‹ Sur les ferments protéolytiques des anaérobies pathogènesChapitre 39 sur 42 · I. — ACTION DES SÉRUMS SPÉCIFIQUES · texte numérisé non relu

I. — ACTION DES SÉRUMS SPÉCIFIQUES

On peut schématiquement se représenter une diastase comme un complexe composé d’un noyau albuminoïde inactif sur lequel sont greffées des particules non protéiques, probablement des ions, qui constituent seuls la partie active du ferment. Cette partie active est commune à toutes les diastases d'un même groupe. Le noyau protéique est, au contraire, spécifique et appartient en propre à la cellule qui sécrète l'enzyme. Il est également antigène, c’est-à-dire que son introduction dans un organisme quelconque provoque une réaction de cet organisme, dirigée spécialement contre l’élément envahisseur. Cette réaction se traduit par la production de substances :spécifiques appelées anticorps.

On possède ainsi le moyen de différencier deux diastases appartenant à la même classe, mais sécrétées par des organismes différents. Si ces organismes sont parents, les parties antigènes spécifiques des diastases seront semblables, et leurs anticorps également. On constatera le contraire pour des diastases issues de deux organismes n'ayant aucune parenté. Avec les antiferments on peut ainsi reconnaître les enzymes spécifiques.

Nous avons utilisé les sérums antitoxiques obtenus par M. Wenger en injectant des chevaux avec des cultures filtrées de Sporogène ou d’Histolytique. Avec ces sérums, préparés dans un but thérapeutique, nous avons répété les mêmes expériences que nous avions réalisées avec le sérum normal de cheval. Nous avons déjà décrit les détails de ces expériences dans les pages qui précèdent.

1. AcrioN SUR LES GÉLATINASES. — Nous avons employé 0 cc. 2 de filtrat d'Histolytique et 1 cc. de filtrat de Sporogène, doses qui liquétiaient le test de gélatine en 30 minutes à 37 degrés.

Nous avons recherché pour chacun des filtrats les doses

empêchantes du sérum spécifique correspondant et du sérum spécifique étranger (action croisée).

Le sérum anti-Histolytique ralentit l’action de la gélatine de l’Histolytique à la dose de 0 cc. 0005, il l'empêche totalement à la dose de 0 cc. 002. Sur la gélatinase du Sporogène, il agit comme le fait un sérum normal : le ferment est empêché par 0 ce. 02 de sérum, et arrêté complètement par 0 ec. 05.

Le sérun anti-Sporogène ralentit l'action de la gélatinase du Sporogène à la dose de 0 ce. 009, il arrête cette action à la dose de 0 cc. 005.

Sur la gélatinase de l'Histolytique il se conduit comme un sérum normal, aucune dose (même 2 ce.) n'est empêchante.

2. ACTION DES SÉRUMS SPÉCIFIQUES SUR LES LABS ET SUR LES CASÉASES. — Comme nous l'avons fait pour Le sérum normal, nous avons recherché le pouvoir empêchant des sérums spécifiques sur les labs et sur les caséases des filtrats. Ces expériences sont absolument semblables à cela près que nous avons substitué au sérum normal le sérum anti-Histolytique ou le sérum anti- Sporogène.

Action sur les labs. — Nous avons utilisé 0 ce. 01 de sérum anti-Histolytique ou de sérum anti-Sporogène. Les labs sont complètement empêchés par les sérums spécifiques correspondants. à

Action sur les caséases. — Les poids de caséine digérée diminuent sensiblement quand on additionne les filtrats des sérums spécifiqües correspondants. Une dose de 0 cc. 01 de sérum anti-Sporogène ou de sérum anti-Histolytique diminue de 1/3 environ l’activité de la caséase correspondante (activité mesurée par les poids de caséine digérée). Des doses plus élevées sont complètement empêchantes. Nous n'avons pas mesuré l'action croisée des sérums spécifiques sur Les caséases. ,

3. ACTION SUR LA TRYPSINE DES FILTRATS. — De même que le sérum normal, les sérums spécifiques empêchent la digestion de l’ovalbumine coagulée (perte de l’opacité, friabilité du eube).

Ils agissent seulement à dose beaucoup plus faible. Nous avons constaté que la dose de 0 cc. 01 suffisait pour entraver la digestion. Les sérums anti-protéasiques se comportent comme le sérum normal quand on les fait agir sur le filtrat du microbe étranger (action croisée).

Ces deux sérums anti-protéasiqnes sont par conséquent étroitement spécifiques. Ils nous démontrent qu’il n'existe aucune parenté de race entre les deux microbes Sporogène et Histo-

Iytique.

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