoublement du dipeptide et les variations de concentration ionique pendant cette réaction.
La précipitation par la safranine à8 0/00, réaction qui, d'après RogerTson, est caractéristique des trypsines, s’est montrée positive pour les filtrats des deux microbes.
D'un autre côté, ces ferments microbiens libèrent, dans leur attaque de la matière protéique, une grande quantité d'acides aminés. Cette augmentation rapide de l'azote titrable au formol est caractéristique de l’érepsine quimeten liberté les chaines peptides simples, au contraire de la trypsine qui ne donne qu'à la longue des noyaux aminés simples.
Nous ne distinguerons pas entre les actions de la trypsine et de lérepsine qui peuvent exister dans les ferments du Sporogène et de l'Histolytique. Nous dirons que ces ferments contiennent des enzymes appartenant au type trypsine-érepsine. Ils sont analogues aux ferments animaux, trypsine du pancréas, érepsine intestinale, à cela près que les concentrations optima des milieux dans lesquels ils agissent sont différentes : pH — 6,0 pour les filtrats des deux microbes, pH — 8, 0 pour les ferments animaux.
Enfin, il doitexister dans les filtrats un quatrième enzyme qui disloque le noyau peptide, puisqu'il apparaît pendant la protéolyse une certaine quantité d’ammoniaque libre. On donne le nom d'amidase aux enzymes qui produisent de l’ammoniaque aux dépens des acides aminés. Dans les cultures des deux microbes Sporogène et Histolytique leur existence est facilenent décelée.
Expérience. — Nous avons ensemencé des tubes contenant 40 ce. de peptone à 4,4 0/0, récemment bouillie et additionnée de traces de sul-